Chapitre 15

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Chapitre 15

Message  Admin le Jeu 11 Sep - 17:40

Chapitre 15 :La république, creuset d’une nouvelle culture :

1) Une démocratisation de la culture à pas comptés :

Les stratifications culturelles de la démocratie républicaine,
Parmi le projet républicain, il existe celui de doter la classe populaire d’un nouveau savoir. Le but étant leur émancipation du cléricalisme, de la tutelle des élites, et de la tentation révolutionnaire. L’école tend alors à disposer d’une place essentielle dans la construction de la nouvelle société. Éradiquer l’alphabétisme représente un changement important dans la société à la fin XIXème. Cependant perdure la présence d’une stratification forte du paysage culturel. Il existe en effet une rupture qualitative entre le savoir de l’école et celui du lycée, or l’accès au lycée reste très restreint :
A la veille de la guerre :
- les boursiers ne représentent que 2% de l’effectif lycéen.
- 1,1% d’une classe d’age accède au lycée.
- 8000 Français obtiennent le bac chaque année.
- Les garçons réussissent globalement mieux.
La République suscite tout de même un changement, au sein de la culture des élites.

La culture classique dépoussiérée,
Les lycées étaient jusque là dominés par la littérature classique. Mais dès la fin du XIXème, les langues anciennes reculent peu à peu au profit des langues vivantes, du français, des sciences, de l’histoire et de la géographie. Les filles sont de plus en plus scolarisées mais à la « Belle époque », on trouve seulement 20 médecins femmes et 1 avocates. De nouvelles facultés sont construites à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille… Ce mouvement s’accompagne d’une progression du nombre d’étudiants mais le paysage universitaire évolue peu (les élèves vont en droit et médecine).

2) Vers une culture de masse :

Un large accès au livre et à l’histoire,
Apparaît fin XIXème, une nouvelle culture de masse : Elle est entre autre due à l’abaissement du prix des livres. Elle entraîne la croissance des professions intellectuelles indépendantes (journalistes, publicistes…). De nouveaux genres littéraires s’imposent : les policiers avec par exemple Fantômas ou Arsène Lupin. Apparaissent également les revues, la presse féminine, la presse pour enfants, la presse sportive, la bande dessinée.
Enfin, en 1895 apparaît le cinématographe des Frères Lumière et le cinéma français reste alors, jusqu’à la guerre, le premier au monde.

La culture : les voies de la réussite,
La culture apporte désormais de l’argent, une nouvelle forme de reconnaissance sociale. La forme des études, qui privilégie le droit et la médecine, fait que les écrivains et les journalistes abandonnent souvent leurs études en chemin. Même s’il n’a pas le baccalauréat, Zola gagne au sommet de sa carrière 100 000 francs par an, soit 100 fois le salaire d’un instituteur débutant.

La culture de marché,
Dans le nouveau marché culturel, le roman vient en tête. On observe une diversification des genres avec le « roman psychologique » ou le « roman mondain », mais le roman naturaliste fait les gros chiffres : de 1875 à 1905, Zola vend 2 628 000 exemplaires. Le marché de la poésie reste loin derrière. Le nombre de théâtres augmente également, il en existe 29 à Paris en 1894. Mais les prix en hausse obligent les couches populaires à se tourner vers les cafés-concerts, moins onéreux. L’autre grand pôle culturel est la presse dont la « Belle époque » est considérée comme l’age d’or. Début XXème, la France compte 6000 journalistes.

3) Les intellectuels divisés sur la direction du progrès :

Le « génie » scientifique français, phare de la République,
La troisième République est fortement marquée par la maîtrise nouvelle de l’homme sur le monde.
- Auguste Compte pose les fondements du positivisme. Littré, son disciple, tente d’en faire la philosophie du progrès républicain. « La décroissance du surnaturel et la croissance du naturel »
- Berthelot découvre qu’il est possible de modeler la planète au besoin de l’homme.
- Poincaré fait progresser les mathématiques.
- Caillet et Claude liquéfient du gaz.
- Becquerel observe en 1896, la radioactivité.
- Pierre et Marie Curie découvrent le radium en 1898.
- Maurice de Broglie découvre le spectre du rayon X.
- Pasteur fait avancer les sciences médicales.
Les sciences humaines se développent également :
Durkheim jette les bases de la sociologie et l’histoire devient également « positive ». Ernest Renan publie « la vie de Jésus » en 1863, ouvrage alors considéré comme blasphématoire.

