Cours d'histoire mondiale jusqu'en 1914

Aller en bas

Cours d'histoire mondiale jusqu'en 1914

Message  Admin le Ven 26 Sep - 15:39

1ère partie


Les relations internationales de 1871 à 1914

Le Théâtre des relations internationales

Les acteurs et leurs motivations

A la fin du XIXème siècle, l’Europe est la principale place des relations internationales. Les USA sont occupés par la conquête de leur propre territoire.
1889/1900 : expositions à Paris
Difficultés à voyager et communiquer, qui n’encouragent pas les lointains échanges. Relations inégales entre les pays d’Europe.
5 grands : France, Grande-Bretagne, Russie, Allemagne, Autriche-Hongrie
Quelles sont leur relations ?
Les chefs d’Etat/monarques jouent un rôle très important
Ils ont en effet des pouvoirs exceptionnels, ou sont représentatifs
Les alliances matrimoniales sont encore fréquentes.
Ces monarques sont assistés par de hauts fonctionnaires.
Le rôle des ambassadeurs et primordial => difficultés de communication, donc relative autonomie. Ils sont à cheval entre l’aristocratie et l’ambassade (doivent payer eux-mêmes leurs frais de représentation), et n’ont pas toujours une connaissance approfondie des pays où ils sont envoyés.
Les militaires ont également un rôle très important ; ils accompagnent les ambassadeurs, sont en concurrence avec les ambassadeurs. Faire de la diplomate= éviter la guerre, et les militaires était là pour, le cas échéant, la préparer.
Un Etat doit être capable de défendre ses frontières, d’où la nécessité de déterminer les menaces potentielles et les alliés possibles.
La notion de territoire, d’espace national a beaucoup d’importance.
Fortification des frontières, renforcement de l’armée, réarmement naval pour les pays côtiers (concurrence entre l’UK et l’Allemagne)
La diplomatie reste ainsi l’affaire d’un petit nombre de personnes ; les parlements nationaux sont souvent peu au courant des décisions prises.

Le décor politique et économique
La démocratie est en progrès mais reste limitée


La France et l’UK sont les principales démocraties.
Séparation des pouvoirs (base philosophique Montesquieu)
L’Allemagne, bien qu’en progrès (politique sociale), reste autoritaire.
L’Autriche-Hongrie est un modèle monarchique.
Les grands Empires restent autocratiques : Empire ottoman, Russie…Et les démocraties elles-mêmes sont inégalitaires et perfectibles.

Pauvre Marx

A la fin du XIXème, le capitalisme libéral est le modèle dominant.
Révolution industrielle
Révolution des transports/communications

1901 : En Europe, 423 millions d’habitants (27% population mondiale)
Les USA accueillent 20 millions d’immigrants entre 1870 et 1914.
Surpopulation en Europe
D’où réactions xénophobes ou racistes, suites aux diverses migrations
Ces immigrations peuvent aussi s’effectuer vers l’Amérique du Sud.
On observe un phénomène de retours.

Le commerce est en plein développement
1900 : Europe = 60% du commerce mondial
1875-1913 : commerce mondial X4
Les Etats sont pris entre une dynamique de mondialisation et de protectionnisme.
Tarifs préférentiels entre métropoles et colonies
Les investissements à l’étranger jouent un rôle très important dans l’impérialisme
1900 : France + UK + Allemagne + USA = 85/90%es stocks de capitaux exportés
L’UK investit principalement à l’extérieur de l’Europe (USA ou colonies), tandis que la France et l’Allemagne privilégient le vieux continent.

L’Europe occidentale est toute-puissante politiquement.
Ces pays achètent beaucoup à l’extérieur (balance commerciale déficitaire) mais compensent avec les revenus des capitaux placés à l’étranger, largement excédentaires.

Les mentalités collectives

Que connait-on de l’étranger/ des étrangers
Il existe un sentiment européen de supériorité envers les autres civilisations. L’histoire coloniale, les migrations jouent un rôle dans l’image des étrangers.

Dieu aime les anglais…..chez eux (cf. Jeanne d’Arc)

Les sentiments nationalistes sont très forts, véritable rejet des étrangers. Les mouvements nationalistes peuvent déboucher sur une expansion coloniale.

