Cours sur les relations internationales (1919-1933)

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Cours sur les relations internationales (1919-1933)

Message  Admin le Mer 26 Nov - 17:40

Les relations internationales (1919-1933) :


I) L’échec du système de Versailles :


1) Le temps de la force :

A) L’Europe occidentale : entre vide juridique et concentration militaire,
Suite au traité de Paris, toutes les frontières ne sont pas délimitées, surtout en Europe orientale. Le vide juridique ne dure pas longtemps : la Pologne agrandit ses frontières :
- Le Général Pilsudski déclenche des offensives contre la Russie bolchevik et la Lituanie.
- Avec l’aide du nationalisme ukrainien et lituanien, les bolcheviks repoussent la Pologne et menace même Varsovie.
- Finalement Pilsudski, avec l’aide du Général Weygand parvient à sauver Varsovie et reconquiert les territoires perdus.
- La Pologne impose un traité de paix à la Russie en 1921 : Moscou doit reconnaitre l’indépendance des 3 Etats baltes.

B) L’affaire de Fiume et la politique italienne,
Les traités n’ont pas réglé les frontières entre l’Italie et la future Yougoslavie : le conflit est cristallisé sur la ville de Fiume. Le traité de Rapallo entre les deux pays est signé le 12/12/1920 : Fiume doit devenir indépendante mais les nationalistes Italiens refusent la décision. Suite à l’expédition de D’Annunzio, Mussolini envoi une administration prendre les commande de la ville, la Yougoslavie doit se résigner. Au Traité de Rome, elle reconnait la souveraineté italienne de 1924 et s’engage à ne pas intervenir en Albanie.

C) De Sèvre à Lausanne : la contestation turque,
Voir le cours sur Mostafa Kemal et les traités d’après guerre.

2) Problème allemand et rivalités alliées : l’échec des solutions négociées (1919-1923) :
La question des réparations est problématique. En 1924, le montant est fixé, cette question divise rapidement les alliés. La Grande-Bretagne craint un renouveau de la puissance française. Dans les années 20, les Etats-Unis se replient.

A) Le système européen français et ses contradictions,
Le Bloc national est partisan d’une application stricte du traité de Versailles :
- Obtenir la sécurité de la France avec le désarmement allemand.
- La France obtient le major parti du montant des réparations (220 milliards de Marks or) fixées à la conférence de Londres en 1921.
L’Allemagne n’a pas payé l’acompte de 20 milliards. En accord avec la Grande-Bretagne, trois villes allemandes sont alors occupées (par Brilland) dans la Ruhr. Mais rapidement le pays voit que le montant est trop élevé, il est donc ramené à 132 milliards.
Faut-il une Allemagne forte pour payer les réparations ou faible mais incapable de payer ?

B) Le plan européen de L Georges et son échec,
En décembre 21, l’Allemagne demande un moratoire. La France accepte mal cette requête. Lloyd Georges veut rassurer la France et propose un traité de garantie des frontières. En janvier 1922 a donc lieu la conférence de Canne : Millerand est président, Brilland est président du conseil. Millerand impose le refus du traité à Brilland qui démissionne. Il est remplacé par Poincaré qui applique une politique ferme qui conduit à l’échec de Lloyd George.
En Avril Mai 1922, l’Angleterre veut réintégrer l’Allemagne et l’URSS dans les relations internationales par la conférence de Gène. Mais les deux puissances signent le traité de Rapallo le 16/04/1922. Ce traité met en place la reconnaissance diplomatique et des accords commerciaux ainsi qu’une clause secrète permettant aux Allemands de se réarmer sur le sol Russe.
L’Allemagne est de nouveau dans le concert des nations.
L’URSS met fin à la non reconnaissance de toutes les grandes puissances.
La conférence de Gène va finalement juste permettre la mise en place du Gold Exchange Standard à parité fixe.
Lloyd Georges a donc échoué, la Grande-Bretagne est affaiblie, la France est lâchée par ces alliés.

C) L’occupation de la Ruhr,
Poincaré est convaincu de la mauvaise foi allemande et fait occuper la Ruhr, poumon industriel de l’Allemagne. Le 11/01/1923 les troupes françaises et belges entrent en Allemagne. Elles se heurtent à la résistance des ouvriers brisée par Poincaré (il fait envoyer des ouvriers français). Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne n’approuvent pas, l’Italie si.
Dès l’été 23, Stresemann met en place un gouvernement de conciliation avec la France. Les pays anglo-saxons font pression sur la France afin qu’elle retire ses troupes. L’image de la France est entamée par la politique d’occupation. Ce qu’elle fini par accepter. Le plan Dawes lui est proposé en avril 1924.

