Guerre d'Espagne suite

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Guerre d'Espagne suite

Message  Charly le Jeu 11 Déc - 17:08

II_ Le conflit

1. Le rapport de forces
Les forces en présence sont équilibrées au commencement du conflit. Il semble qu'au début de 1937, chaque camp dispose d'environ 500 000 hommes. L'armée espagnole, avant la guerre, est plutôt médiocre.
La livraison des armes allemandes ou italiennes a permis une nette amélioration de l'armement de l'armée nationaliste. Des firmes étrangères telle que Ford et Texaco fourniront également, à crédit, camions et carburant en quantités importantes. De plus, les nationalistes disposent des troupes les plus aguerries.
Les républicains sont quant à eux progressivement équipés d'armes soviétiques, mais l'approvisionnement pose problème en raison du blocus maritime des puissances européennes, plus relâché du coté nationaliste. Moscou enverra aussi des conseillers militaires, essentiellement utilisés pour faire fonctionner les avions et les chars.
Les problèmes majeurs, pour les républicains, se posent du côté de l'organisation. En effet, il s'agit d'une armée populaire créée de toutes pièces, sans commandement centralisé. Devant l'échec de cette organisation, le gouvernement a tenté de créer une armée populaire sous la forme d'un corps national (en place au printemps 1937), avec une discipline et un commandement communs.
En règle générale, l'armée républicaine souffre d'une carence en officiers qui ont pour beaucoup choisi de rejoindre le camp nationaliste. La plupart des bâtiments de la Marine sont restés aux mains de la République, mais les marins, sans leurs officiers, ne sont pas capables d'en faire un bon usage.

2. Les opérations
Il s'agit tout d'abord d'une guerre qui, sauf dans sa dernière phase, se déroule sur plusieurs fronts à la fois. La guerre comporte sur ces différents fronts une succession de phases de mouvement et de longues phases de guerre de position avec utilisation de tranchées. Les républicains sont souvent sur la défensive, en résistant bien. Leurs offensives sont presque toujours de faible ampleur, mal conçues, et se traduisent souvent par des pertes importantes.
Quand la guerre proprement dite commence, fin juillet 1936, tout semble bloqué mais l'aide extérieure de l'Allemagne et de l'Italie permet aux troupes du Maroc (les plus compétentes et les mieux entraînées) emmenées par Franco de passer le détroit de Gibraltar le 5 août et de rejoindre le reste de l'armée. Au total, 62 000 troupes du Maroc servirent dans les forces nationalistes. Les troupes marocaines progressent vers le nord, en attaquant durement les villes et villages rencontrés. Simultanément, dans le nord du pays, des combats opposent les républicains aux milices requêtées carlistes, en particulier au Pays basque et à proximité de la frontière française. Dans les zones contrôlées par la République, des mouvements de contre-offensive se lancent. Les républicains ont reconquis Minorque mais échoué à prendre le contrôle du reste des Baléares.
En octobre, Franco doit faire un choix stratégique : aux portes de la capitale, il préfère détourner ses troupes au sud, vers Tolède pour aller sauver les insurgés assiégés dans l'Alcazar. Ceci laisse le temps aux Madrilènes d'organiser la défense. Lorsque les nationalistes atteignent Madrid en novembre 1936, la défense est acharnée : chaque rue est défendue (avec le célèbre slogan « ¡No pasarán! »). Autour de la capitale, plusieurs opérations ont lieu en février et mars 1937, en particulier la bataille du Jarama et la bataille de Guadalajara. Malgré des pertes très lourdes, la ville tient bon et en mars 1937 la prise de Madrid a échoué.
Ils décident donc de s'occuper d'abord des poches de résistances républicaines que sont le Pays basque et les Asturies. Une première campagne se déroule autour de Bilbao, les républicains prennent la ville le 19 juin. En août, les combats se portent dans la région de Santander, qui tombe le 26 août. Les Asturies restent alors seules dans le nord de l'Espagne à rester sous contrôle de la République. Cette petite zone doit capituler le 17 octobre, laissant ainsi les forces nationalistes entièrement maîtresses de la côte atlantique.
Entre temps, les républicains se lancent dans d'autres offensives difficiles, mais ces combats meurtriers ne leur permettent qu'une progression limitée. Dans les derniers jours de l'année 1937, les troupes républicaines engagent le combat pour Teruel qu'elles parviennent à prendre lors de combats qui se déroulent dans des conditions très rude, notamment en raison du grand froid qui règne à Teruel cet hiver-là. La ville est reprise par les nationalistes après moins d'un mois. L'armée nationaliste poursuit l'offensive et parvient à gagner la côte, le 6 avril, coupant ainsi en deux le territoire contrôlé par les républicains. Ceux-ci essaient encore d'attaquer lors de la bataille de l'Èbre (à partir du 25 juillet 1938) mais c'est un nouvel échec : les républicains sont contraints de repasser l'Èbre au prix de pertes importantes.
Dès lors, le sort du conflit est scellé : la Catalogne est conquise sans grande résistance en février 1939. Dans la capitale, un coup d'État anti-communiste démobilise la résistance : Madrid est tombé avec peu de combats. Le reste de l'Espagne est enlevé dans le mois, les derniers combats ayant eu lieu à Alicante. Le 1er avril 1939, Franco peut annoncer que « la guerre est finie ».
3. Bilan
Le chiffre des victimes reste difficile à quantifier. Dans les deux camps, on a pu parler d'un million de morts (chiffre énorme pour un pays de 26 millions d'habitants), mais ce chiffre est largement considéré comme exagéré. Actuellement, les estimations les plus sérieuses varient entre 380 000 et 451 000 morts.
Les chiffres suivants sont donc des estimations à prendre avec précautions :
285 000 soldats morts au combat (pertes militaires directes)
150 000 civils morts des bombardements
200 000 exécutions en zone nationaliste
86 000 exécutions en zone républicaine
200 000 exécutions par le gouvernement franquiste entre 1939 et 1943
La seule bataille de l'Èbre aurait fait près de 60 000 victimes.
Il faut ajouter à ces chiffres la surmortalité due à la famine ou aux épidémies mais le chiffre de ces victimes (estimé à 330 000reste difficile à établir.

Charly
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Question sur guerre civile espagnole

Message  Manon_2 le Sam 19 Fév - 20:48

Bonjour,
La guerre civile espagnole est un sujet qui m'intéresse, mais j'aimerais plutôt avoir des précisions sur le camp nationaliste lui-même : leurs actions (not. durant la guerre), ce qu'ils font du pouvoir ... Enfin tout savoir sur eux ! Ca serait très gentil de me répondre, j'aurais besoin de ces informations rapidement pour pouvoir organiser ma thèse.
PS : Votre résumé sur la guerre civile est très bien fait, c'est pour cela que je me permet de vous demander de tels renseignements, je suis consciente que c'est long, et que c'est beaucoup demander .... :S

Manon_2
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Re: Guerre d'Espagne suite

Message  Admin le Mar 8 Mar - 20:42

Désolé de ne pas avoir apporté de réponse, le forum est inactif depuis que la promo qui l'a mis en place en a fini avec la prépa.
Il y a longtemps que nous n'apportons plus aucun élément de cours sur ce forum, je crains qu'il ne faille faire avec ce qui existe déjà, nous concernant.
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Re: Guerre d'Espagne suite

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