Guerre d'Espagne re-suite

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Guerre d'Espagne re-suite

Message  Charly le Jeu 11 Déc - 17:09

III_ La guerre d’Espagne, une répétition de la 2de Guerre mondiale

1. Violences et exécutions, constat d’une guerre à mort idéologique
La guerre a été marquée par des tueries en dehors des combats. Il y a eu des exécutions, parfois sommaires, parfois organisées et même précédées de jugements hâtifs.
Lors de cette « révolution » des atrocités sont commises de part et d'autres. Bartolomé Bennassar explique ainsi :
« Il y eut bien, face à face, deux volontés d'extermination, l'une plus organisée, c'est vrai, l'autre plus instinctive, l'une et l'autre exacerbées.»
a- En zone nationaliste
Les militaires fidèles au gouvernement sont les premières victimes partout où les rebelles prennent le pouvoir. Il s'ensuit le massacre des militants et sympathisants des syndicats et organisations de gauche à partir de listes établies à l'avance, méthode semblable à celle employée par les nazis quelques années plus tard. Au fur et à mesure de la progression des troupes rebelles et de la prise des villes, les militants et sympathisants de la République sont systématiquement emprisonnés ou fusillés. Ce seront ainsi des dizaines de milliers de victimes qui seront exécutées sommairement.
Un des plus grands massacres collectifs a lieu les 14 et 15 août 1936 à Badajoz en Extremadura, où de nombreux miliciens désarmés sont sommairement fusillés, lorsque les nationalistes, principalement des unités de la Légion, s'emparent de la ville. Le bilan est à l'époque évalué à 2 000 victimes, mais il est sans doute plus proche de 200
La fin de la guerre n'a pas signifié pour autant le retour à la paix. Les exécutions se poursuivront les années suivantes manifestant la soif de vengeance des vainqueurs caractérisant le régime dictatorial pendant de longues années et la misère et la terreur pour les vaincus. Les lettres de dénonciations sont tellement nombreuses que la prescription des délits politiques non dénoncés est ramenée de quinze à deux ans dès janvier 1940. Bien que faisant preuve de moins de violence et ne faisant pas preuve de racisme, pour les exécutions d’opposants Franco n’a rien à envier à Hitler (toutes proportions gardées).