D) La « défaite de la France »,
Le plan Dawes est quinquennal de 2 milliards de Marks or par ans. Les Etats-Unis prêtent à l’Allemagne. Poincaré hésite à accepter car les Etats-Unis ne souhaitent pas annuler leurs créances.
Les Etats-Unis débutent alors la diplomatie du dollar.


Dernière édition par Admin le Jeu 27 Nov - 20:23, édité 2 fois
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2ème partie

Message  Admin le Mer 26 Nov - 18:00

II) 1924 : Une année charnière :


1) La conférence de Londres :


Elle entérine le plan Dawes (prix Nobel de la paix) au mois de juillet. La France doit évacuer la Ruhr en 1 an mais la question des dettes n’est pas abordée.
Herriot souhaite relancer la sécurité en Europe par l’intermédiaire de la SDN.

2) L’année de la SDN :

La France veut assurer la sécurité de ses frontières ainsi qu’une définition de l’agression. A partir de cette définition, il est possible d’élaborer un traité universel d’assistance. La Grande-Bretagne refuse, ce premier projet est un échec.
Le protocole de Genève prévoit un règlement pacifique des conflits.
- La SDN doit structurer et arbitrer les conflits.
- Dans le cas ou un pays agresseur refuse l’arbitrage de la SDN, les pays doivent aider l’agressé.
- Un plan de désarmement est mis en place.
L’agression est défini, les sanctions militaire deviennent obligatoires, la décision d’intervenir est prise par la majorité relative. Dans le monde, ce projet est vu comme une avancée vers la paix, il est adopté en octobre 1924.
Mais, suite au changement de majorité en Angleterre, celle-ci refuse la ratification. Les Etats-Unis font également savoir leur désapprobation. C’est donc encore un échec pour la sécurité de la France.

3) L’URSS et les Etats-Unis dans l’arène internationale :

En février 1924, l’URSS est reconnu par les Britanniques et les Italiens. En octobre 1924, c’est au tour de la France mais la question des emprunts russes est toujours problématique. En Japon, reconnait à son tour l’URSS.
La nouvelle diplomatie du dollar, rend les Etats-Unis arbitre et satisfait l’isolationnisme de l’opinion.


Dernière édition par Admin le Jeu 27 Nov - 20:22, édité 2 fois
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3ème partie

Message  Admin le Jeu 27 Nov - 20:20

III) L’apogée de la sécurité collective :


1) L’amélioration des relations franco-allemande :

Aristide Brilland et Stresemann sont deux artisans de la paix.

A) Traité de Locarno de 1925,
Stresemann propose ce traité afin de reconnaitre les frontières occidentales de l’Allemagne. Participent la France, la Belgique, l’Allemagne, la Pologne et la Tchécoslovaquie. Ce traité est constitué de plusieurs pactes, on retrouve :
- Le pacte rhénan qui fixe l’inviolabilité des frontières franco-allemandes et franco-belges. L’Allemagne renonce à la guerre. L’Angleterre et l’Italie servent de garanti de ce traité. Sur la question des frontières orientales, l’Allemagne s’engage à ne pas intervenir par la force.
- Un traité d’alliance France-Pologne.
- Un traité d’alliance France-Tchécoslovaquie.

B) L’admission de l’Allemagne à la SDN,
En 1926, l’Allemagne intègre la SDN avec un siège permanant :
La France et l’Italie sont satisfaites, à l’est les pays doutent encore et la Grande-Bretagne tient à contenter la France par un traité multilatéral. L’URSS n’est pas invitée. En 1926, Stresemann veut rassurer l’URSS et signe un traité de neutralité. Le Brésil quitte la SDN en signe de protestation.
Cette admission marque la réconciliation des liens franco-allemands. En décembre 1926, la SDN rappelle la commission militaire en Allemagne qui était chargée de vérifier l’application du traité de Versailles.

C) Le pacte Brilland-Kellogg (1928),
Le climat général est à la sécurité collective. On espère une adhésion des Etats-Unis à la SDN, Brilland voudrait les associer. Il fait signer un pacte de renonciation à la guerre. Le secrétaire d’Etat américain, Kellogg propose d’aller plus loin et d’élargir à toute la communauté internationale. C’est alors le sommet de la vague pacifiste, 57 Etat adhèrent dont le Japon, l’Allemagne, les Etats-Unis et l’URSS.

