Martin Luther King : Je fais un rêve

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Martin Luther King : Je fais un rêve

Message  Admin le Sam 22 Nov - 17:24

Martin Luther King
Je fais un rêve


Je fais un rêve de Martin Luther King a été publié à San Francisco par Coretta Scott King en 1986, puis à Paris par Bayard Editions en 1987.

Cet ouvrage constitue à la fois un recueil de discours prononcés par Martin Luther King mais aussi un essai théorique, philosophique, une étude historique et une enquête sociologique.
En effet dans ses discours le célèbre pasteur dénonce son point de vue concernant la politique des Etats-Unis, il utilise également des exemples et des auteurs philosophiques dans ses démonstrations. De plus, suivre le parcours de Martin Luther King c’est aussi suivre le parcours des Noirs américains du XXème siècle, dans les dates importantes qui ont permis leur évolution, donc c’est étudier les Etats-Unis d’un point de vue historique mais aussi sociologique.

Je fais un rêve est donc un recueil regroupant les discours les plus importants de Martin Luther King tout au long de sa vie. Cet homme est connu pour avoir aidé Rosa Parks à lutter contre la ségrégation raciale. Il est engagé dans un combat important, jusqu’à sa mort, pour que les Etats-Unis admettent enfin que le peuple Noir n’est pas inférieur au peuple Blanc. Il revendique alors, les droits civiques pour les Noirs et l’égalité de tous. Il est important de remarquer que toutes ses investigations sont basées sur le concept de non-violence. Martin Luther King appelle à la paix et par ses discours, à la réconciliation entre le peuple Blanc et le peuple Noir.
Comment et pourquoi le pasteur Martin Luther King prend-il la défense des Noirs américains ?
Martin Luther King prend la défense des Noirs américains car pour lui certaines lois sont injustes. Il souffre avec son peuple des inégalités raciales et aspire au rêve américain. Il imagine un monde dans lequel les Noirs et les Blancs seront unis par la fraternité. Le pasteur entreprend donc une véritable lutte contre l’injustice entraînant la révolte pacifiste du peuple Noir.

L’œuvre de Martin Luther King : Je fais un rêve se compose des dix discours et articles les plus importants et les plus connus :

Tout d’abord, paraît l’article « non-violence et justice raciale ». Cet article paraît dans le journal protestant « Christian Century » le 6 Fevrier 1957. Martin Luther king vient de remporter la victoire contre la ségrégation des bus à Montgomery en Alabama.
Le pasteur écrit que les relations raciales dominent la vie américaine. Il rappelle plusieurs dates importantes comme l’arrivée des Noirs sur le continent américain en 1619, suivie de la période d’esclavage. Puis vint l’arrêt Dred Scottt en 1857 qui dénonce que les Noirs ne sont pas des citoyens comme les autres mais qu’ils sont un objet de propriété. Puis encore en 1896, l’arrêt de Plessy C. Ferguson avec sa nouvelle forme d’esclavage « Séparés mais Egaux » qui vise plus à garantir la séparation que l’égalité. Dans cet article Martin Luther King parle de paix négative, cette paix n’est pas basée sur la justice, la bonne volonté et la fraternité comme le suppose une véritable paix, c’est donc le soulèvement du peuple Noir qui est determiné à conquérir la liberté et la dignité humaine.

Le deuxième document du recueil est une « lettre de la geôle de Birmingham » cette lettre est écrite en prison le 16 avril 1963, elle répond à la lettre ouverte de huit ministres chrétiens et juifs d’Alabama, tous Blancs, qui mettaient en cause sa stratégie de non-violence.
Martin Luther King défend sa position en dénonçant l’inhumanité des policiers présents lors de la manifestation ainsi que les attentats impunis contre les foyers et les églises des Noirs. Il parle également des promesses qui avaient été faites par les commerçants qui n’ont pas été respectées. L’impatience se fait donc sentir au sein de la population Noire qui a déjà trop enduré pour eux « Attendez ! » signifie « Jamais ! ». Martin explique qu’il est temps de passer à l’action directe même si c’est contraire aux lois, ils suivent le raisonnement de Saint Augustin : « une loi injuste n’est pas une loi ». Le pasteur exprime sa déception concernant les Blancs, il attendait plus de compréhension de leur part et découvre que nombre d ‘entre eux ne sont pas en mesure d’assimiler les souffrances et les revendications du peuple Noir.

Le troisième document de l’ouvrage est le célèbre discours « I have a dream » traduit en français par « Je fais un rêve ». Ce discours est prononcé le 28 aout 1963 lors de la Marche sur Washington devant 250 000 personnes.
C’ est la plus grande manifestation que le pays ait connue pour la liberté. Le pasteur fait référence à l’acte d’Emancipation qui a eu lieu cent ans auparavant. Cent ans se sont écoulés et les Noirs subissent toujours la discrimination. Martin Luther King prône alors la révolte pour obtenir la justice. Il rêve de l’union entre les Noirs et les Blancs et qu’un beau jour, ces deux races pourront s’asseoir tous ensemble.

La quatrième partie de l’œuvre est un discours : « Discours d’acceptation du prix Nobel de la paix. » Ce discours est prononcé à Oslo le 10 décembre 1964.
S’adressant au public, Martin Luther King fier de ce prix n’oublie pas les 22 millions de Noirs aux Etats-Unis qui sont engagés contre l’injustice raciale. Il rappelle une fois de plus les lances à incendies et les chiens féroces de Birmingham. Il rappelle également tous ceux qui ont été assassinés pour avoir revendiqué le droit de vote à Philadelphia ( Mississippi). Il souligne de plus la pauvreté du peuple Noir et pense que ce prix Nobel exprime la compréhension des jurés envers les souffrances et les revendications du peuple Noir. Ce prix honore tous ceux, Blancs et Noirs, qui se battent pour la déségrégation.

La cinquième partie de l’œuvre est une « interview parue dans Playboy », elle a été publiée en janvier 1965 et considérée comme l’une des meilleures que nous ayons de King. Elle révèle les motivations profondes de sa lutte pour la justice raciale.
Dans cette interview Martin Luther King répond avec sincérité aux questions et dévoile de nombreux aspects de sa vie privée dont le plus marquant est celui de sa petite fille qui avait à l’époque six ans et qui était tout juste en train de comprendre qu’elle n’avait pas les mêmes droits que les autres et qu’elle ne pouvait pas aller au parc d’attraction. Cet exemple est d’autant plus touchant, il montre l’extrême cruauté des Blancs qui reservent le même sort aux enfants Noirs. Martin Luther King se bat et garde toujours espoir parce que l’Amérique a besoin de se remettre en question et que l’injustice a dépassé les limites depuis bien longtemps.

Le sixième document constituant l’œuvre est le discours « Notre Dieu va de l’avant », il est prononcé le 25 mars 1965 à la fin de la marche de Selma à Montgomery.
Il énonce la douleur physique vécue pendant la marche, son discours vise à remotiver le peuple. Il fait donc référence au Président Johnson qui avait félicité le peuple Noir pour avoir réveillé la conscience de la nation. Le pasteur, lui, félicite les Blancs courageux qui ont uni leurs mains aux Noirs, et il déclare que rien ne leur fera rebrousser chemin, pas même un attentat, ni même un incendie. Cette marche est la marche triomphale vers la réalisation du rêve américain (que les Noirs et les Blancs vivent côte à côte).