b- En zone républicaine
Les massacres des opposants commencent dès le début de la rébellion. L'appartenance sociale ou politique suffit la plupart du temps pour justifier une exécution. Ce fut le cas par exemple pour les officiers de la garnison de Lérida, les officiers de la base navale de Minorque. Ce fut aussi le cas pour les députés de droite pourchassés en zone républicaine et dont 24 sont exécutés.
Les prêtres et les religieuses sont parmi les autres principales victimes de ces massacres, notamment en Catalogne. Plus de 7 000 religieux dont 13 évêques, 4 184 prêtres, 2 365 moines et 283 religieuses ont été assassinés durant cette période. Soit 88 % du clergé dans le seul diocèse de Barbastro (Aragon). Neuf diocèses perdirent ainsi plus de la moitié de leur clergé, la seule appartenance à ce dernier étant justiciable d'une exécution sommaire. À ces tueries s'ajoutèrent les incendies d'églises et de couvents, les profanations d'autels et de sépultures. En septembre 1936, devant des réfugiés espagnols, le pape Pie XI dénonçait ce qu'il désignait comme une « haine de Dieu satanique».
À partir du 23 août, des tribunaux populaires donnent un formalisme juridique aux exécutions. Des commissions d'épuration sont mises en place afin de recenser les suspects à partir de leurs antécédents sociopolitiques. En Asturies par exemple, elles dressent les listes des sympathisants des partis de droite dont les « plus chanceux » sont victimes d'expropriation. Ces procès ressemblent dans leur méthode et leur rapidité de jugement aux procès de Moscou ou aux différentes épurations que connut l’URSS. Les Républicains étaient en train de mettre en place une réelle dictature communiste sous le couvert de la guerre civile.
Durant l'été 1936, près de 2 000 phalangistes sont massacrés en zone républicaine, hors de tout combat, sans que le gouvernement ne condamne un seul instant ces crimes, et sans que cela soit en représailles de fusillade du camp adverse.
À Madrid, entre 1936 et 1939, selon César Vidal, près de 15 000 personnes auraient été fusillées. Des exécutions sommaires massives ont lieu à partir notamment du 22 août 1936, et coûtent la vie à plusieurs anciens ministres de la République comme José Martínez de Velasco, Manuel Rico, Ramón Álvarez ainsi qu'à Melquíades Álvarez, chef du parti libéral-républicain et Fernando Primo de Rivera, frère du fondateur de la Phalange.
Du 2 au 6 novembre 1936, cinq mille personnes sont fusillées et enterrées dans des fosses communes. Les victimes sont à la fois des détenus madrilènes évacués de la ville, des étudiants d'un collège catholique et les membres de familles aisées de la ville. Les responsables seraient, selon certains historiens, Margarita Nelken, une députée socialiste, et Santiago Carrillo.
A partir de mars 1937, les victimes des massacres des républicains vont davantage concerner le camp républicain lui-même. En effet, les tensions au sein même de l'Espagne républicaine conduiront à des affrontements internes sanglants (d’un côté anarchistes et communistes hétérodoxes, de l’autre le PSUC - parti inféodé à l'URSS stalinienne), qui conduiront à la chute de Barcelone. L'affrontement principal au sein du camp républicain a lieu en mai 1937 et aboutit à l'écrasement par les armes du courant révolutionnaire. Ces conflits internes qui ont vu les partisans libertaires et ceux du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM) massacrés par des groupes d'intervention soviétiques soutenus par le NKVD expliquent pour une large part la dégradation de l'assise républicaine, incapable de reconquérir le terrain perdu sur les nationalistes.

2. Les différentes interventions étrangères, prélude à l’engagement total de l’Europe dans le second conflit mondial.
A- La non-intervention de la France et du Royaume-Uni
En France, Léon Blum reçoit une demande d'assistance le 20 juillet 1936 à laquelle il répond positivement, mais il doit faire marche arrière devant l'opposition de la droite, des radicaux, du président modéré Albert Lebrun et du Royaume-Uni. Finalement, le choix est fait d'appliquer une politique de « non-intervention », seule notion permettant d'associer les Britanniques au règlement du conflit.
Côté britannique, le gouvernement de Neville Chamberlain et les élites britanniques voient l'Espagne comme un pays en pleine révolution « communiste ». De plus, tout est fait pour éviter un conflit avec les puissances totalitaires : on pense qu'en étant conciliants avec l'Allemagne, on peut arriver à s'entendre avec Hitler sur ses ambitions expansionnistes.
C'est dans ce contexte que Léon Blum propose le pacte de non-intervention, signé par la quasi-totalité des pays européens. Chaque pays se voit chargé d'empêcher la livraison d'armes en Espagne : les Britanniques doivent assurer le respect d'un embargo sur les armes dans l'Atlantique, la France dans les Pyrénées, et l'Italie sur la côte méditerranéenne.
La France et le Royaume-Uni envoient cependant des armes aux républicains mais secrètement.