D) L’évacuation de la Rhénanie et le plan Young,
Par les accords Mellon-Béranger (en avril 1926), la France s’engage à rembourser les Etats-Unis en 62 anuités. Mais le parlement n’a pas ratifié ce traité. D’autre part, Stresemann propose de mettre fin à l’occupation de la Rhénanie contre un plan définitif du règlement des réparations.
A la conférence de la Haie, en aout 1929 le plan Young succède au plan Dawes. Le montant est alors de 110 milliards de Marks or payable jusqu’en 1988. Aucun lien n’est cependant fait entre la question des réparations et celle des dettes. Ce plan est accepté, de plus Poincaré parvient à faire ratifier l’accord Mellon-Béranger. L’armée française quitte alors la Rhénanie en 1930 (alors qu’elle devait l’être en 1935).

2) Un ordre international fragile :

A) La SDN à son zénith,
Dans les années 1926, 27 et 28, après l’admission de l’Allemagne, on a vraiment l’impression que la paix est en marche. La SDN a permis de régler le conflit Grèce-Bulgarie. Elle lance aussi un chantier de désarmement. Enfin, en mai 1927, lors d’une conférence internationale, elle recommande la baisse des droits de douane pour tous les pays.

B) Les limites du rapprochement franco-allemand,
Politiquement, la France ne peut pas aller plus loin que le plan Young. De plus, Stresemann meurt le 3 octobre 1929. Les nationalistes allemands accusent le gouvernement d’asservir le peuple. Hitler provoque un référendum sur la question du plan Young en avril 1919. Seul 14% du peuple va alors suivre Hitler et s’opposer au plan. Mais le parti nazi relève la tête dès lors que la crise commence.

C) La persistance du révisionnisme,
En Italie, Mussolini tente de rassembler les pays mécontents : la Hongrie, la Roumanie. Ce rapprochement fragilise les alliances françaises. En 1926, un pacte est signé entre l’Albanie et l’Italie. La Yougoslavie réagit et rompt les relations avec l’Italie, elle se rapproche alors de la France.

D) Des relations inégales avec l’URSS,
En 1924, les relations de l’URSS sont corrects voire bonnes avec plusieurs puissances dont l’Allemagne. Par le traité de traités similaires avec les pays baltes. Toutefois, ces relations restent tendues avec les pays occidentaux (peut du rouge). Par exemple, l’Angleterre dénonce l’URSS de soutenir les grandes grèves de 1926.

Conclusion partielle :
L’ordre est donc fragile, il avait semblé se stabiliser à la fin des années 20. Il est fondé sur les capitaux américains. La SDN, dominée par les européens qui ont bénéficié des traités de paix ne parvient pas à s’imposer.


Dernière édition par Admin le Ven 28 Nov - 0:28, édité 1 fois
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Dernière partie, et chronologie

Message  Admin le Ven 28 Nov - 0:27

IV) 1929-1933 : les premiers échecs de la sécurité collective :


1) L’échec du projet Brilland d’union européenne :
La crise de 1929 va faire disparaitre le climat pacifiste. Les Etats reprennent leurs reflexes protectionnistes. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne vont se replier La mécontentement se fait entendre entrainant un durcissement des régimes (Allemagne, Japon)
La 1ère désillusion vient de l’échec du projet Brilland : En effet, le 5 septembre 1929, il fait un discours sur la paix à la suite duquel une équipe a rédigé une proposition de fédération de l’Europe. Le projet doit faire face au décès de Stresemann, à la crise, il ne verra pas le jour.

2) La tentative d’Anschluss économique et la fin des réparations (mars 1931) :
Curtius est le successeur de Stresemann, Schobert est le ministre des affaires autrichien. Ils mettent en place un projet d’union douanière. Tous les pays émettent alors la crainte d’une nouvelle réunification des deux pays. La justice de la Haie déclare ce projet comme allant contre les traités de paix. La tentative d’Anschluss échoue donc, les tensions réapparaissent.
Hoover propose un moratoire pour les dettes envers les Etats-Unis. Toutefois, la crise prend une ampleur telle que certains experts proposent l’annulation des dettes tant européennes qu’allemandes (envers la France). En 1932, à la conférence ce Lausanne, le montant des réparations est fixé à 3 milliards. La France doit accepter (en tout l’Allemagne a payé 22,8 milliards de Marks or). Les Etats-Unis continuent de réclamer leurs créances mais, en 34, tous les alliés ont arrêté de payer.

