De la coexistence pacifique à la détente (1953-1976)

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De la coexistence pacifique à la détente (1953-1976)

Message  Admin le Mar 14 Avr - 19:18

De la coexistence pacifique à la détente (1953-1976) :


I) La coexistence pacifique (1953-1962) :

On reste dans la guerre froide même si la mort de Staline amorce un virage. En même temps, le tiers-monde émerge.

1) 1953-1955 : Apaisement des tensions ;

A) L’évolution politique des deux grands :
En 1953, outre la mort de Staline, l’URSS obtient la bombe H. Elle rétablit le rapport de force avec les Eu. Les deux puissances vont moins s’affronter, l’équilibre se rétablit.
Au début, Khrouchtchev n’est pas seul à diriger. Il est avec Malenkov. Khrouchtchev reprend une expression de Lénine, la coexistence pacifique, ce qui est différent de la paix. L’existence de l’autre doit être acceptée. Du coté américain, c’est l’arrivée de Eisenhower, il met en place une politique ferme, son secrétaire d’Etat, Fuster Duller, est anticommuniste. Il parle de roll-back ainsi que de représailles massives. Cette doctrine donne une dimension dissuasive et permet un gain de finance de part l’inutilité des troupes conventionnelles. Tous les pays du bloc occidental sont protégés.

B) Le règlement des conflits asiatiques :
Staline était très ferme vis-à-vis de la Corée. Khrouchtchev et Malenkov le sont moins. Le 27 juillet 1953 est signé l’armistice. (820 000 victimes coréennes, 34 000 américains et 200 000 chinois). Les bombardements intensifs ont provoqués de lourds dégâts. Politiquement, aucun des camps n’a gagné. Pour les EU, la menace est contenue mais pas refluée. La guerre de Corée met en évidence que l’URSS a fait de gros progrès en char et en aviation surtout. La Corée a servi d’expérience pour les armes (notamment bactériologique).
C’est la fin de la guerre d’Indochine. L’URSS, en aout 1953, propose une conférence aux problèmes d’Extrême-Orient. En 1954, la conférence de Genève (Eisenhower, Boulganine, Macmillan, Faure) entérine la défaite française et met en place un esprit de Genève. L’Indochine est divisée en 2 au niveau du 17ème parallèle. Des élections libres doivent être organisées.
Les relations entre Taiwan qui a signé en 1954 un traité de coopération avec les EU) et la Chine populaire sont tendus. L’Asie orientale, dans les années 1950, est parcourue par une ceinture idéologique américaine.

C) La poursuite de l’extension des réseaux d’alliance :
Le pacte de Varsovie, le 14 mai 1955, intègre toutes les démocraties populaires d’Europe sauf en Yougoslavie. La chine s’aligne sur l’URSS. La CED aboutit sur un échec, les européens créent alors l’UO en 1954 (l’union de l’Europe occidentale). En 1955, la RFA, entre dans l’OTAN. La RFA obtient le droit de réarmer. Les Eu continuent leur politique de pactes, surtout en Asie. Les régimes dans ces pays sont autoritaires. L’OTASE est un traité qui uni les pays d’Asie du sud-est. Le pacte de Bagdad est signé au Moyen-Orient, au moment ou l’Egypte se rapproche de l’URSS.

D) Des résultats inégaux de la coexistence pacifique en Europe :
L’URSS signe la fin de l’état de guerre avec l’Allemagne.
L’Autriche n’est plus occupée et intègre l’ONU en 1955.
En Allemagne, aucune solution n’émerge à long terme.

2) L’année 1956 :
Dans le contexte de coexistence pacifique, l’URSS et les EU considèrent que c’est à eux de gérer le monde ensemble. Ils s’interdisent l’ingérence dans la sphère d’influence de l’autre. Les EU refusent d’intervenir à Budapest le 10 novembre 1956, mise à part une action diplomatique. Le condominium s’illustre avec la crise de Suez. En juillet 1956, Nasser s’attaque à un symbole fort en nationalisant le canal de Suez. Le 29 octobre, Israël attaque le Sinaï, la semaine suivante, les troupes britanniques et françaises lancent les opérations par la mer et le ciel. Les EU et l’URSS vont faire pression pour le retrait des troupes françaises et britanniques. Pour ces deux puissances, c’est une défense diplomatique. La France décide d’assoir son indépendance et lance le programme nucléaire. La crise de Suez a d’autres effets : elle déclenche un mouvement anti-européen dans les dernières colonies. Le Proche-Orient échappe à la maîtrise britannique. L’URSS se place en protecteur des petites nations arabes.