Les internationalismes et le pacifisme

Sentiment international des progrès de la science
Sentiment d’universalité du genre humain
Mouvement pacifiste : Bureau International de la Paix en 1892
Première Conférence de La Haye en 1899
Les Internationales échouent à enrayer la marche à la guerre

Des systèmes bismarckiens au retour de la France (1871-1904)

Le souci de l’UK a toujours été d’empêcher l’émergence d’une puissance européenne hégémonique.
1871 : Avec l’amputation de l’Alsace-Lorraine, l’Allemagne devient la première puissance du vieux continent (rivalise avec l’UK).
On distingue trois phases :
1870-1890 : domination allemande
1890-1904 : la France sort de son isolement diplomatique
1904-1914 : opposition croissante, Triplice versus Triple-Entente
En 1885, lors du traité de Berlin, les grands se répartissent le monde et organisent le système de colonisation.


Dernière édition par Admin le Ven 26 Sep - 20:45, édité 1 fois
avatar
Admin
Admin
Admin

Messages : 171
Date d'inscription : 07/09/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://prepa-sciencepo.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

2ème partie

Message  Admin le Ven 26 Sep - 15:40

1871-1990 : Succès et échecs du système bismarckien

VOIR FICHE SUR LES SYSTEMES BISMARKIENS

1890-1904 : La France sort de son isolement

Le rapprochement avec la Russie
La France, entre 1891 et 1893, se rapproche de la Russie :
Gros investissements français en Russie, « emprunts russes »
La Russie craint la suprématie allemande
Frustration russe suite à l’affaire bulgare
Il en résulte une alliance défensive entre la Russie et la France : c’est le premier grand succès diplomatique de la IIIème République.

Le rapprochement avec l’Italie
La France se rapproche aussi de l’’Italie :
Accord de 1896 : l’Italie reconnaît la domination française en Tunisie, en échange d’un statut particulier pour les ressortissants italiens.
1898 : accord commercial entre la France et l’Italie
1900 : accord secret entre la France et l’Italie ; l’Italie promet de rester neutre si l’Allemagne attaque la France.


Le rapprochement avec l’Angleterre

Il existe entre la France et l’Angleterre de fortes rivalités coloniales (ex : Siam), qui aboutissent parfois à des crises : on pense à Fachoda en 1898.
Mais l’Allemagne monte en puissance économique, militaire, navale, ce qui incite l’Angleterre à agir.
L’Entente Cordiale entre la France et l’Angleterre est signée en 1914 (vérifier). Les conflits coloniaux sont réglés par ce biais :
Le Siam est partagé
Le Maroc est laissé à la France, l’Egypte à l’Angleterre.

La Grande Bretagne, après la guerre des Boers, a aussi besoin de redorer son blason international :
Premiers camps de concentration, guerre ignoble


La rupture de l’équilibre européen (1904-1914)
Les rapports de force entre les puissances changent pendant cette période.
Victoire des Japonais sur les Russes en 1905 (première victoire d’un peuple de couleur sur un pays européen)
Depuis 1896 ; l’économie est repartie à la hausse, les investissements ont suivis.

La première crise marocaine
La France, en 1905, a des intérêts économiques et stratégiques (frontière algérienne) au Maroc. L’Allemagne, pour sa part, tient à ce que le marché marocain reste ouvert.

Le Maroc a besoin d’argent ; la France envoie alors une proposition d’emprunt. L’accord financier qui est alors signé consacre le protectorat français sur le Maroc.
A la demande de Guillaume II, une conférence internationale est ouverte ; il est persuadé que la France ne rencontrera aucun soutien.
Il y a alors des divergences au sein du gouvernement français : Delcassé, partisan d’un refus de cette conférence (fidèle à lui-même et la diplomatie qui fut la sienne), démissionne.
En avril 1906, cette conférence a lieu (en présence, il est important de le noter, des pays européens et des Etats-Unis), et le traité d’Algésiras est signé : on convient que le marché marocain doit rester ouvert, mais que le maintient de l’ordre, les douanes et la banque restent français (les espagnols y jouent aussi un rôle minime).

