La France de 1919 à 1940_ Partie II

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La France de 1919 à 1940_ Partie II

Message  winnie le Ven 28 Nov - 21:03

II) La France des années trente est malade de la crise de la guerre.

Fce des années 30: pessimisme et guerre civile.


1) La crise française, atypique, résite aux politiques des gouvernements qui se succédent à un rythme rapide.

Au même moment, crises américaine, britannique et allemande. En France, conséquences sociales moins visibles (=/ marche des chômeurs 33-34). Moins touché car secours du marché colonial très protégé, faible productivité, méfiance (à gauche comme à droie) du K-isme et des profits financiers.
La fable collective d’une France à l’abri de la crise mondiale s’effondre à l’automne 31. Les exportations s’effondrent de près de 66 % entre 27 et 36. Mesures protectionnistes impuissantes face à la percée des importations.

André Tardieu (1876-1945) est aussi responsable. Président du conseil, il loue la « pô de la prospérité » à l’américaine. Admiration profonde pour le K-isme libéral. Opposé à l’intervention de l’Etat en matière éco et soc. Il passe pour l’un des inspirateurs de la droite ligueuse.

Conséquences de la surévaluation des prix français importantes. Chute de la prod ind globale de 20 à 25 % entre 29 et 35. Faillite de citroën_ 34. Ds le domaine agricole: surproduction dans les 3 grands secteurs du blé, vin et betterave. Effondrement des revenus invisibles: tourisme et fin des « réparations ». Dévaluation de la livre (31) et du dollar (33).

Les conséquences sociales de la crise apparaissent relativement modérées. 864 000 chômeurs en 36 (4,2 % de la pop active). Les agriculteurs sont les plus touchés. Les classes moyennes, notamment rurales sont donc les plus contraintes par la crise.

Jusqu’en 36, les politique éco sont impuissantes à résoudre la crise. Pbs: finance, budget, déflation, protectionnisme, repli impérial. Les produits étrangers sont lourdement taxés. Le repli sur l’Empire est qualifié « d’autarchie ».

Le maître-mot reste la déflation. Le Cartel revenu au pouvoir en 32 rencontre les mêmes problèmes qu’en 24-26: crise fiancière, déficit budgétaire. La droite reveint au pouvoir en 34 en faveur de la crise du 6 février 34. Décrets-loi de Pierre Laval_ 35. Seul Paul Reynaud, à partir de 34, prône la dévaluation, mais il n ‘est pas entendu. La crise tend à s’éterniser / aux autres nations ind. ~ irritation des français à l’égard de la classe pô.

2) A-t-il existé un fascisme français?
Le malaise de la République éclate dans les années trente. L’Etat n’est pas assez fort + forte instabilité ministérielle. Pourtant, abstention électorale limitée à 16 %.Retour d’anciens courants: antiparlementarisme, anticapitalisme et xénophobie.

Du scandale à l’émeute, la confiance dans la classe pô et les institutions s’effrite. Nouveaux scandales politico-financiers.

Stavisky: relations avec des ministres et députés radicaux et escroquerie autour de la création du Crédit municipal de Bayonne. Scandale découvert le 24 décembre 33. Suicide le 8 janvier 34. Camille Chautemps alors président du conseil est en position instable. L’opinion est gagnée par le sentiment de corruptions générale.

Une droite nouvelle, très diverse, occupe désormais le devant de la scène. L’essentiel tient dans la résurgence des ligues. Il y a: le « Faisceau »_26 de Georges Valois; « l’Action française »; le « Francisme »_ 33 de Marcel Brucard; la « Solidarité française » du commandant Jan Renaud, « Les jeunesses patriotes » de Pierre Tattinger; la vieille « Ligue des patriotes ». Organisation en général sous forme de parades, organisation paramilitaire et violence ~ comparaison aux fascismes frontaliers.

