Paul Veyne (1930- )

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Paul Veyne (1930- )

Message  Cyprien le Mar 30 Déc - 0:26

Fiche d’auteur : Paul Veyne (1930- )

I. Mini-bio

Archéologue et historien français. Fait l’ENS, agrégé et docteur ès lettres. Titulaire de la chaire d’histoire de Rome au Collège de France depuis 1976.

II. Principaux ouvrages

A. Comment on écrit l’histoire (1971)
Il obtient pour cet ouvrage le prix de l’Essai de l’Académie Française. Dans cet ouvrage, il raille la prétention de l’histoire et de la sociologie à accéder au statut de sciences.
Paul Veyne fait apparaître les faits n’existent pas isolément mais sont toujours un mélange très humain et très peu « scientifique » de causes matérielles, de fins et de hasards qui déterminent une intrigue choisie par l’historien. Ces itinéraires sont tracés dans le très objectif champ événementiel, lequel est divisible à l’infini et n’est pas composé d’atomes événementiels, mais de croisements d’itinéraires possibles. Ainsi, l’histoire est bien la description de ce qui est spécifique (par opposition à ce qui est singulier ou universel), c'est-à-dire compréhensible, dans les événement humains. Pour que ce ne soit pas universel, il faut qu’il y ait une différence ; pour que ce ne soit pas singulier, il faut que ce soit spécifique, que ce soit compris, que cela renvoie à une intrigue.

B. Le pain et le cirque (1976)
Essai de sociologie consacré au pouvoir politique ou il traite des aspects irrationnels et oubliés de la politique antique.

C. Quand notre monde est devenu chrétien (2007)
P. Veyne raconte la conversion de l’empereur Constantin en 312 et ses conséquences sur l’histoire mondiale. Il met à bas les lieux communs sur les « racines chrétiennes » de l’Europe et ses apports :
- la séparation entre religion et politique : L’empereur chrétien Constantin n’a pas eu à séparer Dieu et César, il étaient nés séparément dès la naissance. Constantin était un César, non un chef spirituel et temporel à la foi et l’Eglise était déjà une organisation achevée, indépendante.
- l’humanisme : Cette idée n’est ni vraie, ni fausse car la religion n’est qu’une des composantes d’une civilisation, même si elle a pu qq tps lui servir de désignation conventionnelle (« civi chrétienne »).
- l’universalisme : Depuis St Paul, le christianisme a ouvert aux non-Juifs le peuple élu : toute les âmes peuvent être sauvées. Cependant, cette notion est bien trop restreinte pour affirmer du même coup l’unité de l’espèce humaine.
- la morale : L’Europe est aujourd’hui démocrate, laïque, partisane des DDH… toutes choses qui sont étrangères et parfois opposées au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui qui prônait l’ascétisme, l’amour du prochain (notion vague), et nous enseignait de ne pas tuer ni voler, mais ça tt le monde le savait.
Ainsi, la religion n’est qu’un facteur parmi d’autres qui compose une civilisation. Elle ne semble émerger que parce que c’est sa partie audible, langagière, qui saute aux yeux. L’Europe n’a pas de racines, chrétiennes ou autre, mais s’est faite par étapes imprévisibles.

D. Michel Foucault. Sa pensée, sa personne (2008)

Cyprien
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Date d'inscription : 10/09/2008

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