Partie 3 : Et maintenant ?

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Partie 3 : Et maintenant ?

Message  Admin le Mer 14 Jan - 23:34

Chapitre 9 : la morosité :


1) Les revendications :
Le thème majeur des revendications au cours des années 1946-1975, ont été le pouvoir d’achat des salaires, la réduction de la durée de travail et l’égalité des revenus. Les deux premier sont typiques du grand espoir millénaire et se sont épanouis pendant les Trente glorieuses. Les revendications sont une contrepartie à la puissance patronale. Toutefois, les syndicats français doivent avoir une certaines conscience des lois élémentaires de l’activité économique afin de ne pas éreinter une entreprise dans l’intention de la rendre plus féconde. La grève a eu une place importante pendant les Trente glorieuses, mais elle n’a plus d’action réelle sur le niveau de vie ou sur le temps de travail.
La revendication d’égalité a pris une voie moins classique que la précédente. Dans les années 1970, la France a été présenté comme le pays dans lequel les inégalités étaient les plus fortes au monde. Toutefois, de tels propos sont exagérés.

2) L’inégalité et le sentiment d’injustice :
D’une manière générale, l’éventail des salaires s’est restreint en 40 ans autant que dans les 140 années antérieures. Au train ou vont les choses, un ouvrier spécialisé débutant vers 1970 et restant ouvrier spécialisé toute sa vie aura acquis avant sa soixantième année un pouvoir d’achat supérieur à celui qu’à gagner depuis son entrée en service un conseillé d’Etat prenant sa retraite en 1970.
Mais le sentiment d’injustice et le problème des exclus de la croissance et du progrès sont, toutefois assez graves.

3) L’insatisfaction :
On peut se demander si cette sensibilité pour les inégalités qui étaient autrefois beaucoup plus fortes n’est pas la manifestation d’un malaise plus général et plus profond. A mesure que le niveau de vie et que l’Etat sanitaire de la population s’élevait, une vive sensibilité à l’égard des exclus s’est développée. On ne ressent plus comme une fatalité mais comme une injustice sociale et politique la présence de ces exclus. En conséquence, seul le mort est resté sans droit social.
Il existe également de très vive compétition. 75% des français estiment ne pas avoir le revenu normal ou équitable mais tous estiment qu’il ne suffirait d’une hausse que de 10% pour accéder à la « normal ». Ces réponses sont tant données parmi les salaires de 2000€ que de 8000€.
Tant de choses ont changé que les notions de possible et d’impossible se sont évanouies. Tout parait possible et le changement est vu comme naturel.

4) Les insatisfactions du cœur :
L’homme moyen d’aujourd’hui prend conscience du vide de son cœur et de ses mains. Dans les années 1890, 1900, la France était gaie. Les français avaient certes la pauvreté mais aussi l’entrain, la faculté d’admiration et d’enthousiasme et l’ardeur de vivre. Aujourd’hui, fini la pauvreté et bienvenu à la consommation de biens et de services, d’informations et de voyages : « à 16 ans on a déjà tout vu », « métro, boulot, dodo ».

5) L’inquiétude :
On attendait trop du grand espoir du XXème siècle. Ce n’était qu’un grand espoir économique qui portait sur fait de production, de consommation, de durée du travail, d’hygiène, de niveau de vie. La misère, la pauvreté ne paraissaient-elles pas le seul obstacle à la plénitude de vie, au bonheur. On a oublié l’harmonie et la grâce, l’aménité, le dévouement, la vertu… Que feront les hommes quand ils seront tous riches ? Que feront-ils quand la société sera juste ?
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Chapitre 10 : La fin des temps faciles :

Message  Admin le Jeu 15 Jan - 19:07

Chapitre 10 : La fin des temps faciles :
L’économie française dans le monde des années 80 :


On peut résumer la pensée latente d’une majorité de Français au début des années 70 en disant que du moment qu’un très grand progrès économique a été réalisé de 1950 à 1972, ce progrès doit se poursuivre et s’accélérer. C’est seulement depuis 1973 que bon nombre de gens commencent à s’apercevoir que le progrès ne va pas de soi, que l’économie nationale est une machine complexe et fragile, et que tout n’est pas possible.

A) La situation de base :
Le niveau de vie des français place la France au 10ème rang des 160 nations entrant dans les statistiques de la banque mondial. Ce niveau de vie est le trois quart de celui des Etats-Unis et au moins 50 fois supérieur à celui des masses du tiers monde. La productivité de l’heure de travail est en France l’une des plus hautes du monde. Il y a également eu d’immense progrès des techniques de production, de l’organisation du travail et des entreprises. Tels sont les points forts de la situation économique de la France.

B) La fin des temps faciles :
L’Occident ne connaitra plus, d’ici des lustres, un progrès économique comparable à celui qu’il vient de vivre pendant ce quart de siècle. Les raisons de ce changement sont mondiales, en ce qui concerne la France, s’ajoute des facteurs nationaux.

1) La situation mondiale :
De 1945 à 1973, l’économie française a été entrainée et valorisée par la croissance de l’économie occidentale. Le progrès des techniques de production a permis d’accroître la production agricole, industrielle et tertiaire. Une consommation croissante absorbe cette production. Aujourd’hui, des facteurs de blocage ou du moins de freinage sont apparus.
Le premier est la rareté relative de l’énergie et des matières premières. Les Etats-Unis et l’occident absorbe pour une minorité d’habitants la majorité des ressources de la planète. Trois autres facteurs freinent la France : L’industrialisation de certains pays du tiers monde, la désorganisation du commerce international et la désorganisation du système monétaire international.

2) La situation économique en France :
On peut ranger les facteurs de faiblesse de la France sous quatre chefs :
Des coûts salariaux trop élevés pour le niveau moyen de productivité. D’autre part, le commerce extérieur est presque constamment en déficit, en effet alors que les importations sont nombreuses de part la dépendance énergétique du pays, les exportations portent souvent sur des produits que beaucoup d’autres pays savent produire. Ensuite, notre industrie est mal préparée au temps difficiles : une politique trop sensible au court terme rend plus difficile la nécessaire adaptation au long terme. Plus généralement enfin, l’économie française souffre sérieusement du manque de connaissances économiques du peuple français. Sans dans des luttes politico-sociales, le long terme s’en trouve sacrifié.
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