Y a-t-il eu un fascisme français? Question pô des années 30. (débat relancé vers 1994-1995 par les engagements de jeunesse de François Mitterand). Il existe 2 thèses: 1° Selon R. Rémond et P. Milza le fascisme est étranger à la tradition des droites françaises. On relève des imitations du fascisme mais de la part d’agitateurs minoritaires. Attraction de certains intellectuels comme Céline et Ramon Fernandez. Les Anciens Combattants restent très attachés à la République. 2° Selon Zeev Sternhell, la France de l’entre-deux-guerres a connu le fascisme. Il est né de la réaction nationaliste consécutive à la défaite de 1870 et de l’impossibilité de revanche. Cependant le fascisme manque de troupes.

Les Croix de Feu du colonel François de La Rocque. Devient après l’interdiction des ligues en 36 le Parti social français qui se dévelloppe très fortement. En 27 le mvmt prétend rassembler l’élite des Anciens Combattants médaillés. Recrute + large dès 1930. 500 000 adhérents en 36. Le PSF atteint 1 M-ion et demi d’adhérents en 39. Après Tardieu, La Rocque symbolise le danger fasciste pour la gauche. Pourtant: refus d’un coup d’Etat le 6 fev 34, légalisme électoral du PSF, participation à la résistance de La Rocque et déportation par les allemands. Ce dernier dénonce le statut des juifs dans le petit Journal Le 5 octobre 40. Le PSF rassemblant des éléments plus radicaux possède différents visages.

« L’esprit des années trente », analysé par Jean Touchard, marque en fait droites et gauches. Sentiment de « décadence » des idées fondatrices de la Répulique et de la démocratie parlementaire. Le renouvellement doctrinal et humain s’exprime dans l’opposition aux partis classiques. Ex: la « jeune droite » (Brasillach), les « Jeunes équipes » et les « Jeunes-Turcs » du parti radical (Jacques Kayser, Pierre Cot et Pierre Mendès France) et enfin les « néo-socialistes » en 30-33 de Marcel Déat. Tous prônent un renforcement du pouvoir exécuif et une forme de dirigisme économique passant par la planification.

3)Le front populaire est l'expression d'une réaction de défense républicaine.
L'antifascisme est le ferment de la réunification et la victoire de la gauche. 6 février 34_ manifestation; 12 février 34_ grève générale ~ dynamique du Front populaire avec la création le 3 mars du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, le VGIA. FP = radicaux, socialistes et communistes (PR, SFIO, PCF). Communistes font le premier pas et abandonnent la tactique de « classe contre classe ». 27 juillet 1934: pacte d'unité d'action, rapprochement du PC avec la SFIO. En octobre 34 Thorez appelle au « Rassemblement populaire ». Le Parti radical prudent / pacte franco-soviétique entre Laval et Staline de 35 veut accéder au pouvoir par la dynamique majoritaire. 14 juillet 35: manifestation unitaire à Paris.
Programme du FP publié le 18 janvier 36= « Pain, Paix, Liberté » ou slogan: « ni déflation, ni dévaluation ».S'ensuit la réunification syndicale de la CGT et CGTU en mars 36.
Le FP remporte en avril mai 36 une victoire électorale annoncée: 5,4 millions de voix contre 4,2 et 369 sièges contre 231. Le PCF double ses suffrages / 32 et obtient 72 députés. Socialistes font mieux que les radicaux.

Léon Blum (1872-1950) est appelé à diriger le gouvernement. C'est un intellectuel, normalien, dreyfusard. Il devient chef de file du SFIO en 1920. Le 4 juin 1936 il forme un gouvernement composé de socialistes: Auriol_finances; Salengro_ intérieur; et de radicaux: Daladier_ vice président du conseil et défense nationale; Zay_ éducation nationale. Il veut sortir la France de la crise et changer les conditions de vie du monde ouvrier.

Lois et mesures se succèdent de juin à à août 1936, pour les cent premiers jours du front populaire. En mai 36 une vague de grèves sans précédent en France paralyse l'économie. Fin mai près de 2 millions d'ouvriers sont en grève. Ex: usines Bréguet au Havre.

Les accords Matignon sont signées le 7 juin par la CGT et la Confédération générale. ~ fin des grèves et des occupations, offre aux ouvriers des acquis durables: augmentation de 12 % des salaires en moyenne et acquisition de 2 semaines de congés payés avec limitation du W à 40 heures. + réforme de la Banque de France.