3) L’ère des crises (1947-1962) :

A) Contexte politique :
En 1957, Khrouchtchev échappe à une tentative de destitution, il parvient à évincer les anciens staliniens : Malenkov et Molotov. En novembre 1960, Kennedy est élu aux EU.
Un des aspects de la propagande est la course à l’espace. L’URSS a une longueur d’avance. Les EU craignent cette technologie. Kennedy engage le programme. En 1969, Armstrong alunit. Les Eu abandonnent les représailles massives pour la doctrine Mac Marmara par la riposte graduée. Dans ce contexte, les crises reviennent.

B) En Europe : la 2ème crise de Berlin (1958-1961) :
Berlin ouest est la vitrine du monde libre. 3 000 000 d’Allemand de l’est sont passé à l’ouest. Le mur de Berlin est bâti pour empêcher cet exode massif.

C) En Amérique latine : les crises cubaines (1961-1962) :
Cuba fait parti de la chasse gardée des EU. EN 1959, Batista est renversé par Fidel Castro qui n’est pas si communiste au départ. Le regard que porte des EU sur Cuba contribue à rapprocher Cuba et l’URSS qui signent des accords commerciaux en 1960 et se livrent des armes. Castro va nationaliser les exploitations, les propriétaires américains perdent leurs biens. Les relations diplomatiques s’arrêtent. En 1961, la CIA prévoit la prise du pouvoir par des cubains anticastristes qui débarquent à la baie des cochons. C’est un échec américain. Les EU font pression pour que Cuba soit expulsé de l’OEA. En 1964, comment un embargo. Un avion espion, en 1962, découvre une installation de rampe de lancement. Le 16 octobre, Kennedy réagit. LE 22, il fait une intervention télévisée. Il annonce les mesures prises : la mise en quarantaine de Cuba, une réunion du conseil de sécurité de l’ONU et il demande à Khrouchtchev le retrait des missiles. Les EU sont convaincus que les soviétiques ont un avantage stratégique, ce n’est pas le cas. Khrouchtchev a sans doute sous-estimé Kennedy. Pendant plusieurs jours, les tensions augmentent énormément. Le 26 octobre, Khrouchtchev propose le démentiellement contre un engagement de ne pas envahir Cuba. Le lendemain, la DCA cubaine abat un avion américain. Khrouchtchev demande alors le retrait des fusées de Turquie. Officiellement, Kennedy accepte la 1ère proposition. Khrouchtchev quitte Cuba, officieusement, les missiles en Turquie sont démantelés.
Quelles conséquences ? Kennedy augmente sont prestige. Sur le plan politique, Khrouchtchev est affaibli en URSS et dans tout le monde communiste, la Chine se détache de l’URSS. En 1964, Khrouchtchev est démis. Castro voit que l’URSS n’est pas allée jusqu’au bout de son soutien, ce qui refroidi les relations entre les deux pays.
La crise cubaine met en évidence le mécanisme de la guerre froide : « plus de peur que de mal ». C’est le début des mises en place de mode de résolution des crises. C’est le début de la détente (+ de rapprochement et de dialogue).