Le document qui suit s’intitule « Un temps pour rompre le silence », il date du 4 avril 1967, dans ce discours Martin Luther King prend position contre la guerre du Vietnam, à l’église Riverside de New-York.
Le pasteur se met en accord avec la déclaration « il vient un temps où le silence est trahison. ». La guerre du Vietnam fait partie de ses préoccupations car il est bien connu qu’il prône la non-violence, mais au-delà de ça, Martin Luther King dévoile ici la face cachée de l’Amérique. En effet les Etats-Unis se veulent libéraux et démocrates, or la guerre du Vietnam est le parfait exemple de ce que les Etats-Unis sont réellement. Les Etats-Unis par cette guerre sont devenus l’image du militarisme et de la violence, ils se mettent leurs amis à dos. L’heure est grave pour le pays, ils doivent faire preuve de maturité et cesser les combats afin d’éviter la catastrophe. « Demain a commencé dès aujourd’hui », cette phrase montre la confrontation à la sauvage urgence du présent et signifie qu’il est peut être déjà trop tard pour les Etats-Unis de réagir.

La huitième partie de l’œuvre est le discours « Et maintenant où allons nous ? » prononcé le 16 Août 1967, c’est le dernier en tant que Président de la Conférence des dirigeants Chrétiens du Sud. Il appelle à une restructuration de toute la société américaine. Martin Luther King rappelle toutes les inégalités séparant les Noirs des Blancs au niveau du logement, du travail, de l’éducation et des conditions de vie. Il appelle le peuple Noir à ne pas avoir honte de lui-même mais à avoir honte de ceux qui font d’eux des esclaves « je suis noir et je suis beau » proclame Martin Luther King.

Le neuvième document est un sermon intitulé « l’instinct d’un tambour-major » il est fait dans son Eglise d’Ebenezer à Atlanta le 4 février 1968.
Dans ce sermon le pasteur énonce le fait que nous avons tous depuis l’enfance le désir d’être le premier et que nous avons tous l’instinct de tambour-major. Adler disait que la pulsion dominante de l’homme est le désir d’être connu, que c’est un besoin essentiel de la vie humaine. Cet instinct peut devenir destructeur car ceux qui ne satisfont pas cet instinct rabaissent les autres pour se rehausser et peuvent devenir malintentionnés pour se faire remarquer.

Le dernier document constituant cette œuvre est un sermon nommé « Je vois la Terre promise », c’est le dernier sermon de Martin Luther King, la veille de son assassinat le 3 avril 1968.
Dans ce sermon le pasteur dit que si dieu lui avait demandé à qu’elle époque il voulait vivre, il serait passé par plusieurs d’entre elles mais il ne se serait arréteé à aucune; sa réponse aurait été la deuxième moitié du XXéme siècle. Il dit plusieurs fois, « quelque chose se passe en ce moment », selon lui, la masse populaire se soulève et partout le cri est le même : « nous voulons être libres ». Par la suite il donne des recommendations et des marches à suivre, comme de ne plus acheter certains produits car les entreprises ne sont pas en faveur du peuple Noir, de retirer l’argent de la banque pour le mettre à la Tri-State Bank. Il veut créer une économie pour le peuple Noir et faire de l’Amérique une nation meilleure. Le pasteur parle ensuite de la dernière fois qu’il a failli être assassiné et il achève son discours.


Cette œuvre sur Martin Luther King, nous permet de suivre étape par étape quelles ont été les difficultés du peuple Noir jusqu’au XXéme siècle et le rôle majeur qu’a tenu King dans la libération de ce peuple. On découvre alors, à travers Martin Luther King la face cachée des Etats-Unis qui finalement ne sont pas tant un modèle que ça. Après la lecture de cette œuvre, donc aprés avoir découvert la manipulation exercée par les Etats-Unis, leur suprématie se trouve à mes yeux bien réduite et le rêve américain me semble être qu’un discours de bonne conduite.
J’ai choisie cet œuvre parce que je voulais en savoir d’avantage sur Martin Luther King et quels avaient été précisément ses actes au cours du XXéme siècle. De plus les campagnes éléctorales actuelles aux Etats-Unis avec en liste Barack Obama relancent le sujet et nous rappellent d’autant plus le combat mené par Martin Luther King au péril de sa vie.
Nous pouvons tout de même dire que en ce moment même le rêve de Martin Luther King se réalise à travers la candidature de Barack Obama.
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