La rose Blanche

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La rose Blanche

Message  Admin le Mer 3 Déc - 20:54

La rose Blanche


L’auteur de cet ouvrage est née en 1917 en Allemagne, c’est la sœur de Hans et Sophie Scholl, deux des principaux organisateurs de mouvement de résistance la Rose Blanche. Elle étudiait à l’université de Münich avec son frère et sa sœur, en a été membre, arrêtée par la Gestapo, mais elle n’a pas été exécutée. C’est donc un témoin privilégié du mouvement en tant que proche de deux de ses membres, mais aussi en tant que membre du groupe. Elle est morte en 1998.

Deux aspects semblent centraux dans le livre, d’une part la montée du nazisme et les conséquences dans la vie de deux jeunes Allemands, qui ont participé au mouvement, mais qui ont gardé leur capacité de pensée du fait de leur éducation. L’autre aspect est l’idéologie de ce groupe de résistant, car contrairement à d’autres groupes de lutte contre le nazisme, il n’a jamais prôné la violence.

Les Nazis arrivent au pouvoir en Allemagne au début de l’année 1933, Hans qui est né en 1918 a 14 ans et Sophie qui est née en 1921 a 12 ans. Les deux enfants vont donc se retrouver embrigadé très vite dans les organisations de jeunesse nazies. Au début, c’est un simple mouvement de jeunesse, avec des activités sportives, une vie proche de la nature, avec il est vrai un fond de nationalisme allemand pour assurer une cohésion rapide au sein du groupe, mais aussi plus généralement de tous les groupes en Allemagne.

Or très rapidement, le groupe de jeunesse devient une organisation paramilitaire, ainsi Hans Scholl est nommé pour porter l’enseigne du groupe à la grande parade militaire nazie de Nürnberg, en septembre 1935. Il comprit alors que le but de l’organisation est de préparer des hommes pour le combat et que les jeunesses hitlériennes sont très liées à l’armée allemande. Il comprend qu’il fréquente une organisation préparant des soldats plus qu’un groupe de jeune.

Les libertés sont progressivement supprimées, ainsi les chants étrangers sont interdits par les responsables du groupe. Le fanion fabriqué par Hans est interdit, car il ne correspond pas au drapeau officiel décrété par Hitler. Le groupe devient qu’une simple unité d’une armée préparatoire et non un groupe dans un vaste mouvement de jeune.

Hans a aussi appartenu au Jugendschaft, association de jeunes dans les grandes villes, mais l’ouverture culturelle, vers les artistes contemporains, les écrivains engagés, les fait interdire. Il seront donc pourchassé, et connaîtra la prison, le nazisme luttant contre la plupart de l’avant-garde artistique des années 30, la qualifiant de dégénérée. Tous les livres politiquement engagés, lorqu’ils ne soutenaient pas le nazisme étaient interdits, lorsqu’il n’étaient pas brûlés

Sophie connaît deux formes de la brutalité quotidienne du nazisme, elle doit en tant que jeune fille passer un an dans un service de travail obligatoire, forcée à travailler pour un système totalitaire, contraint de vivre dans des camps, avec une promiscuité gênante. Surtout c’est un système d’embrigadement qui continue, la jeunesse allemande est contrainte de vivre sous la domination jusque dans l’organisation de leur vie du nazisme.



Ensuite, en tant qu’étudiante elle est mal vue, car Hitler préférait des mères plutôt que des étudiantes, ayant étudié, donc ouverte sur le monde. La logique du passage du statut d’enfant à celui de femme montre la volonté d’asservissement d’un peuple, c’est toute la logique de domination d’un peuple par un appareil d’état qui est révélé, et dans ses aspects permanant, traquant tous ceux qui cherchaient à s’y opposer et les envoyant en prison.

Hans en tant qu’étudiant en médecine connaît un répit pour ces études, mais il devient mi-soldat mi-étudiant, un statut particulier permettant en cas de problèmes d’incorporer directement les étudiants dans l’armée. Par exemple pendant ses vacances il est envoyer sur le front Russe.

Leur arrestation et leur exécution est aussi révélatrice d’un état totalitaire, ils ne peuvent pas dormir, sont interrogés sans s’arrêter. La Cour de Justice Populaire est envoyée de Berlin. Cet institution juridique tenue par les nazis n’avait pour simple but que de rendre des jugements bâclés et sommaires contre tous les opposants au régime. Il y a ainsi eu des condamnations à mort sans la moindre possibilité d’appel, et les condamnés ont été exécutés très rapidement. Leur cas est porté sur des affiches dans tous Münich, pour l’exemple, pour prévenir toute nouvelle tentative de résistance, comme pour l’affiche rouge à Paris

L’idéologie du groupe de résistance est particulière, mêlant philosophie et religion. Les enfants Scholl ont reçu une éducation protestante, ils sont attachés aux valeurs humanistes de la Bible, les autre membres du groupe semblent être attaché la religion comme le montre le baptême de Christoph Probst avant son exécution. Les étudiants de médecine, se rendent aux cour de Huber, professeur de philosophie, qui traitaient du thème de Leibniz et sa théodicée, toute la cellule est imprégnée des valeurs de la religion, qu’elle soit catholique (la Bavière est une terre très catholique) ou protestante.

Le début du combat contre le nazisme commence à la lecture du tract de monseigneur Von Galen, surnommé le lion de Münster car ce fût un des seuls grand dirigeant de l’Eglise catholique à s’être opposé au nazisme. Ceci dans une de ses formes les plus barbare, qui est l’élimination physique pure et simple des malades mentaux. Cet exécution, dans le seul but d’obtenir la pureté de la race, et pour éliminer les individus incapable de participer à la machine de guerre nazie révèle le degré d’abjection des théoriciens nazis, ce qui préfigure déjà l’élimination des soldats soviétiques, des tziganes, des juifs, des homosexuels.

En 1942, Hitler décide l’élimination physique des juifs d’Europe, or ce crime organisé avec une rigueur scientifique et une organisation militaire va à l’encontre de tous les principes que défendaient une société allemande ouverte sur le monde, lors de la République de Weimar. Hitler projetait de réformer la foi dans son ensemble, car les Eglises lui étaient très attachées. Alors qu’il y a séparation de l’Eglise et de l’Etat sous la république de Weimar, le nazisme se sert de la religion comme instrument de domination des masses. C’est le tristement célèbre Kinder, Kirche, Küche (enfants, cuisine, église) ; il veut même modifier les principes de la foi chrétienne pour permettre des génocides et lutter contre toute les formes de résistances.

Dans un contexte de montée en puissance du nazisme et de la remise en cause des valeurs philosophiques et religieuses d’un Etat, la Rose Blanche ose défendre des principes au nom d’une histoire allemande. Le courage de cet cellule, malgré les privations et la menace permanente de la Gestapo montre que les régimes dictatoriaux cherchent souvent à limiter la pensée, pour avoir les coudées franches dans leurs basses œuvres.
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