Personnage : Autobiographie Simone Veil : Une Vie

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Personnage : Autobiographie Simone Veil : Une Vie

Message  Elisa le Jeu 11 Sep - 22:55

UNE VIE de Simone Veil



Simone Veil, ce nom m’était connu de loin : Une femme qui a marqué la fin du vingtième siècle, ancienne déportée, femme politique à l’origine de la légalisation de l’IVG. Reconnue comme une « Sage » son avis est souvent sollicité. Pourquoi et comment cette femme est elle devenue une personne incontournable de notre paysage politique ? J’ai voulu en savoir plus sur cette femme et ai donc choisi de présenter son autobiographie parue en 2007 chez Stock.

A 80 ans, Simone Veil se décide à prendre la plume pour nous livrer son parcours exceptionnel dans «Une Vie », son autobiographie . Ce titre qu’elle emprunte à Maupassant l’un de ses auteurs préférés, est surprenant au premier abord par sa simplicité. Difficile d’imaginer la vie de Simone Veil comme «une vie » commune parmi tant d’autres, car c’est avant tout la vie d’une femme remarquable qui, tout au long de sa vie, a su se battre, défendre ses convictions et se mettre au service d’autrui. Avec ce titre anodin pour une autobiographie, Mme Veil annonce qu’elle s’y livre simplement telle qu’elle est : une femme battante, libre et sereine avec ses valeurs et ses convictions. On lit avec assiduité le parcours atypique de cette femme moderne où politique et histoire se mêlent.


Simone Veil est d’abord malgré elle un témoin de l’histoire et de l’atrocité nazie.
Née le 13 juillet 1927, Simone Jacob cadette d’une famille de quatre enfants passe son enfance à Nice. Rapidement le bonheur de cette famille unie est troublé par la montée du nazisme en Europe. A 16 ans, en mars 1944 Simone est arrêtée. Malgré toutes les dispositions prises pour se protéger (séparation de la famille, faux papiers…) la plupart des membres de la famille Jacob furent arrêtés et déportés. Son père et son frère meurent à Kaunas un camp de travail pour hommes en Lituanie, sa mère sa sœur Milou et elle-même furent déportées à Auschwitz. Sa mère mourut du typhus alors que les alliés avaient débarqués et que la fin de la guerre approchait. Quant à Simone et Milou elles furent rapatriées en France en 1945 où elles retrouvent leur troisième sœur Denise qui durant la guerre s’était engagée dans la résistance. Toutes trois doivent réapprendre à vivre libres, à se construire un futur avec ce passé traumatisant.

Le récit que fait Simone Veil de ces événements est très émouvant. Déjà jeune elle faisait preuve d’une lucidité étonnante. Elle raconte les effroyables conditions de vie des camps, la chance qu’elle a eue d’être sauvée avec sa mère et sa sœur par une kapo polonaise lui confiant « Tu est trop belle pour mourir ici … ». Enfin le cinquième chapitre « Revivre » est poignant. Simone rapporte bien la confusion dans laquelle se sont retrouvés les déportés à leur retour : l’accueil qu’ils espéraient chaleureux, le soutien et l’écoute qu’ils attendaient, n’étaient pas au rendez-vous. Les déportés dérangeaient. « Beaucoup de nos compatriotes voulaient à tout prix oublier ce en quoi nous ne pouvions nous arracher ; ce qui, en nous est gravé à vie». Graver à vie, on le ressent bien dans cette autobiographie. La vie de Simone Veil semble encadrée par ce souvenir de la Shoa. En effet dans les derniers temps de sa vie professionnelle, elle accepte d’être la présidente de la fondation en la mémoire de la Shoa. Son dernier devoir qu’elle a voulu transmettre aux générations suivantes est celui de la Mémoire, ainsi elle reste fidèle à l’une des valeurs qui lui tient tant à cœur : la Justice.


Une femme moderne : la première femme à accéder aux plus hauts postes.
La justice a depuis toujours passionné Simone Veil. A son retour en France elle décide d’entreprendre des études de droit. Elle entre à Sciences Po où elle rencontre Antoine Veil qu’elle épousera rapidement en 1946. Malgré les réticences de son mari et ses trois enfants, Simone Veil tient à travailler suivant ainsi les conseils de sa mère «étudier pour avoir un vrai métier ». En 1956 elle obtient le concours de la magistrature.
Elle est affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Elle s’évertue à améliorer les conditions de vie des prisonniers. Elle s’engage en faveur des détenus algériens menacés par l’OAS durant la guerre d’indépendance. En 1964 elle change de poste et dirige les affaires civiles. Les affaires sociales ont donc marqué sa carrière professionnelle dès le début.
En 1970 elle est nommée secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature. Elle la première femme à obtenir ce poste. En 1974, le nouveau président élu Valery Giscard d’Estaing la nomme ministre de la santé. Ainsi elle devient la première femme à obtenir un poste si important dans un gouvernement. Elle se bat alors pour faire adopter le projet de loi sur l’avortement en restant ferme face aux nombreuses résistances au sein même de sa majorité. En 1975 la loi légalisant l’IVG est adoptée. Simone Veil acquiert une popularité immense auprès des Français et devient un symbole reconnue même au-delà de nos frontières.
Elle défend si bien les valeurs européennes qu’elle est élue la première femme Présidente du Parlement européen en 1979. Elle sera toujours une européiste convaincue. Elle a ensuite siégé dans des commissions diverses notamment celle des Droits de l’Homme. Elle s’est engagée dans la lutte contre le sida. Elle a ensuite également été élue membre du Conseil Constitutionnel avant de mettre un terme à sa vie professionnelle pour se consacrer à sa vie privée.


C'est femme au parcours professionnel exceptionnel qui a su s’imposer dans le monde politique à une époque où les femmes étaient très peu présentes. C’est une femme libre de droite avec une sensibilité sociale proche de la gauche. Elle a toujours su rester indépendante et fidèle à ses convictions détestant la politique politicienne. Elle le confesse elle-même : « La politique me passionne, mais dès qu’elle devient politicienne, elle cesse de m’intéresser ». J’ai compris que Simone Veil n’avait cherché à tout prix à construire une carrière politique. Elle-même fut surprise des postes qu’on lui proposait. Pour elle seules ses convictions de justice et de solidarité importent, et restent le fil rouge de sa vie. En femme libre elle ne se soumet à aucun parti qu’elle sait quitter en cas de désaccord personnel. Pas besoin de se compromettre ou de se renier pour réussir. Sa personnalité force donc le respect, y compris celui de ses adversaires. Je pense que cette femme est un exemple rare dans le monde politique.

Elisa
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