Ces réformes ont pour but de faire sortir la France de la crise par la « reflation ». Opposition avec les politiques déflationnistes antérieures. Souhait de distribution du pouvoir d'achat et de diminution du chômage par les 40 heures de W. Mais baisse de la production et fuite des capitaux dû à la méfiance des milieux financiers, le franc faible. Blum doit dévaluer dès septembre 36 de 25 à 35 %. 13 février 1937: « pause » dans l'application des réformes. Le 21 juin le gouvernement Blum tombe au Sénat sur les projets financiers de Vincent Auriol.

Le Front populaire tient une année. Le PCF critique la non-intervention dans la guerre civile espagnole. Fusillade de Clichy le 16 mars 37 ~ rupture. Interdiction des ligues le 19 juin 36. ~ formation du Parti social français et du Parti populaire français de Jacques Doriot. Echec du FP: contradictions économiques et diplomatiques. Opposition aux communistes: guerre d'Espagne et opposition aux radicaux: finances.

4) Entrée dès 1938 en veillée d'armes, la France aborde la « drôle de guerre » divisée et affaiblie.

Edouard Daladier clôt en 1938 le temps du Front populaire. Il résiste aux gouvernements Chautemps et Blum. Il accède au pouvoir le 10 avril 38 et marque l'enterrement du FP. Il s'appuie sur la majorité de centre droit pendant 2 ans. Il appelle des hommes de droite au gvmt: Paul Reynaud aux finances. Il veut « remettre la France au travail ». Suspension de la loi des 40 heures le 21 août. Il n'a plus le soutien des radicaux et des socialistes. Echec relatif de la grève générale du 30 novembre initiée par la CGT.

Daladier bénéficie alors d'un moment de grâce. Vote des pleins pouvoirs en mars 39. Situation internationale très grave. Accords de Munich le 30 septembre 38. C'est le « lâche soulagement » (de Blum). Mais unité avec la Grande Bretagne. Important programme de réarmement. Ultime dévaluation du franc le 5 mai 38 qui marque la première véritable sortie de la crise depuis 31. La production industrielle progresse de 20 % entre avril 38 et juin 39.

La décadence de la politique étrangère de la France est un signe majeur de la crise de la nation. Vieillissement démographique français face à la vitalité allemande. Solde naturel négatif depuis 35. Baisse de la fécondité. Pacifisme croissant.

La déclaration de guerre (1er- 3 septembre 1939) n'entraine aucune Union sacrée. Atmosphère politique dégradée. Parlement agité entre Flandin et Laval. Gvmt démissionnaire le 10 mai. Pacifisme essentiel dans la drôle de guerre. La « drôle de guerre » consiste justement à ne pas la faire, ce hormis une brève incursion dans la Sarre et offensive d'avril en Norvège. Ennui mais espoir des soldats (guerre encore évitable?).

Le débat crucial sur les suites à donner à la défaite divise le gouvernement français, replié à Bordeaux comme en 1870 et 1914. Le 13 juin 40 Pétain indique qu'il refuse de quitter le territoire national. Une capitulation militaire en métropole et l'exil du gouvernement est proposé par les civils. Daladier, Mandel, Mendès France, Zay embarquent le 21 juin sur le Massilia pour le Maroc où ils sont arrêtés. Laval joue ouvertement la carte de la capitulation et de l'arrivée de Pétain au pouvoir. Reynaud isolé renonce. De Gaulle qui rencontre Pétain part pour Londres. Le président Lebrun nomme Pétain président du conseil le 16 juin 40. Le 17 juin il demande l'armistice devant les français.

Armistice signé le 22 juin à Rethondes. Les mesures sont très sévères. Armée réduite à 100 000 hommes. 400 000 francs d'indemnité d'occupation par jour. France dépecée en 5 zones à différents statuts. Alsace et Lorraine annexées au Reich. Nord et Pas-de-Calais sous le commandement allemand de Bruxelles. Reste partagé en zones occupée et non occupée (avant novembre 42) et marches occidentales à l'Alsace et Lorraine ouvertes aux colons allemands.

winnie
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