Vers une « pensée unique » de la République,
Les dérives du positivisme sont parfois inattendues : Lombroso expose une théorie du « criminel né » qui conduit à mesurer les membres des criminels afin d’en rechercher les stigmates. Cela conduit à les rejeter définitivement du corps social (par exemple envoi au bagne de Guyane dont les effectifs « diminuent » de 10% chaque année). Toutefois le scientisme connaît un recul par ses propres contradictions, par exemple sur le terrain scientifique, par la découverte de ses limites. Ou encore par des sécessions qui sont apparues dans ses rangs.

Une communauté intellectuelle éclatée,
Le positivisme connaît des sécessions célèbres : Avec Taine, le positivisme bascule dans le pessimisme qui annonçait le temps des masses porteuses d’irrationalité. La psychologie de foules de Gustave Le Bon connaît alors un grand succès.
L’affaire Dreyfus divise profondément les intellectuels dans la mesure où elle fait du combat politique un combat moral.
Enfin, Bergson, qui s’écarte du rationalisme scientifique, tourne ses recherches vers l’intuition et connaît alors un extraordinaire succès dans la société cultivée.

Les libertés républicaines étendues aux beaux-arts :

Une politique de l’art,
La politique de l’art est associée au dessein des libertés républicaines. Elle est même l’un des grands enjeux de la République qui met l’accent sur la démocratisation de l’art. En 1875 Henry Wallon et Jules Ferry mettent sur pied un Conseil supérieur des beaux-arts en associant administrateurs, élus, artistes. Le but est d’accentuer la vocation éducative de l’art et de défendre la tradition nationale du « beau » que les républicains entendent assumer, comme ils le font pour tout l’héritage de l’histoire de France. Il en va du maintient de la supériorité de la France en terme d’industrie du luxe et de Paris comme capitale de la mode et de l’art.

Libérer et protéger les artistes,
Le pouvoir républicain se donne pour but la libéralisation de la profession et du marché de l’art. L’organisation de salon est désormais confiée à une société des artistes Français. La décoration des palais et mairies, dominée jusqu’en 1880 par la style néoclassique se convertit progressivement à un art réaliste et moderne dans lequel la France industrielle joue un plus grand rôle. De plus, un libre échange des influences laisse la France grande ouverte aux inspirations russe et allemande.

L’académisme ébranlé par les nouveaux marchés de l’art.
Le cursus des artistes est dominé par l’académie des beaux-arts, qui conseille l’État et fait régner un goût officiel et de référence à l’antique, au classicisme. L’académie pèse aussi sur l’architecture et refuse de voir dans la tour Eiffel une avancée de l’art.
Les peintres s’organisent en dehors des salons officiels et mettent sur pied des expositions individuelles ou collectives. Un salon des artistes indépendants s’organise chaque année à partir de 1884 sans jury pour en contrôler l’accès.

Paris, laboratoire de l’art contemporain :

L’Impressionnisme, l’art témoin de la modernité française,
L’Impressionnisme est emblématique des années républicaines, l’école est devenu dominante dans le nouveau goût français et s’est imposé comme témoin de la société en voie de modernisation.
Quelques peintres : Monet, Sisley, Degas, Caillebotte, Cassatt…
Les « impressionnistes », après avoir fondé la Société anonyme coopérative d’artistes, peintres, sculpteurs organisent en 1874 une exposition indépendante.
Loin d’être figé, l’impressionnisme évolue, il s’ouvre aux influences étrangères, à la mode japoniste. Un courant « néo-impressionniste » se dessine au tournant des années 1890.

La « Belle époque » de l’art,
Toulouse-Lautrec est emblématique d’un nouveau rapport des artistes à la société, il ne peint plus le Paris bourgeois de l’impressionnisme. Vincent Van Gogh en 1888 quitte Paris et s’éloigne aussi de ce mouvement. Gauguin rompt également avec l’impressionnisme. Émergent alors le mouvement symboliste (Mallarmé et Moréas), et celui des arts décoratifs (Bonnard, Vuillard).

Les « avant-gardes » parisiennes acceptées,
C’est dans le sillage de Cézanne, lui aussi passé par l’impressionnisme, de Guillaume Apollinaire et du jeune Picasso qu’une avant-garde parisienne réinvente l’art. Picasso et Braque créent ensemble le cubisme. Les demoiselles d’Avignon, peint en 1907, fait brèche. Il participe également ensemble à la nouvelle révolution picturale.
La société républicaine alors secouée par l’affaire Dreyfus et triomphante des monarchistes fait preuve d’éclectisme. En effet, la République semble convaincu que les tâches d’accueil et d’ouverture seront nécessaires pour affaiblir ses ennemis et prévenir les crises.
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