La crise bosniaque
Depuis le Congrès de Berlin de 1878, la Bosnie-Herzégovine est sous contrôle autrichien : néanmoins, elle n’est pas annexée.
C’est chose faite en 1908 ; l’Autriche-Hongrie prend possession du territoire bosniaque.
Mais ni la Serbie ni la Russie ne peuvent l’accepter.
L’Autriche-Hongrie somme alors la Serbie de l’accepter (c’est un ultimatum). A tout moment, le jeu des alliances pourrait lancer l’engrenage vers la guerre.
Mais l’Allemagne enjoint la Russie et la Serbie d’accepter cet état de fait ; parallèlement, la France annonce à la Russie que si la guerre se déclenche, elle ne la soutiendra pas.
La Russie abandonne donc ; la Serbie suit le mouvement.

Cette crise relâche les liens entre la France et la Russie ; l’Italie est mécontente de cette résolution favorable à l’Autriche-Hongrie : elle convoite toujours ses terres irrédentes.
Cette mécontentement rapproche la Russie et l’Italie, qui signent un accord secret : si quelqu’un s’avisait de toucher e nouveau à l’Empire ottoman, ils se consulteraient.
Enfin, la Serbie est aussi frustrée : cela va encourager l’activité des sociétés secrètes de résistance à l’Autriche.

La deuxième crise marocaine(1911)
En 1909, dans la foulée de la coopération franco-allemande dans le cadre de la crise bosniaque, la France et l’Allemagne signent un accord qui réaffirme la présence française au Maroc.

En mars 1911, le sultan marocain demande l’aide de la France pour mater l’insurrection qui ébranle le pays, et le met au bord du gouffre. La France accepte, et dépêche ses troupes dans le pays.
L’Allemagne, pour protester contre la présence militaire française au Maroc, envoie une canonnière en rade d’Agadir.
L’Allemagne et la France finissent par signer le traité de Fez en novembre 1911 :
L’Allemagne reconnaît définitivement l’influence française au Maroc (qui devient officiellement un protectorat en 1912)
Le traité réaffirme les droits commerciaux des Etats européens
Et accorde à l’Allemagne le Togo et le Cameroun
Une partie de la population française considère que la France a plié : le gouvernement Caillaux doit démissionner, Poincaré devient président.

Les guerres balkaniques (1912,1913)
Il y a deux guerres balkaniques :
La première a lieu en 1912.
L’Italie, défaite en Ethiopie en 1896, se rabat sur les territoires de l’Empire ottoman : Elle se fait céder par ce dernier la Cyrénaïque, les îles du Dodécanèse et la Tripolitaine : si ces territoires seront, jusqu’en 1914, des foyers de troubles, l’Empire ottoman lui-même n’oppose aucune résistance, il est impuissant.
Devant cette faiblesse de l’Empire ottoman, plusieurs pays des Balkans vont se coaliser pour obtenir, eux aussi, un agrandissement de territoire : ce sont la Serbie, le Monténégro, la Bulgarie et la Grèce.
La Russie, qui a tout intérêt à voir l’Empire ottoman affaibli (pour accéder à la mer), soutient cette action.

La coalition remporte rapidement la victoire ; l’Europe lui impose alors de signer un traité de paix avec l’Empire ottoman : ils ne cautionnent pas son démantèlement total. Ce traité consacre la perte de la partie occidentale de l’Empire ottoman.

Mais la Bulgarie se montre un peu trop empressée de récupérer une (trop) large part de territoire.
C’est la cause de la seconde guerre balkanique : la Bulgarie doit affronter ses anciens alliés, à qui s’est associé l’Empire ottoman.
Cette seconde coalition gagne rapidement ; la Serbie et la Grèce se partagent, lors du traité de Budapest en 1913, une partie du territoire bulgare ; de plus, l’Albanie est créée.

L’Autriche-Hongrie voit bien évidemment l’ascension serbe d’un très mauvais œil.
Rancœurs accrues dans les Balkans
Guillaume II regrette de ne pas avoir soutenu l’Autriche
Les tensions sont énormes : nous sommes à six mois de la crise de juillet 1914

L’ère des impérialismes :
1885 : Congrès de Berlin
Jusqu’en 1898, le terme « d’impérialisme » désigne le soutien à l’empereur. Il change de sens avec le discours de Cecil Rhodes, 1er ministre de la colonie britannique du Cap. Dès lors, il désigne la « politique d’un Etat visant à réduire d’autres Etats ou nations ou territoires sous sa dépendance économique ou politique ».
Il peut donc y avoir impérialisme sans colonisation.

