La IVème République

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La IVème République

Message  Admin le Mar 20 Jan - 21:32

La IVème République :


Elle est mal aimée dans l’histoire de France : incapable de gérer la décolonisation, responsable de mai 1958. Peut-on parler de suicide ? De mort de faiblesse ? Cette république est marquée par l’instabilité ministérielle puisqu’en 12 ans, elle a connu 20 gouvernements. Elle a existée dans un monde bipolaire, celui de la guerre froide, qui s’est mis en place en 1947 avec les doctrines Truman et Jdanov. L’une prévoit l’endiguement du communisme, l’autre l’aide aux partis communistes dans le cadre du Kominterm. Il est nécessaire de se ranger soit à l’abri de l’URSS soit des Etats-Unis.
Toutefois, cette République, dans cette période difficile, assure deux éléments : Elle est à l’origine de la déclaration Schuman du 09/05/1950 et de la construction européenne. Elle est à l’amorce des Trente glorieuses dont la croissance, surtout dans les années 60 est d’environ 5,6 par ans en moyenne. Le pays commence à devenir riche. Cette France a mis en place la 3ème semaine de congés payés, le SMIG.
La IVème République va être confronté au gaullisme. En 1947 est fondé le Rassemblement du Peuple Français. On remarque l’appellation qui évite le terme de parti, chez les gaullistes on parle toujours d’union ou de rassemblement. En effet, le gaullisme se veut au-delà des clivages habituels. Le RPF (un million d’adhérents) va être très puissant aux municipales de 1947. Chaban-Delmas prend la mairie de Bordeaux.
A cette époque, le tripartisme correspond au visage politique de la France. Le PCF, la SFIO et le MRP se partagent le pouvoir. De Gaulle dénonce ce tripartisme, il a des hommes à lui : Malraux ou Soustelle. Pour arriver au gaullisme, de Gaulle s’est appuyé sur le monde professionnel, on devient compagnon du parti. En avril 1948, une sorte de messe est organisée, les anciens combattants viennent parler, on distingue un mini culte de la personnalité. Le RPR se crée après les élections de 1946, ses membres peuvent faire parti d’un autre parti en même temps. En février 1949, Mauriac dirige un journal gaulliste : « la liberté de l’esprit », ce journal est plus culturel que politique. En juillet 1948, De Gaulle avait lancé l’idée d’une association entre le capital et le travail, il a une vision sociale. En 1949, lors des élections cantonales, le RPF obtient 32%.
Est-il possible de changer de régime sans sortir de la légalité ? Comment tenir les troupes sans échéance électorale ? De Gaulle peut-il passer les Rubicon ? En 1949, il n’a pas l’air de vouloir agir, Malraux le critique. On assiste alors à un désistement des français pour le RPF. La double appartenance est interdite. De plus l’attitude qu’adopte De Gaulle face à l’entrée de la France dans l’OTAN est ambigüe puisqu’il se dit contre les américains et pour l’indépendance de la France mais ne partage pas les idées soviétiques. Il est de plus critiqué par les patrons pour ses idées sociales. Finalement, à la veille de 1951, plus que 350 000 personnes sont au RPF, la presse gaulliste se vend mal. La loi électorale de 1951 est faites pour désavantager De Gaulle. En effet pour les législatives, le scrutin est proportionnel avec apparentement. En d’autres termes, les listes peuvent se regrouper avec le scrutin, l’alliance ne vaut pas pour le programme mais pour la répartition des voix. De Gaulle et les communistes sont mis de coté. En effet, en 1947, les communistes refusent de voter les crédits militaires de la guerre d’Indochine. Paul Ramadier les renvoie, ils passent donc dans l’opposition, les gaullistes deviennent la troisième force. Une alliance des partis qui acceptent la IVème force apparait : SFIO, radicaux, MRP. Le CNI est créé en 1951 : le centre national des indépendants par A. Pinay. Le CNI va tuer le RPF qui disparait en 1953. Pinay est un homme de droite, un homme du franc. C’est le début de la traverser du désert du gaullisme qui commence en 1953. En janvier 1947, avant la rupture des communistes, Auriol, homme de la SFIO est élu président de la République.
Le PCF est un parti téléologique, il explique le monde. Il vous dit ce qui est bien et mal : les patrons sont des salauds, les américains des impérialistes, l’Etat au service des bourgeois et la décolonisation est à prôner. En 1950, l’appel de Stockholm, fomenté par l’URSS appelant à la paix a été signé par Chirac. De grandes grèves ont lieu en 1947 contre la France bourgeoise. La CGT se divise, la CGT-FO nait, elle ne s’allie pas avec le PC. Une fois les communistes dans l’opposition, ils vont taire ce qui se passe en URSS, les rafles de Staline qui fait déjà déporter des juifs. Ceux qui parlent sont exclus du parti. En 1949, les communistes fêtent les 70 ans de Staline et les 50 de Thorez. En 1950, suite à une attaque de Thorez, J. Duclos prend sa place. En 1951, les communistes obtiennent 26% des voix aux élections législatives et 95 sièges. Le RPF a 21% des voix et 106 élus.

