Les relations franco-allemandes de 1945 à nos jours

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Les relations franco-allemandes de 1945 à nos jours

Message  Admin le Mer 4 Mar - 20:35

Les relations franco-allemandes de 1945 à nos jours :


Peu de pays ont des relations aussi étroites. Cette collaboration a joué un rôle essentiel dans la construction européenne. En 1963, le traité de l’Elysée constitue le socle des relations franco-allemandes. La collaboration n’est pas forcément évidente, la réunification à reconfiguré ces relations.

I) De 1945 à 1963 : De l’occupation à la réconciliation :

1) Les projets français sur l’Allemagne occupée et leur échec :


De Gaulle signe avec Staline un pacte défensif contre l’Allemagne. La France a des objectifs territoriaux sur l’Allemagne et demande le soutien de Staline qui n’est pas très coopératif. La France, en signant la déclaration de Postdam émet des réserves sur l’unification et les frontières allemandes : elle veut récupérer la Sarre. De Gaulle est rapidement méfiant vis-à-vis de Staline. En France, certains ne partagent pas le point de vue de Charles de Gaulle et pensent que la priorité est avant tout la construction européenne. C’est le cas de Jean Monnet.
Alors que le contexte de guerre froide se développe, la pression contraint la France à accepter la fusion de la zone occidentale d’Allemagne. Le coup de Prague ouvre les yeux des dirigeants français. En 1949, l’OTAN apparait comme une protection tant contre les soviétiques que contre les Allemands pour les français. En échange de cette sécurité, la France accepte (elle n’avait guère le choix) la création de la RFA.

2) Les relations franco-allemandes, au cœur de la construction européenne :

Des gens, comme Schuman, voient que la France doit changer sa politique vis-à-vis de l’Allemagne. En 1950, la déclaration Schuman renforce les liens entre l’Allemagne et la France sur la question du charbon et de l’acier : c’est la première construction d’un petit ensemble européen. En 1951, apparait la CECA
Les Etats craignent que les deux Allemagnes rentrent en guerre, à l’image de la Corée. Le gouvernement français décide donc de prendre au sérieux le réarmement allemand. Nait le projet de CED, les députés français vont le refuser de peut d’abandonner une partie la souveraineté. En 1955, l’Allemagne rentre dans l’OTAN.
La France va rebondir sur la question de la construction européenne : les traités de Rome sont signés en 1957. Mendès France règle avec Adenauer la question de la Sarre, qui reste allemande, par un référendum.
La question allemande est indissociable des relations européennes. Lorsque De Gaulle arrive au pouvoir, les pro-européens ont peur mais il accepte les démarches et rencontre rapidement Adenauer. Le 22 janvier 1963, le traité de l’Elysée marque un point de départ.

II) 63-74 : les débuts chaotiques de la coopération franco-allemande :

1) Le traité de l’Elysée :

Quels mécanismes ? Quel contenu ?
Ce traité met en place des mécanismes de rencontres régulières des ministres des affaires étrangères, des chefs d’Etats, des ministres de l’éducation et des chefs d’Etat major. La dimension économique n’est pas prise en compte.

2) La mise en œuvre inégale du traité :

De Gaulle s’entend bien avec Adenauer mais moins bien avec Erhard ou Kiesinger. Des opposants allemands au traité vont y faire ajouter que le rapprochement franco-allemand ne peut se faire au détriment des relations avec les autres pays et notamment avec les Etats-Unis. De Gaulle n’est pas tout à fait satisfait.
Dans la pratique, ce traité fonctionnera surtout sur le plan de la jeunesse. En parallèle, la France a rejeté l’admission de la Grande-Bretagne.

III) Le moteur franco-allemand au service de l’Europe :

1) Le binôme VGE-Schmidt :


Avec ces deux personnalités vont faire avancer la collaboration qui prend un rythme de croisière. Il se rencontre une trentaine de fois. Cette collaboration devient fondamentale dans la construction franco-allemande.
- 1974 : Conseil européen.
- 1979 : Election du parlement au suffrage universel direct.
- 1979 : SME.

2) Le binôme Kohl-Mitterrand :

Les liens se resserrent encore davantage. La solidarité entre Paris et Bonne devient nécessaire. Kohl a besoin des français sur la question des euromissiles (il obtient le soutient de Mitterrand en 1983). Les français ont besoin des Allemands sur la question monétaire.
Delors est nommé président de la commission européenne. De 1984 à 1989, les relations franco-allemandes acquièrent une dynamique nouvelle : les domaines de coopération d’élargissent à la culture (Arte) et à la défense (conseil franco-allemand de défense et de sécurité, création de la brigade franco-allemande).
Le rôle moteur dans la construction européenne continue. Maastricht constitue une nouvelle étape vers l’union économique et monétaire. Kohl et Mitterrand se sont rencontrés une centaine de fois.

IV) 1990-2009 : Reconfiguration des relations :

1) Les relations franco-allemandes à l’épreuve de la réunification :


On a reproché a Mitterrand d’avoir été prudent à la suite de la tombé du mur de Berlin. Il craignait qu’une réunification trop rapide provoque une réaction de l’URSS. Il a aussi en tête la question des frontières, quelles modifications ? La réunification de l’Allemagne ne doit pas se traduire par une nouvelle hégémonie de celle-ci, il faut donc l’arrimer à l’Europe. En effet, l’Allemagne redevient très puissante et se déplace vers le centre de l’Europe. Ses intérêts changent : il existe des divergences qui apparaissent entre les partisans du fédéralisme et ceux de l’inter gouvernementalisme.
La réunification est un but de la loi fondamentale allemande : c’est ce qu’énonce la doctrine Hallstein. Cet axe de politique étrangère fait refuser à la RFA toute relation diplomatique avec les pays de l’Est qui ont des relations avec la RDA, l’une et l’autre revendiquant la souveraineté sur l’ensemble du territoire.
Le couple Chirac-Schröder fonctionne moins bien que le précédent. Les relations sont un peu plus distantes même si les rencontres ont toujours lieu.

2) Un aménagement des structures de consultation en 2003 :

Les réunions formelles n’aboutissant pas à grand-chose, les réunions informelles sont plus nombreuses. Des secrétaires généraux (1 par Etat) assurent une coopération régulière entre la France et l’Allemagne. Il y a aussi des rencontres au niveau législatif.
Des sujets sur lesquels les pays divergent existent : la place du nucléaire en Europe, le financement de la PAC.

3) Au niveau local : les expériences de coopération :

Il existe environ 22 000 jumelages franco-allemands et donc une forte coopération transfrontalière (Paris-Berlin, Lyon-Francfort, Marseille-Hambourg, Lille-Cologne, Bordeaux-Munich). Il existe aussi des jumelages de département, de régions.
L’organisation inter-reg subventionne les projets d’intégration entre voisins.

Bilan :

Adenauer : « Je suis persuadé que le traité de l’Elysée restera dans l’histoire comme l’un des plus importants et des plus significatifs de l’après-guerre, qu’il jouera un rôle bénéfique pour les 2 peuples, pour l’Europe et pour la paix dans le monde ».
Au niveau de la réconciliation entre la France et l’Allemagne, l’objectif est atteint. Peu de pays ont élaboré un tel niveau de coopération. La collaboration est efficace : il existe une volonté d’élargir le champ de compétence dans le domaine de la défense. La société civile a une sensibilité pour la question franco-allemande.
1990 est une étape car la France doit apprendre à coopérer d’une manière nouvelle puisque l’Allemagne est nouvelle. La solidité du tandem franco-allemand va dépendre de plus en plus de leurs relations au sein de l’Union européenne.
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