II) La détente (1962-1975) :

1) Les raisons de la détente :

A) Evolution politique interne :
En 1963, Kennedy est assassiné, Johnson le remplace (puis Nixon puis Ford). Il est nécessaire d’aménager les tensions à cause du risque nucléaire. L’Europe de l’Ouest et le Japon rivalisent économiquement avec les EU. Le duo Nixon-Kissinger impose une vision plus pragmatique sous la pression des lobbies américains. Ils appliquent la realpolitik. Il faut discuter avec l’URSS. IL faut manier la carotte et le bâton. Si l’URSS fait des concessions, elles seront acceptées. Si elle abuse de sa position, elle sera sanctionnée. Le linkage est la nouvelle façon d’aborder les problèmes.
Plus l’URSS rentre dans un réseau de dialogue, plus les relations internationales seront stables. Cette politique fait la promotion des modérés du PC russe. Les EU se rapprochent de la Chine. Apparait un rapport triangulaire. Quand les EU se tournent vers la Chine, l’URSS réagit : elle veut garder son rôle de superpuissance avec laquelle dialoguent les EU. En 1972, Nixon est à Pékin, en 1979, les relations sont normalisées entre ces deux pays.
Pourquoi l’URSS accepte-t-elle la détente ? Brejnev arrive au pouvoir : il veut rattraper le retard économique. Il faut ouvrir les frontières à l’occident. Les tensions perdurent mais diminuent. Brejnev refuse l’aventurisme à l’envers des américains.

B) Intérêts communs :
En mai 1972, l’URSS et les USA produisent un communiqué commun :
- La reconnaissance des divergences économiques.
- L’évitement de la guerre nucléaire.
- La limite autant que possible des conflits périphériques.
L’URSS et les Eu s’affirment en tant que seuls superpuissances qui gèrent les relations internationales.

2) La pratique de la détente :

A) La maîtrise des armements nucléaires stratégiques :
En 1972, Nixon est à Moscou, en 1973n Brejnev à Washington et en 1974, Ford à Moscou. Les relations commerciales se développent (elles sont multipliées par 10 de 1970 à 1975). La réduction du risque nucléaire est un des principaux soucis. En 1963, le traité de Moscou interdit les essais atomiques aériens. La Chine et la France refusent. Le 1er juillet 1968, est signé le TNP. Dans le prolongement, a lieu la série de discussion SALT (strategic arms limitation talks). L’accord SALT1 est signé en 1972. Il entérine le renoncement aux missiles antibalistiques (missiles défensifs) en plafonnant pour 5 ans la production du nombre de missiles.

B) Un fruit de la détente : les avancées sur le problème allemand :
Chaque bloc a accepté la souveraineté sur l’ensemble du territoire allemand. Quelles frontières ? Quel statut pour Berlin ? Réunification ? L’Allemagne de l’Ouest est dans un politique très ferme. La doctrine Hallstein, réunification de l’Allemagne est le but final : pas de relation avec les pays qui ont des relations avec la RDA. C’est la politique menée par Brandt qui fait évoluer la situation avec la reconnaissance mutuelle. Il est nécessaire d’améliorer les relations entre la RFA et l’URSS, ce qui serait bénéfique à moyen et long terme. En 1970, des traités sont signés entre la RFA et l’URSS, la Pologne et la Tchécoslovaquie. L’Allemagne reconnait les frontières de la fin de la WW2. Le 21 décembre 1972, la RFA et la RDA se reconnaissent. Une représentation permanente est créée. Des accords en 1971 entérinent le statut quo. Les deux Allemagnes sont admises à l’ONU.

C) La CSCE et les accords d’Helsinki (1973-1975) :
CSCE = conférence sur la sécurité et la coopération d’Helsinki (1973-1975) :
L’URSS propose depuis 1954 cette conférence : elle due finalement de 1973 à 1975. Elle réunit 33 Etats européens (dont la Turquie, les EU, le Canada). Elle débouche sur les accords d’Helsinki signés le 1er aout 1975. Quatre volets ressortent :
- Entérine le principe d’inviolabilité des frontières des frontières de 1945. La porte n’est pas fermée à la réunification mais elle doit être faite de façon pacifique. + principe de non-ingérence.
- Coopération économique et technique entre l’Est et l’Ouest.
- Respect des droits de l’homme avec l’idée de comité de surveillance.
- Coopération en méditerranée.
L’URSS semble bénéficiaire de ces accords d’Helsinki. Sept ans après la prise de Prague, la situation en Europe est acceptée. Les accords commerciaux favorisent Brejnev. Soljenitsyne critique ce traité. Carter va renouer avec la tradition wilsonienne. Les droits de l’homme reprennent de la place.

