Le septennat de VGE

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Le septennat de VGE

Message  Admin le Lun 23 Mar - 19:20

Le septennat de Valéry Giscard D’Estaing :


Son septennat s’ouvre sur la mort de Pompidou et devra affronter la crise. Il se termine sur 1981 et l’arrivée de Mitterrand.
Il est né le 2 février 1926 à Coblence en RFA. Il est le fils d’Edmond, inspecteur des finances, il n’est pas fils du peuple même si D’Estaing est une noblesse récente. Sa mère s’appelle May Bardoux, elle-même petite fille du premier Bardoux, ancien ministre de l’instruction publique et fille de haut fonctionnaire. C’est un héritier, il a une nurse allemande. Il ne va pas à l’école, sa mère lui donne l’instruction primaire, il a un cours de bonne manière. Il est scout, fait du piano, un bon petit bourgeois… Il est reçu 6ème à polytechnique en 1942, il est intégré à ENA. En 1948, il devient inspecteur des finances. En 1952, il se marie avec Anne-Aymone de Brantes, arrière petite fille d’Henry Scheider, princesse de Faurigny-Lucinges, descendante de Charles X. Son nom à particule a été autorisé en 1922 par le conseil d’Etat. Il a du mal à « faire peuple ». La famille de sa femme a été maréchaliste, le sénateur Jacques Bardoux a voté les pleins pouvoirs en 40. Giscard, qui à 18 ans en 44 s’engage toutefois dans la première armée de De Lattre de Tassigny. Il n’est pas un « planqué ».

I. Retour sur sa carrière politique.

Elle débute en 1954 auprès du ministre des finances Edgard Faure dans le cabinet Mendès France, homme de Gauche. En 1955, quand Edgard Faure devient président du conseil, VGE devient directeur adjoint du cabinet. En janvier 1956, il devient député du Puy de Dôme, il reprend le siège de son beau-père, sous l’étiquette du CNI. Il fonde avec les gens de son âge un intergroupe des députés de moins de 40 ans : Bonnet, Fontanet, Dumas. Il essaie de moderniser la vie politique. En 1958, arrive de Gaulle, il devient secrétaire d’Etat aux finances puis ministre des finances. Cette période 62-66 est décisive dans la vie politique de VGE. Il fonde les Républicains Indépendants. En 1965, il fonde un club : « perspective et réalité » qui existe encore aujourd’hui. Les RI ont 32 député en 1962 et 62 en 68. Il a un nouveau style : il est compétent, spécialiste d’économie. Il a un côté anglo-saxon, apprécié. Il a un côté Kennedy et sportif, il fait du tennis, il chasse (en Afrique, en Pologne). Il est l’image de cadre dynamique. C’est un homme qui veut désidéologiser la France, il se veut au-delà du clivage droite-gauche, il se veut centriste. Il voudrait rassembler deux Français sur trois qui défendrait les valeurs du centre. Il veut décrisper la France. Il est vu comme quelqu’un de compétent, très libéral, il lance le plan de stabilisation de 1963 contre l’inflation.
Les années 66-74 :
Les années du prétendant. Il a fixé son objectif sur les élections présidentielles de 1972. En 1966, les RI deviennent la fédération nationale des républicains indépendants. Pompidou l’écarte du pouvoir en 1966. Il doit passer à la vitesse supérieure. Il a comme objectif les échéances de 1972. Il s’entoure de Lecanuet, du centre démocrate, il joue la carte de l’Europe. On commence à parler de Giscardiens en France. VGE est un excellent communiquant. En 1967, il laisse entendre que de Gaulle dérape, aux législatives de 1967, il met une nuance à son soutient au général de Gaulle. En avril 1969, il appelle à voter non : les gaullistes ne lui pardonne pas, rupture entre gaulliste et Giscard. Il va soutenir Pompidou et redevient, entre 69 et 74, ministre des finances. Le renvoi de Chaban-Delmas lui ouvre des portes, la mort de Pompidou est une bénédiction. VGE descend Chaban-Delmas, Chirac le trahit en 1974 et rejoint VGE.
Pourquoi est-il élu ? Thème « changement sans la rupture et sans risque ». Il est le plus jeune candidat. C’est un homme intelligent, il a compris le malaise de 68. Les gens ont peur des soviétiques. Il a compris qu’il fallait des réformes sociétales. Il met en scène sa famille, sa femme et ses filles. Il a ce coté moderne. Il passe très bien à la télévision, n’hésite pas à jouer de l’accordéon. « Je veux regarder la France au fond des yeux ». Il n’a pas la machine gaulliste, un peu vieille, il la contourne avec le déplacement sur le terrain, joue au foot, de l’accordéon.

II. Un septennat en deux temps :

Les années 74-76 :
D’abord : recherche de modernité  Remonté à pied des champs Elysée le jour de l’intronisation. Il ne site pas ses prédécesseurs, il impose un style, il fait des causeries à la télévision, s’invite chez les français moyens. Il prend son petit déjeuner avec les éboueurs. Il fait changer le rythme de la marseillaise. Cela va dans le sens d’une société libérale avancée. Il est élu le 19 mai avec 50,81 % des voix (400 000 voix d’écart).
La modernité dans le gouvernement : Le gouvernement est présidé par Jacques Chirac, un « jeune » de 41 ans. On y retrouve, parmi les 16 ministres 5 UDR (gaullistes), beaucoup d’amis personnels de VGE (Poniatowski, Bonnet, d’Ornano). Il y a aussi des centristes (Lecanuet, Haby, Durafour). Cependant, la chambre des députés est celle de 1973 à majorité UDR. VGE ne l’a pas dissoute.
La modernité par la réforme : La majorité passe à 18 ans. Le 04/06/75, passe le divorce par consentement mutuel et le 19/12/74, la loi Veil. Ces réformes répondaient à une attente importante. Il y a aussi des réformes institutionnelles comme l’ORTF (TF1 + Antenne 2 + France 3 + Radio France + INA + TDF + SFP). Il est aussi désormais possible de saisir le conseil constitutionnel avec la signature de 60 députés ou 60 sénateurs. Enfin, il y a les réformes structurelles comme la réforme Haby du collège unique. Tous les enfants vont rentrer dans la même classe : en conséquence, on assiste à un déversement des familles les plus aisées dans le privé.

