Jean Moulin, Premier combat

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Jean Moulin, Premier combat

Message  Admin le Ven 28 Nov - 18:54

Fiche de lecture :

Jean Moulin, Premier combat



Jean Moulin, Premier combat, Paris, Les éditions de minuit, 1983.



Nous sommes en présence d’un récit à caractère autobiographique dans la mesure où il s’agit d’un journal écrit par Jean Moulin et rendu public par sa sœur, Laure. Cependant, ce n’est pas un récit exhaustif de sa vie puisque Jean Moulin ne relate qu’une infime partie de sa vie : du 14 au 18 juin 1940.
Dans son ouvrage Premier combat, Jean Moulin en tant que préfet d’Eure-et-Loir, nous expose sa réaction face à la guerre et face à l‘occupant. En quoi la position de Jean Moulin est-elle exceptionnelle durant la seconde guerre mondiale ?
Il s’agit d’étudier le rôle de Jean Moulin dans la guerre en tant que préfet à Chartres, avant de s’intéresser à sa prise de position face à l’armée allemande.



L’exercice de sa fonction de Préfet d’Eure-et-Loir en période de guerre (14-17 juin 1940)

Exerçant ses fonctions de Préfet depuis le 21 février 1939, Jean Moulin décide en 1940, en dépit des ordres contraires émanant du gouvernement le 14 juin, de demeurer à son poste. Il souhaite opposer à l’armée allemande avançant rapidement, une relative solidité de l'administration française. C’est ainsi qu’il s’organise pour répondre aux attentes des habitants et désormais, des réfugiés avec les moyens restant. Sa tache est d’autant plus difficile que de nombreux responsables du service public ont quitté la ville, indispensables au bon fonctionnement de Chartres. Eau, gaz, électricité viennent à manquer. Il en va de même pour les personnes chargées de l’ordre, de la sécurité et de la santé, telles que les pompiers, les médecins, les gendarmes… De plus, Jean Moulin de part son rôle dans la ville de Chartres doit assurer le ravitaillement de la population car même si elle a considérablement diminué, il reste encore bon nombre de réfugiés et d’habitants a nourrir alors que les boulangeries et magasins d’alimentation sont fermés. Jean Moulin fait donc en sorte de réquisitionner les locaux et la main d’œuvre nécessaires pour garantir un certain bien-être aux habitants. Le bon fonctionnement des services rendus est d ’autant plus important qu’il permet d’écarter les mouvements de soutien aux allemands, dits plus organisés. D’autre part, les réfugiés sont une difficulté supplémentaire car il faut les loger et ceux-ci ont pris place dans les hôtels de la ville où règne un véritable désordre. Il fait donc appel aux derniers employés administratifs pour organiser leur logement et leur ravitaillement. Par ailleurs, Jean Moulin demeure sans aucun moyen de communication depuis le 15, et ignore tout de l’avancée allemande, si ce n’est quelques informations rapportées par les réfugiés ou par l’armée française de passage à Chartres. C’est seulement le 17 que des troupes armées allemandes pénètrent dans la ville et Jean Moulin reçoit l’assurance qu’aucun mal ne sera fait à la population civile. Cette date signe pourtant l’entrée en résistance du préfet d‘Eure-et-Loir, le début de son « premier combat » face à l‘occupant.
Le comportement de l’occupant et l’entrée en résistance de Jean Moulin (17-18 juin 1940)

Tout de suite, le préfet se trouve face à la collaboration et au non-respect des occupants qui rient de la religion. En effet, un civil qui auparavant s’était porté volontaire aux côtés de Jean Moulin, tout en ayant déjà un fort intérêt pour les allemands, apparaît avec un officier allemand demandant à visiter la cathédrale avec un rire méprisant. Ensuite, alors que Jean Moulin était à la préfecture, il se voit retirer ses deux voitures nécessaires au transport des blessés, de la nourriture. L ‘occupation allemande rétablit cependant les services publics et Jean Moulin n ’a plus à s’inquiéter des problèmes de ravitaillement et d’organisation. Le 17 au soir, on vient le chercher pour lui faire signer un « protocole » attestant de la responsabilité des sénégalais de l’armée française dans le viol et le massacre de dix femmes et enfants. On voit ici le racisme nazi aussi bien envers les personnes de couleur que les juifs lorsque Jean Moulin évoque le nom de Mandel (Ministre de l’intérieur). Devant le refus du préfet qui ne veut pas salir l’armée française sans preuve, commence une interminable scène de torture aussi bien physique que morale : 9 heures de torture. Ainsi, Jean Moulin est d’abord battu par deux officiers allemands principalement qu’il appelle ses « bourreaux ». Malgré les douleurs atroces qu‘ils lui infligent, il refuse de signer et c’est alors que débute la torture morale : il est amené sur le lieu où ont eu lieu les crimes que l’on suppose commis par l’armée allemande de par son acharnement. Il est mis face à neuf corps victimes des bombardements puis, persistant dans son refus face au dixième, celui d’une femme dont il ne reste plus que le tronc. Epuisé par son état physique et par cette vision, il décline tout de même le protocole qui provoque l’agacement des officiers. Il est finalement ramené dans la demeure où avait pris place la Wehrmacht et y est enfermé avec un sénégalais. Par peur de céder, il tente de se suicider en s’ouvrant la gorge durant la nuit du 17 au 18. Evitant de peu la mort, cela le sauve car il est amené à l’hôpital où il raconte ce qui lui est arrivé. Après son rétablissement, il est raccompagné chez lui, il n’entend plus jamais parler du protocole. Il est félicité plusieurs moi après pour son honneur par le feld-kommandant, le 14 novembre.



Il est dommage que Jean Moulin n’est pas poursuivi son journal après la question du protocole. Effectivement, même si l’on voit bien le courage de cet homme et sa détermination dans sa résistance, on ne connaît pas dans Premier combat, le rôle immense que joue Jean Moulin - Max - aux côtés de De Gaulle, lorsqu’il est, plus tard, chargé de créer le Conseil National de la Résistance.



Cet ouvrage nous apprend beaucoup sur la seconde guerre mondiale : d’une part, en nous rapportant toutes les difficultés qu’on connut les villes françaises durant la seconde guerre mondiale et principalement celles du nord à l’approche de l’occupant ; d’autre part, en mettant en scène les différents acteurs : résistants avec Jean Moulin et collaborateurs avec le boulanger.
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