Chapitre 9

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Chapitre 9

Message  Admin le Mar 23 Sep - 17:48

Religion et société

La Réforme


C’est du XVIème siècle que date le pluralisme religieux à l’échelle du continent, mais pas encore au sein même des nations. Le partage s’est stabilisé au début du XVIème ; on distingue trois grandes Europes religieuses :
A l’est, l’Europe orthodoxe avec la Russie et la plupart des peuples slaves.
Au nord et au Nord-Ouest du continent, l’Europe réformée, qui comprend l’Allemagne, la Grande Bretagne (même si l’Ecosse et l’Angleterre ont adopté une forme particulière de protestantisme) à l’exception de l’Irlande, une partie de l’Allemagne, de la France, de la Hongrie et de la Pologne.
Une Europe catholique, qui couvre la partie méridionale di continent : Espagne, Portugal, Italie, France, Bavière et Rhénanie en Allemagne, l’Autriche, la Bohème et le Nord-est de la Pologne.

La Réforme a une autre conséquence que la création de domaines confessionnels :c’est la coïncidence entre confession et appartenance politique . Le choix entre catholicisme et protestantisme est souvent fait par le souverain, et la règle prévaut que ses sujets suivent son exemple. Si l’unité religieuse du continent a été détruite, celle au sein des Etats persiste. La coexistence de deux confessions, comme en France avec l’édit de Nantes en 1598, est très rare.
Les différences religieuses vont ainsi devenir un élément constitutif de la conscience nationale ; elles vont contribuer à renforcer la cohésion des unités nationales. Le problème de la dissidence se fait néanmoins sentir.

Le mouvement des idées

Une revendication plus radicale que celui de la dissidence voit le jour avec le mouvement des idées ; il revendique la reconnaissance publique de la liberté de croyance et de l’égalité de tous les cultes devant la loi : ce mouvement philosophique est une protestation de la raison qui, en conflit avec les Eglises, conteste leur autorité sur l’intelligence humaine et sur le politique. Il revendique l’autonomie de la société civile, et porte donc le germe de la sécularisation de la société et de la laïcisation de l’Etat.

La Révolution et ses conséquences


Lors de la Révolution, plusieurs tentatives sont faites pour créer une religion « révolutionnaire » ; mais ce sont des échecs. La reconnaissance de la liberté de croire et l’égalité entre toutes les confessions sont donc déclarées, à défaut (1802).
Ce n’est qu’au cours du XIXème siècle que reprend ce mouvement de séparation de l’Eglise et de l’Etat , avec la loi de 1905.
Ainsi, dès 1790, le catholicisme s’est trouvé rejeté dans le camp de la contre-révolution ; c’est pourquoi la laïcisation de la société s’est-elle faite dans la douleur, et non pas à l’amiable, comme ça a pu être le cas par exemple aux Etats-Unis. On peut expliquer cela par le fait que la Réforme fait meilleur ménage avec la liberté de conscience que le catholicisme.
Parallèlement, et face à l’opposition qu’elle rencontre, l’Eglise catholique durcit ses positions, centralise son pouvoir et renforce encore son décalage avec l’esprit du temps.
Toutes les tentatives de réconciliation entre les deux entités se soldent par un échec ; à l afin du XIXème, le divorce semble consommé.
L’Eglise représente la tradition, le dogme, la contrainte, le passé, l’autorité, et s’oppose à la raison, la liberté, le progrès, l’avenir. La guerre engagée entre les deux mouvements, l’Eglise et l’Etat, rythme au cours des années suivantes l’histoire politique des pays catholiques européens.

La déchristianisation

Lors du XIXème, des masses d’hommes de plus en plus compactes semblent se désintéresser de la religion ; ce n’est pas là par haine ou par conviction, mais plutôt par désintérêt et par indifférence.
La politique anticléricale des gouvernements de gauche, la législation antireligieuse et les mesures d’exception prises contre l’Eglise sont parmi les causes de ce phénomène, mais ne dont pas les seules ; la principale raison à cette déchristianisation est le désaccord manifeste entre les aspirations du temps et les positions de l’Eglise : ses positions sont inadéquates, son enseignement anachronique.
Plus profondément, l’Eglise n’a pas su voir émerger cette nouvelle classe sociale que sont les ouvrier ; en conséquence de quoi, elle n’a pas su investir sur cette classe de la population, qui a donc été délaissée pendant au moins une génération. Cette génération, qui n’a pas bénéficié d’un enseignement ni d’un suivi religieux, s’y intéresse donc moins.

Il y avait dans la fidélité massive à la religion et dans l’observance des disciplines ecclésiales par le plus grand nombre une part considérable de conformité aux usages et de soumission au groupe social. La dislocation de ce groupe et la remise en question de ses habitudes de vie ne pouvaient être sans conséquence sur la religion collective. (dixit)

Ainsi, la foi est passée d’une ère de conformité à une ère d’intériorité. C’est là un phénomène qui apparaît partout dans le monde.

La persistance du fait religieux

Malgré ces phénomènes de laïcisation, de sécularisation et de déchristianisation, la religion persiste : elle garde une importance sociale, et joue même peut-être dans un champs de conscience encore plus étendu qu’auparavant. La religion, en évoluant, peut modifier l’attribut de « réactionnaire » qui lui colle à la peau (ex : Vatican II). Elle continue donc de jouer un rôle important. (on l’évoque rapidement dans le chapitre Cool
avatar
Admin
Admin
Admin

Messages : 171
Date d'inscription : 07/09/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://prepa-sciencepo.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum