La politique étrangère Américaine de 1918 à 1939

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La politique étrangère Américaine de 1918 à 1939

Message  Charly le Sam 8 Nov - 17:40

La politique étrangère des USA dans l’entre deux guerres
(colle du 7/11/08, plan corrigé)


Leur entrée en guerre tardive vaut aux USA de devenir la première puissance économique du monde notamment grâce à la perte de puissance de l’industrie européenne entièrement tournée vers la guerre tandis que l’industrie américaine continuait de croître. De plus, les USA deviennent les créanciers du monde en octroyant tout au long de la guerre des prêts au alliés puis en finançant la reconstruction des perdants.
Cette position entraîne l’apparition d’attente de la part des Européens qui voient dans les USA la puissance capable de réguler la vie politique internationale. Cependant, comment les USA réagiront-ils face à cette attente ? Comment va évoluer leur position vis à vis du reste du monde ?
Trois périodes se distinguent :la période du rêve Wilsonnien déçu, la période de protectionnisme et de prospérité, et la période d’isolationnisme relatif successif à la crise de 29.

I_ L’échec de la politique de Wilson
Les USA, malgré leur entrée en guerre le 4 Avril 17, sont les grands vainqueurs de la première guerre mondiale. Dès 14 leur crédits accordés aux alliés, les armes qu’ils leurs livrent puis en 17 leurs soldats permettent de faire la différence. Ainsi, en venant à la conférence de Versailles Wilson peut imposer ses 14 points, il se sait en position de force et en profite donc pour remodeler l’ordre international tout en contentant le Royaume-Uni et la France. Les attentes des Européens sont alors au moins aussi grandes que les prétentions de Wilson. Tous s’attendent à ce que dans le cadre de la SDN les USA deviennent les gendarmes du monde et assurent la paix. On s’attend aussi bien évidemment à ce que la puissance industrielle et financière américaine joue un rôle important dans le redressement des pays dévastés.
Comme je le disais, en arrivant à Versailles, Wilson est en position de force. Cet avantage lui vaut alors de faire accepter aux européens un règlement du conflit qui ne les arrange pas forcément : l’Italie est lésée, elle ne gagne pas autant de territoire que ce qu’on lui avait promis. Les réparations allemandes sont fixées à un niveau bien inférieur à celui qu’espéraient les français. Enfin, dans l’euphorie générale, la Société des Nations est mise en place. Cette institution est la clé de voûte du système de Wilson puisqu’elle est alors censée permette d’éviter de nouveaux conflits, de stopper la diplomatie secrète et de promouvoir un grand ordre international par la démocratie tout en assurant implicitement un leadership américain qui soit à la hauteur de leur puissance économique.
Très vite ce rêve de Wilson s’effondre de l’intérieur. En effet, aux USA l’opinion publique n’est pas encore prête à accepter que leur pays joue le rôle de gendarme du monde. Cette distorsion entre l’opinion publique et les actions du président entraîne donc, lors des élections législatives de 1919, à l’arrivée d’une majorité Républicaine au Congrès. Cette cohabitation sape alors tous les projets de Wilson puisque dès 1919 le traité de Versailles n’est pas ratifié par le congrès et malgré lui, Wilson est contraint de faire rentrer les américains en Amérique. Jamais les USA ne seront membre de la SDN, le rêve Wilsonnien chute devant la volonté du peuple.

II Un protectionnisme politique, un rayonnement économique
L’ère Wilson est définitivement révolue lorsqu’en 1920 il est largement battu par Harding qui avait fait campagne sur le thème « l’Amérique d’abord ». Lors de ces élection joue aussi sur la peur du Bolchevik. Les Républicains sont donc au pouvoir pour 3 présidents, jusqu’en 1932 :Harding, Coolidge et Hoover. Sous ces présidents les USA pratiquent une politique protectionniste économiquement, les tarifs douaniers dissuade les importations, on fait tout pour privilégier les entreprises américaines. En outre, les Républicains interdisent de convertir des devises en dollar, seul l’or peut être échanger contre le dollar. Néanmoins cette période est une vaste période de prospérité financière et économique pour les Etats-Unis qui, s’ils empêchent les autres pays d’exporter vers eux, obtiennent de nombreux marché et exportent beaucoup, surtout vers les pays vaincus, l’Allemagne et l’Autriche où les banques américaines notamment sont très implantées. Sur le plan financier, les banques Américaines investissent en masse sur les places boursières européennes et vont même jusqu’à octroyer des crédits à des entreprises ou aux Etats d’Europe. Les USA restent très impliqués dans la vie économique de l’Europe notamment pour ce qui est du redressement de l’Allemagne où les intérêts américains sont importants. On note, entre autre les plans Dawes et Young qui visent à diminuer la dette allemande et qui sont acceptés !
Pour ce qui est de la diplomatie politique, des relations entre Etats, les Etats-Unis semblent appliquent à la lettre le slogan « l’Amérique d’abord » puisque, en refusant l’entrée dans la SDN, les USA refusent de jouer le rôle de gendarme qui les attendait. Cela semble cependant n’être qu’une façade puisque les gouvernements successifs républicains gardent un œil attentif sur tout ce qui se passe dans le monde, surtout en Amérique latine où les USA trouvent l’essentiel de leurs matières premières qu’ils importent, ils font donc de ce continent leur « chasse gardée », personne à par les USA n’y intervient. Ensuite, les gouvernement est attentif sur ce qui se passe au Moyen-Orient d’où il importe le pétrole dont la demande croît aux USA. Les deux faits marquants, à l’international, de ces présidence Républicaine restent le refus de reconnaître l’URSS ainsi que l’accord « Briand-Kellogg » qui déclare la guerre « hors la loi » comme moyen d’action.(27 Août 1928). Le président Hoover va même jusqu’à préconiser la diminution progressive de tous les stocks d’armes dans une conférence à Genève en 1932 !
Le point important, cependant, d’interventionnisme US dans l’entre deux guerre est la question de l’impérialisme Nippon dans le Pacifique. Dès 1921-1922, la conférence de Washington vise à limiter l’expansion territoriale du Japon sur la Chine. Tout au long de cette période d’entre deux guerres, les USA resteront actifs dans cette région afin de limiter l’installation nippone, lors des grandes phases de « grignotage de la Chine » les USA prendront même des sanctions vis à vis du Japon, notamment la diminution progressive des livraison de pétrole, l’un des principaux casus belli du Japon à Pearl harbor.

Ainsi, cette période que l’on assimile souvent à un isolationnisme est en fait une période, certes de protectionnisme et de retrait de la scène internationale, sans pour autant tourner sur des pratiques autarciques puisque notamment les USA gardent des zones d’influence et interviennent dans l’économie.

III_ L’isolationnisme de Roosevelt
En 1929, lorsque la crise éclate, les Républicains, attaché à leur hégémonie économique, sont obligé de constater que le pays devient, de lui-même, isolationniste. En effet, nous avons vu que les investissements US étaient leur principal force d’intervention. Or, avec la crise, très vite les investisseurs vont retirer leurs capitaux de leurs différents placements à travers le monde. Lorsqu’en 1932 F.D. Roosevelt arrive à la maison blanche, il hérite d’un pays déjà fortement auto-centré.
Economiquement, la présidence de Roosevelt est largement isolationniste. Il faut dire que le contexte s’y prête :après l’échec de la conférence de Londres, les pays se tournent tous vers l’isolationnisme, le libre-échange avec l’empire –pour les colonisateurs—ou l’autarcie pour les Etats à tendance totalitaire. Ainsi, lorsqu’il lance son New Deal, Roosevelt reste dans l’optique de « l’Amérique d’abord », les échanges sont réduits au strict nécessaire, les USA n’importent pas plus que ce dont ils ont réellement besoin et les investissement sont très largement détournés vers les investissement intérieurs pour financer les grands travaux du new deal.
Diplomatiquement, s’il reconnaît l’URSS, ce qui est déjà beau, Roosevelt enfonce encore plus le pays dans l’isolationnisme. Le problème est que le président est plutôt favorable à un retour des USA sur le devant de la scène à partir du moment où la crise semble être derrière. C’est ainsi qu’à partir de 1937 et le discours de Chicago il essaiera de convaincre son Congrès de la nécessité d’intervenir sur la scène internationale face aux dangers que représentent l’extension nippone en Chine et les fascisme en Europe. En dépit de ses tentatives, Roosevelt va signer, entre 1935 et 1937 3 lois de neutralité :il s’engage à ne pas intervenir dans un conflit et à ne vendre aucune arme aux belligérants. Cependant, s’il s’engage à ne pas intervenir militairement, il utilisera l’arme économique pour aider ses alliés ou pour gêner ses ennemis, comme notamment lorsqu’il diminue les livraisons de pétrole au Japon.


En conclusion, la période d’entre deux guerres aux USA est essentiellement marquée par le repli, la protection voire l’isolation lors des pires moments de la crise. Cependant cette isolation reste relative notamment du fait de la forte implication des USA et des entreprises US dans la vie économique mondiale de l’entre deux guerres. Fort heureusement, la personnalité de Roosevelt fait que dès le début du conflit il passera outre les lois de neutralité pour fournir des armes et des fonds aux alliés. Les USA oublieront d’ailleurs leur isolation lors de la 2è guerre mondiale même si, on le sait, ils ne prirent pas l’initiative de la déclaration de guerre, attendant l’attaque du 7 Décembre sur Pearl Harbor et la déclaration de guerre de l’Allemagne.

Charly
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