Fernand Braudel

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Fernand Braudel

Message  Charly le Sam 10 Jan - 0:31

Fernand Braudel naît en 1902 dans un petit village de la Meuse. A 21 il est professeur agrégé d’Histoire, il enseigne en Algérie puis en France. Il participera à la 2de Guerre mondiale, il sera fait prisonnier en 1940, relâche en 1945. Il dispense des cours d'histoire à ses camarades détenus et il commence la rédaction de sa thèse principale. Les fiches et les notes qu'il a accumulées par milliers dans les années 1930 sont mises en sécurité par son épouse Paule Braudel et c'est donc en se fiant à sa seule mémoire qu'il met par écrit tout son savoir sur la Méditerranée à l'époque de Philippe II

L'apport fondamental de son œuvre réside dans :
· l'inversion volontaire de l'objet étudié (la Méditerranée au détriment de Philippe II) par rapport aux canons de l'histoire politique dominante alors ;
· la mise en œuvre d'une nouvelle approche de la temporalité historique.
Il divise ce temps en trois parties :
· l'histoire presque immobile, dont les fluctuations sont quasi-imperceptibles, qui a trait aux rapports de l'homme et du milieu
· l'histoire lentement agitée, une histoire sociale, ayant trait aux groupes humains ;
· l'histoire événementielle, celle de l'agitation de surface.

Cette démarche s'inscrit donc dans la continuité du combat de Marc Bloch et Lucien Febvre contre l'histoire uniquement événementielle. Pour cela, elle place en premier la géographie, avant l'économie, le politique ne venant qu'à la fin.
Sa deuxième grande œuvre est : Civilisation matérielle et capitalisme. Dans cette œuvre, il montre que le monde de l’échange se trouve strictement hiérarchisé : des métiers les plus humbles jusqu’aux négociants capitalistes. Fernand Braudel oppose les trois termes suivants : vie matérielle, vie économique et capitalisme.
- Vie matérielle : marquée par les balbutiements d’une économie d’échange (1400 à 1800 en occident) qui réalise le lien entre production et consommation. Une grande part de la production se perdant dans l’autoconsommation.
- Vie économique : marquée par une économie de marché organisant la production et orientant (‘commandant’) la consommation et se distinguant en 2 formes d’échanges :
- la première forme est caractérisée par un commerce réglementé, loyal, transparent, terre à terre et fonctionnant sous le régime de la concurrence. Il s’agit d’un marché public traditionnel circonscrit au marché intérieur.
- la seconde, véritable contre marché, fuyant la transparence et le contrôle et cherchant à s’absoudre des règles du marché traditionnel est marquée par des échanges inégaux et prédomine dès que l’on s’élève dans la hiérarchie des échanges. Elle s’organise"au loin", dégage d’importants profits et est détenue par une minorité de personnes.
- Capitalisme : système vivant sur le marché dont il est la partie supérieure ou la seconde forme d’échange et non lié à la production, dans le sens où il ne crée pas de mode de production qui lui serait propre. La recherche des bénéfices prend le pas sur l’organisation des marchés.

Charly
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