3) L’affaire de la Mandchourie (1931) :

Quelques rappels : En 1904-1905 la Guerre Russie-Japon qui l’emporte. Le nord de la Chine est alors partagé (nord pour la Russie et sud au Japon), cette région s’appelle la Manchourie. Dès cette période, il y a une présence japonaise en Chine. Suite à la conférence de la paix, le Japon est déçu. Après 1922, la démocratie japonaise est fragile. La Chine est divisée entre les partisans de Mao et ceux de Chang Kai Cheik.

Déroulement du conflit : Plusieurs éléments vont motiver la volonté expansionniste des Japonais : L’économie (manque de matières premières), la démographie mais surtout les agitations nationalistes. Le Japon craint le nationalisme chinois suite à la mise en place d’un Kouomintang dans la région du Manchourie. Le sabotage d’un réseau de voie ferré va servir de prétexte pour l’intervention de l’armée japonaise. Le gouvernement de l’archipel désapprouve en apparence l’intervention des militaires. Dans un 1er temps, le gouvernement accepte de retirer les troupes à condition d’une reconnaissance des privilèges des Japonais en Chine. Mais il va ensuite se radicaliser. Il tente alors de rallier des chinois. Les Japonais restaurent la dynastie Qing en Manchourie à Moukden. L’empereur Pou-Yi est donc mis sur le trône, les Japonais s’engagent à assurer sa sécurité. A la SDN, le rapport Lytton est remis au conseil. La SDN condamne le Japon et ne reconnait pas le Mandchoukouo mais elle ne veut pas la guerre et n’utilise pas le terme d’agresseur. L’URSS accepte un consul de l’Etat.

Conséquence : Le Japon a mis les puissances occidentales devant le fait accompli, elles n’ont pas réagi, le Japon va alors s’étendre plus loin que la Mandchourie (au Jehol). Le Japon quitte la SDN en mars 1933. Cette crise illustre la faiblesse des démocraties libérale et porte un coup mortel à la SDN, le pacte Brilland-Kellogg étant mis de coté.

Conclusion globale :
Cette période des années 20 est dominée par la situation en Allemagne et la sécurité collective. Dans les années 30, il a fallu gérer la crise économique et la radicalisation politique qu’elle a entrainée. C’est une désillusion.

Chronologie :

Décembre 1921 : Traité de Rapallo sur l’indépendance de Fiume.
1921 : Traité de paix entre la Russie et la Pologne.
1921 : Traité de Londres : Le montant des réparations est fixé à 220 milliard de Mark or.
Janvier 1922 : Conférence de Cannes.
Avril-Mai 1922 : Conférence de Gènes.
Avril 1922 : Traité de Rapallo entre Allemagne et Russie.
Janvier 1923 : Début de l’occupation de la Ruhr.
Février 1924 : La Grande-Bretagne reconnait l’URSS.
Avril 1924 : Plan Dawes proposé à la France.
Octobre 1924 : Protocole de Genève // La France reconnait l’URSS
1924 : Traité de Rome, la Yougoslavie reconnait la souveraineté italienne sur Fiume et s’engage à ne pas intervenir en Albanie.
1925 : Traité de Locarno.
1926 : L’Allemagne intègre la SDN // Traité de neutralité entre Allemagne et URSS.
1926 : Pacte entre l’Italie et l’Albanie.
Avril 1926 : Les accords Melon-Béranger (non ratifié).
Décembre 1926 : La SDN rappelle la commission chargée de vérifier l’application du traité de Versailles.
1928 : Pacte Brilland-Kellogg.
Aout 1929 : Conférence de la Haie, plan Young adopté (110 milliards).
Septembre 1929 : Discours de Brilland sur la paix.
Octobre 1929 : Mort de Stresemann.
Novembre 1929 : Référendum d’Hitler contre le plan Young.
1930 : La France quitte la Rhénanie.
Mars 1931 : Tentative d’anschluss de l’Allemagne.
1931 : Affaire de la Manchourie.
1932 : Conférence de Lausanne (3 milliards de Marks or)
Mars 1933 : Le Japon quitte la SDN.
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