B- l’aide des Fascistes
L'aide italienne au camp nationaliste, limitée au début du conflit, devient massive dès la fin de l'année 1936. Elle se matérialise par des livraisons importantes de matériel (près de 700 avions et 950 chars) mais surtout par l'envoi de nombreux soldats. Le corps des volontaires italiens atteint jusqu'à 50 000 hommes. Contrairement aux troupes allemandes, les Italiens sont bien intégrés dans les combats après leur défaite à la bataille de Guadalajara.
Mussolini semble envoyer ses troupes davantage dans le but de renforcer son rayonnement que par affinité idéologique avec Franco. Franco était un fervent catholique et un militaire de carrière conservateur, donc tout l'opposé d'un fasciste païen et révolutionnaire. Pour Mussolini la guerre en Espagne est l'occasion d'effectuer une propagande d'ampleur internationale. Mussolini a aussi des intérêts économiques (des armes italiennes sont vendues aux nationalistes) et stratégiques (utopie d'une mainmise sur la Méditerranée, qui passerait notamment par l'annexion des îles Baléares espagnoles) Mussolini espérait également placer un régent italien sur une partie de l'Espagne.
En mars 1938, les Italiens bombardent Barcelone, fief des républicains espagnols. Les quelques 3 000 morts et nombreux blessés soulèvent l'indignation de la communauté internationale.
L'Allemagne nazie participe au conflit aux côtés des nationalistes en engageant 10 000 hommes au plus fort du conflit, mais ce sont essentiellement des techniciens et instructeurs, peu de soldats. Les rares forces de combat sont limitées à quelques compagnies de chars et aux avions de la légion Condor. Hitler se sert de cette guerre pour essayer le nouveau matériel et y gagne aussi sur le plan économique : en effet, il a négocié en échange de son aide le contrôle des sociétés minières espagnoles. Parmi les faits marquants des envoyés allemands en Espagne, le bombardement de civils à Guernica au Pays basque, le 26 avril 1937, préfigure les stratégies de la guerre totale à venir. Après cet événement, condamné par une bonne partie de la communauté internationale, l'aide allemande se réduit. Quoi qu’il en soit, la technique de Blitzkrieg d’Hitler semble au point.
Les nationalistes ont également obtenu l'aide du Portugal de Salazar qui enverra une légion de 20 000 hommes. Toutefois l'aide du Portugal s'arrêtera là. Les troupes franquistes n'étant pas autorisées à rentrer en terrain portugais, trouvèrent d'énormes difficultés pour franchir les cols de Somosierra et Guadarrama durement défendus par les républicains. On peut noter aussi le renfort plus anecdotique des 600 Irlandais de la Légion Saint-Patrick ou des français de la "Bandera Jeanne d'Arc".

C- aide Soviétique
L'URSS intervient timidement en faveur des républicains, notamment par l'intermédiaire du Komintern, au nom de la lutte contre le fascisme.
Plusieurs généraux républicains, membres du PCE, comme Juan Modesto ou Enrique Líster, ne sont pas sortis du rang, mais avaient été formés en URSS où ils avaient trouvé refuge au début des années 1930.
Staline livre de nombreuses armes modernes (chars et avions) mais exige en contrepartie que les réserves d'or de l'Espagne détenues par la République « soient mise en sécurité » en URSS où elles y resteront après la fin de la guerre et ne seront jamais rendues.
L'URSS envoie peu d'hommes (seulement 2 000, pour la plupart des conseillers) et de plus les livraisons d'armes sont irrégulières du fait du blocus et l'acheminement difficile dans certaines régions.
Après les accords de Munich, l'aide soviétique décroît rapidement.
Les Soviétiques encouragent et soutiennent également les Brigades internationales et cherchent à éliminer les marxistes non staliniens et les anarchistes.
La tiédeur de l'engagement soviétique peut s'expliquer par le pragmatisme de Staline : face à la menace grandissante de l'Allemagne hitlérienne envers l'URSS, il cherche à conclure des alliances militaires avec la France et le Royaume-Uni, cette préoccupation primant sur un soutien à une révolution prolétarienne internationale qui risquerait de lui aliéner ces pays. La France et le Royaume-Uni étant non-interventionnistes, mieux vaut ne pas trop intervenir pour ne pas les froisser !

D- Les Brigades internationales
Aux côtés des républicains, des volontaires venus du monde entier, souvent des communistes, des anarchistes, mais aussi des anti-fascistes plus modérés, se sont engagés dans des groupes qui ont pris le nom de Brigades internationales. Jusqu'à 5000 Américains, réunis dans la Brigade Abraham Lincoln, participent aux brigades internationales. On trouve de nombreux intellectuels dans les rangs des Brigades tels Hemingway, Orwell ou encore Malraux.

Charly
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