Pourquoi la IVème République est-elle une République mal aimée ?

Elle succède à la libération. Cette République est marquée par l’instabilité. Elle connait deux projets constitutionnels. Celle de 1946 a été adoptée par une faible majorité. L’assemblée a un rôle prépondérant car elle investit le président du conseil. Elle est élue à la proportionnelle, il est difficile de dégager une majorité claire, le recours aux alliances est donc courant (tripartisme de 1946 à 1947 puis triple alliance de 1947 à 1951). Il est, en outre, très difficile de dissoudre l’assemblée.
Cette république est en plus confrontée à la conjoncture politique internationale.
La guerre froide (confère texte sur l’année 1947) et la décolonisation (l’Indochine de 1946 à 1954, la Tunisie et le Maroc en 1956 et l’Algérie à partir de 1954.
Elle a des ennemis coriaces qui vont lui faire sa réputation à postériori. Les gaullistes et les communistes répandent une analyse de la IVème non viable. Le poujadisme apparait en 1955, à cette date, le régime parait bloqué, Edgard Faure est en difficulté à cause de la guerre d’Algérie. En 1954, René Coty a remplacé Auriol, celui-ci demande une dissolution de l’assemblée nationale le 02/12/1955. Il fallait que de nombreuses conditions soient réunies pour pouvoir faire cette dissolution : la législature a plus de 18 mois, le gouvernement a plus de 15 jours et une crise ministérielle a éclaté lorsque l’assemblée a refusé l’investiture à Faure (2ème crise ministérielle de ce type). C’est la première dissolution depuis celle de Mac Mahon en 1877. On compare alors Faure à Badinguet qui avait permis le coup d’Etat de Louis Napoléon le 02/12.
Les élections devaient avoir lieu 6 mois plus tard, les partis sont donc prêts. Les citoyens sont donc appelés aux urnes le 02/01/1956. Il n’y a plus de RPF, Faure pense que les communistes vont être mis en difficulté. Un front républicain se met en place, la SFIO de Guy Mollet, les radicaux de Mendès France, l’UDSR (union démocratique socialiste de la résistance) avec Mitterrand et les républicains sociaux de Chaban-Delmas, les gaullistes. En face, une coalition gouvernementale apparait : on y trouve le CNIP avec Pinay, la tendance radicale non mendésiste de Faure et le MRP.
L’union de défense des commerçants et artisans de Pierre Poujade sort du chapeau. Il présente des listes d’union et solidarité française. Il lance un mouvement antifiscal. Le plus jeune député de Poujade s’appelle Jean Marie Le Pen (né en 1928), il a donc 28 ans.
Ces élections sont les dernières de la IVème République, 593 sièges sont à répartir. 150 élus PC, 208 pour le front républicain, 83 pour le MRP, 93 pour le CNIP et 52 pour les poujadistes.
La IVème laisse une impression d’incapacité, la France aurait perdu son rang (Suez et l’Algérie). Néanmoins, elle a été porteuse de modernité sur trois points :
• La modernité sociale, mise en place d’un Etat providence, 3 semaines de congés payés et le SMIG. Les français comprennent qu’il fait faire des enfants, c’est le début du baby-boom.
• La modernité économique, l’intervention de l’Etat est plus courante avec les plans, les nationalisations, la relance de la production avec l’aide américaine. C’est la première étape des Trente glorieuses.
• La modernité européenne, la dynamique de construction européenne est amorcée sous la IVème. La CECA de Schuman (MRP) et de Jean Monnet est mise en place au traité de Paris, le 9 mai désormais fête de l’Europe.

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