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Message  Admin le Mar 14 Avr - 19:19

III) L’évolution des blocs et leur remise en cause :

1) La fissuration du camp occidental :

A) Du côté des partenaires européens :
La tentative anglaise de l’AELE pour contrer le marché commun est un échec. Les européens ont du mal à accepter une politique unique : quelle défense ? Quelle implication des USA ? Après Suez, la GB se refugie chez les EU, au contraire la France lance son programme nucléaire. De Gaulle se montre critique de la politique américaine. Il prône une indépendance relative vis-à-vis des EU.

B) L’affaiblissement du leadership américain :
La guerre du Vietnam est critiquée. Sa fin montre un échec américain. C’est aussi l’époque de la fin de la convertibilité du dollar en or.

2) Affaiblissement du camp socialiste :

A) En Europe :
La mort de Staline a des répercutions. IL entraine la fin du monolithisme idéologique. A Berlin Est, des manifestations ouvrières prennent une tournure anticommuniste. Les militaires interviennent (juin 1953). En 1955 le pacte de Varsovie et créé, les traités de défense sont institutionnalisé. L’URSS répond à l’ONU. En 1956, la déstalinisation et le XXème entrainent la baisse de la tutelle soviétique sur les pays satellites. Le Kominform est dissout. Dans les pays satellites émerge une volonté de renouveler le communisme :
- En Pologne, Gomulka, qui prône une voie polonaise est réhabilité. La propriété privée est autorisée dans l’agriculture.
- En octobre, novembre 1956, avec Imre Nagy, des manifestations réclament des élections libres. Nagy pousse le mouvement plus loin. Il déclare l’abolition du parti unique. Il fonde un gouvernement avec moins de communistes et se retire du pacte de Varsovie. L’URSS ne peut l’accepter. Le 4 novembre 1956, les militaires interviennent faisant 25 000 morts. Nagy est exécuté et est remplacé par Janos Kadar qui s’aligne sur l’URSS.
- A la crise de Cuba, Khrouchtchev est destitué. Brejnev revient vers une idéologie plus monolithique. En 1968 : Printemps de Prague : Le premier secrétaire du PC tchèque, Alexandre Dubcek, libéralise le pays et annonce un socialisme à visage humain. Brejnev voit deux fois Dubcek qui refuse l’alignement. Les troupes du pacte de Varsovie interviennent dans la nuit du 20 au 21 aout. Gustav Husak remplace Dubcek et rétablit une ligne plus dure. La souveraineté des Etats socialistes est très limitée.

B) La rupture sino-soviétique :

Les relations n’ont jamais été excellentes. Staline ne voit pas Mao d’un bon œil. Malgré les affinités avec la guerre de Corée, il n’existe pas de réelle amitié. L’initiative de la déstalinisation est vue comme un renoncement au marxisme.
Les choses s’enveniment vite : en 1959, les techniciens russes sont rappelés de Chine, notamment dans le nucléaire. Toutefois, elle obtient en 1964 la bombe A et en 1967 la bombe H.
En 1969 des affrontements armés ont lieu sur la frontière. Chacun des deux pays tente d’augmenter leur influence sur le tiers-monde qui devient un nouveau terrain de rivalité.

3) L’émergence du tiers-monde et du non-alignement :

Alfred Sauvy utilise cette expression dans un article, il s’inspire du tiers-Etat. L’expression est reprise par des dirigeants nationalistes (au Maroc, Ben Barka et aux Antilles Franz Fanon). L’expression est utilisée à la conférence de Bandung en avril 1955, ce qui signe l’acte de naissance du tiers-monde. Parmi les leaders : l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan. Nehru et Sukarno ont pris l’initiative de cette conférence. Nasser utilise l’expression d’ « international des pauvres ». 29 pays, 50% de la population mondial mais 8% du PIB mondial. L’anticolonialisme uni ces pays avec une pointe d’antifrançais (dans le contexte de décolonisation, guerre d’Algérie). Bandung (en Indonésie) exprime son soutien aux nationalistes arabes. S’y sont rendus Nasser et un représentant chinois : Zhou En-Laï.
Cette conférence fait office de prise de conscience. C’est, selon l’expression de Léopold Sedar Senghor, la mort du complexe d’infériorité. Apparait la doctrine du non-alignement à la conférence de Brioni en Yougoslavie en 1956. On y trouve Nehru, Tito, Nasser. Puis à la conférence de Belgrade, en 1961, le non-alignement est élargi. Mais rare sont ceux qui, dans les faits, ne se rapprochent pas d’un des deux blocs. Le mort de Nehru va radicaliser le mouvement. En 1961, les non-alignés se rallient dans la CNUCED.

IV) A la périphérie de la détente : des situations souvent conflictuelle :

1) Panarabisme et suite du conflit israélo-palestiniens dans le contexte de la détente :

Nasser est la figure de proue du nationalisme arabe. Le but des arabes est la disparition d’Israël. La création de la République Arabe unie est en 1958, elle correspond à une tentative d’union de l’Egypte, la Syrie et le Yémen. Cette RAU ne dure que 3 ans. Les Arabes ont des difficultés à s’unir. En 1967, les pays arabes sont davantage près pour la guerre. Israël perçoit une menace, depuis 1956, Nasser demande le retrait des forces de l’ONU de Suez. L’Egypte s’allie avec l’Irak, la Syrie, la Jordanie. De plus, c’est la naissance de l’OLP de Yasser Arafat : « le problème palestinien ne sera jamais résolu qu’en Palestine et par la force des armes ». Israël est donc menacé. Elle mène alors une attaque préventive : elle attaque les bases aériennes égyptiennes. La défaite arabe est sans appel : ils perdent 30 000 hommes contre uniquement 780 chez les Israéliens.
C’est aussi une défaite pour l’URSS qui n’a pas su empêcher la défaite de son allié. Israël augmente son contrôle sur la Palestine : elle reprend la Cisjordanie et la partie arabe de Jérusalem proclamée capitale éternelle d’Israël. Ils prennent également le plateau du Golan et le Sinaï. Mais en occupant ces territoires, Israël doit administrer un million d’Arabes en plus. L’OLP se radicalise et tente de s’implanter dans les territoires occupés. La Jordanie sert de base arrière.
Quelle est l’attitude des deux grands ? Dans l’ensemble la guerre des 6 jours est condamnée (par exemple par de Gaulle). Nait un front commun des pays arabes qui s’engagent à ne pas négocier ni signer de paix avec Israël. En octobre 1967, les EU proposent à l’ONU une approche globale et refusent la proposition russe du retrait des territoires.
Le 22 novembre, la résolution 242 exige la fin de la guerre et le retrait des troupes. Elle cherche une solution au problème palestinien. Cette résolution est acceptée par l’Egypte et la Jordanie mais ni par Israël ni par l’OLP. Après la guerre des 6 jours, les palestiniens sont très isolés, leur résistance se radicalise. En 1969, Arafat devient président de l’OLP qui cherche un soutien auprès des autorités arabes. Le Liban offre son aide. De nouveaux modes opératoires apparaissent : le 9 septembre 1970, le FPLP (front populaire de libération de la Palestine) détourne des avions. Hussein, le roi de Jordanie met fin à la présence de l’OLP (septembre noir)  La Syrie vient soutenir les Palestiniens mais Israël exige son retrait : Arafat s’en sort. En 1972 : prise d’otage à Munich aux JO.
Comment évolue le conflit jusqu’à la fin des années 70 ?
L’OLP va gagner en reconnaissance. Les EU vont tenter de résoudre le conflit. Kissinger met en place la diplomatie des navettes, il avance pas à pas en prenant les intérêts uns par uns. Il tente déjà d’obtenir un retrait des troupes israéliennes 20Km derrière le canal. Les EU n’impliquent pas l’URSS, ils font l’impasse sur le problème palestinien. Les pays arabes ne les aident pas vraiment. L’Egypte et la Syrie veulent récupérer leurs territoires. Lors de la guerre du Kippour, les but de guerre des pays arabes ne sont pas tout à fait les mêmes. Israël gagne par une contre-attaque audacieuse. La guerre dure du 6 au 25 octobre 1973. Les 2 grandes puissances appellent les belligérants à cesser le feu et demande l’application de la résolution 242. Israël accepte mais continue sur le terrain. L’URSS exige la fin du conflit et menace d’intervenir : les forces américaines sont mises en alerte. Les tensions augmentent. L’OPEP met en place un embargo total sur les EU et les Pays-Bas. [En Egypte, Sadate est au pouvoir, Nasser est mort en 1970] Les répercutions économiques sont importantes. Quelles sont les suites de cette guerre ? L’attaque arabe a redoré leur blason et effacée l’humiliation de 1967. C’est un succès politique pour l’OLP qui apparait comme l’institution qui est l’interlocuteur valable. Les pays arabes vont reconnaitre l’OLP comme représentant du peuple palestinien en 1974. Même la Jordanie reconnait l’OLP qui obtient un statut d’observateur permanant à l’Onu (ovation pour Arafat à l’ONU).
Kissinger poursuit sa diplomatie, il veut un accord de principe sur la non-utilisation de la force, l’Egypte accepte en 1975. En juin 1975, le canal de Suez est rouvert et plus tard, Israël obtient le droit de commerce sur le canal contre une partie du Sinaï. L’arrivée de Carter met fin à la politique de Kissinger : l’approche globale est de nouveau de rigueur. Mais la difficulté réside dans l’arrivée d’un nouveau président israélien qui durcit la politique du pays : Menahem Begin. Il veut garder un avantage territorial.
La visite de Sadate en Israël, le 20 novembre 1977, débloque la situation. Sadate tend la main à Israël : dans la foulée, l’Egypte rompt ses relations avec les autres pays arabes. Au terme de la négociation, le 17 septembre 1978 : accord de camp David dont le cœur est israélo-arabe sur la question des territoires. Et le 26 mars 1979, le premier traité de paix est signé entre Israël et un pays arabe. Les relations se normalisent. L’Egypte est isolée au sein du monde arabe, exclue de la ligue arabe. Au début de la détente, les arabes forment un front unique, ce qui n’est plus le cas à la fin.