Cette modernité prend fin avec la crise économique. Le 15 aout 1971, c’est la fin de la convertibilité du dollar en or. Le dollar perd de sa valeur et le pétrole est libellé dollar. Les producteurs de pétrole (comme Kadhafi) réclament une hausse du prix du pétrole. Avec la guerre d’octobre en 1973, Les pays de l’OPEP décident d’augmenter les prix. Le baril passe d’environ 2 à 12 dollars.
La crise prend de la profondeur en 1976, date à partir de laquelle Chirac va devoir arrêter les réformes. VGE décide, face à la crise, l’autorisation administrative de licenciement. L’opposition dénonce fermement cette décision.
On découvre également pendant ces années la bipolarisation de la vie politique française. VGE a face à lui l’union de la gauche, il veut toutefois prendre ses distances avec la gauche. En 1971, au congrès d’Epinay, Mitterrand a pris le parti socialiste. Désormais, il y a une vraie force à gauche (PS+PC). Les gauchistes sont divisés et à droite, le FN est marginal. La France est bipolaire.
Les choses se dégradent le 25/081976, quand Chirac démissionne sous prétexte d’un manque de moyen pour exercer ses fonctions. C’est la première fois qu’un 1er ministre démissionne librement. Cette rupture a une importante charge symbolique. Mr Barre devient premier ministre. Il est qualifié de Joffre de l’économie. En décembre 1976, Chirac, en vu des élections de 1981 crée le RPR. VGE fonde l’UDF qui regroupe tous les petits partis du centre droit.
VGE est un libéral, il veut une République populaire, qui s’accompagne d’une société « décrispée ». Il a foi dans le progrès et la croissance.

De 76 à 81 :
Cette période est contemporaine de :
La crise économique qui s’abat sur la France, une guerre à droite, l’enlisement des réformes et une dérive qui aboutit à la disgrâce.
• La crise : Elle est mondiale. En 1976, à la crise de la Jamaïque, est décrété que l’or n’est plus une monnaie. En 1979, le deuxième choc pétrolier aggrave la situation. Cette crise fait naitre la stagflation (pas de croissance mais de l’inflation). Que faut-il donc faire ? Lutter contre le chômage ? Oui mais l’inflation augmente. Ou lutter conte l’inflation ? Oui mais ralentissement de la croissance. Seul le Japon résiste, les petros-dollars se multiplient.
• Les tensions à droite : VGE affronte les cantonales en 1976, la gauche renforce sa position. En 1977, aux municipales, la gauche remporte 2 tiers des villes de 30 000 habitants et plus. Chirac devient toutefois maire de Paris. En 1978, pour les élections législatives, VGE prononce son discours de Verdun-sous-le-Doux. Il demande au Français de faire le bon choix. Et contre les attentes, l’UDF remporte 124 députés et le RPR 154. C’est donc une victoire de la droite. En 1979, aux européenne, alors qu’il est à l’hôpital, Chirac fait l’appel de Cochin. IL dénonce Giscard comme le parti de l’étranger. Il prend position contre l’Europe, fidèlement à de Gaulle. L’Udf remporte 27% des voix et le RPR 16%. Les deux dernières élections sont donc une victoire pour VGE.
• L’enlisement des réformes : Il vient de la crise économique. Le RPR ne joue pas le jeu législatif, VGE fait beaucoup usage du 49.3. VGE fait passer le programme électronucléaire. En 1977 avec la crise du surgénérateur de Creys-Malville le mouvement écologiste connait ses débuts. Le grand chantier du TGV est lancé en 1975et aboutit en septembre 1981. On lui attribue aussi le chantier de la télécommunication. VGE va faire une relance de l’Europe. Il lance avec Schmitt le SME, l’ancêtre de l’euro. VGE ne modifie pas le septennat. Il essaie de réformer le 1er cycle universitaire mais échoue. Il échoue également sur le projet sécurité liberté qui prévoyait une hausse des contrôles d’identité.
• Les dérives : L’impopularité de VGE commence à partir de 1976. R. Barre ne trouve pas de réponse à la crise mis à part le blocage des salaires. En 1980, on compte 1,7 millions de chômeurs et 13% d’inflation. La dérive aristocratique et conservatrice de VGE commence à énerver les français. La disgrâce s’accélère en 1979. Le 24 octobre 1976, Jean de Broglie est assassiné, le 1er février 1980, Joseph Fontanet l’est également. Le 24 octobre 1979, M. Boulin, est retrouvé « suicidé » dans une flaque d’eau. Le canard enchainé sort l’affaire des diamants de Bokassa. VGE a touché 1 million de francs, il confirme en nuançant sur la valeur des diamants. Le cumul converge sur 1981.

Conclusion :
VGE fait une tentative de gouvernement au centre. Il n’a pas su comprendre ce que les français attendaient d’un président. En 1981, VGE a 55 ans, il va essayer de revenir toute sa vie. Il coure toujours.

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