2) Les conflits en Afrique et en Amérique latin :

En Afrique : Le contexte est à la décolonisation. L’Afrique devient un enjeu, à cause de ces indépendances, pour les grandes puissances.
 Guerre du Congo avec Patrice Lumumba. C’est une guerre civile qui débute avec la sécession d’une province en juillet 1960. Puis : coup d’Etat de Mobutu. L’enjeu pour les Eu est d’éviter la pénétration de l’URSS (qui soutient les sécessionnistes) en Afrique centrale. En 1969, un deuxième coup d’Etat de Mobutu est soutenu par les EU.
 La guerre du Biafra-Nigeria de 1967 à 1970 : un des conflits africains les plus meurtriers puisque il fait 2 millions de morts. Le Biafra veut faire sécession du Nigeria. En 1971, c’est la création de médecin sans frontière. Dans les années 1970, l’Afrique fait l’objet d’une attention de l’URSS qui va imposer son influence. Le Mozambique et l’Angola signent un accord avec l’URSS. De même pour l’Ethiopie et la Somalie à partir de 1974.
En Amérique latine : Les Eu ont une politique de soutien des dictatures puis les années 1960. A partir de Carter, au nom des droits de l’homme et de la fin de la souveraineté, le soutien aux dictatures va se faire plus mou. Au Nicaragua, les EU lâchent Somoza.

En conclusion : L’apogée, le symbole de cette détente est les accords d’Helsinki. Et en même temps, à partir de 1973, une nouvelle période de l’économie mondiale débute : elle est plus instable. Les problèmes du système monétaire et la question énergétique se posent. On constate un retrait des Etats sur leurs intérêts nationaux.

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