La vague coloniale : nouveauté ou continuité ?

On trouve les deux phénomènes :
Continuité : en effet, les entreprises coloniales ont souvent servi d’exutoires à des situations intérieures délicates ou aux échecs extérieurs.

En France, le parti colonial se forme rapidement, mais rencontre des difficultés
Opposition de Clémenceau, pour qui l’Alsace et la Lorraine sont les priorités.

Mais ce n’est pas un simple phénomène de continuité :
Climat nationaliste : le colonialisme devient nationaliste ; l’opposition est de gauche.
« Rayonner sans agir, c’est abdiquer » (Jules Ferry)
Il s’agit de trouver des débouchés pour les produits issus de la seconde révolution industrielle.
« La politique coloniale est fille de la politique industrielle » (Jules Ferry)
Le capitalisme joue un rôle moteur ; les milieux de la finance sont souvent les plis ardents promoteurs de la colonisation.
Le phénomène devient public ; l’appui populaire est de plus en plus important, et la presse contribue à diffuser ces idées.

Les grandes puissances : entre opposition et concertation :

Selon les continents et les enjeux, on se trouve dans une logique de compétition ou de concertation :
Afrique : On observe une « course au clocher »
Chaque nation cherche à assure le gain territorial le plus important
Il s’agit plus, lors de la Conférence de Berlin de 1885, de créer les « règles du jeu » que de se partager l’Afrique.
Quelles sont ces règles ?
Principe du libre accès commercial aux grands fleuves africains.
Principe de présence sur le territoire revendiqué.
Entérine la création de l’Etat du Congo, confié à titre personnel au roi belge Léopold II.

Asie : Le break-up de la Chine (=démantèlement de l’Empire) commence dès le milieu du XIXème. Il s’accélère à la fin du siècle, surtout avec la défaite de la Chine face au Japon en 1884.
La Chine fait beaucoup de concessions :
Elle fait accepte des prêts importants à taux élevés, accorde des droits de construction aux Européens (chemins de fer) et est partagée en zones d’influence.
La réaction des Chinois est violente : c’est la révolte des boxers.
Réaction nationaliste au caractère parfois xénophobe
En mai 1900, les Européens envoient une expédition sous commandement allemand, pour mater la révolte. Les combats cessent en août 1900.
Les puissances européennes imposent ensuite à la Chine le « protocole des boxers », des conditions très dures (amende….) et prennent le contrôle des douanes chinoises.


Quand deux puissances s’opposent sur le plan colonial, le conflit est souvent évité. On distingue deux cas de figure :
Le premier intervient lorsque le rapport de force est égal : le conflit est alors géré diplomatiquement.
Opposition navale entre l’Angleterre et l’Allemagne ; ils s’affrontent indirectement durant la guerre des Boers.
Qu’est ce que la guerre des Boers ?
En Afrique du Sud, l’Angleterre convoite les deux Etats boers, afin d’avoir la mainmise sur la totalité du sud du continent.
L’Allemagne soutient les Boers
La guerre menée est ignoble ; elle dure de 1899 à 1902, et voit la défaite des Boers.
De même, en 1907, un accord est signé entre l’Angleterre et la Russie, qui règle les conflits liés notamment aux zones d’influence (Sibérie….)

Le second cas de figure intervient lorsque le rapport de forces est inégal : la crise peut alors déboucher sur une guerre.
Guerre sino-japonaise (1884-1885)
L’explosion démographique du Japon cause une pression intérieure (besoin de ressources alimentaires, minières, monétaires)
Le Japon prend prétexte des troubles en Corée pour investir le pays, pourtant vassal de la Chine.
La Guerre éclate entre la Chine et le Japon, et ce dernier va l’emporter.
Le traité de Shimonoseki est signé en avril 1885
Le Japon prend le contrôle de la Corée
Guerre entre les Etats-Unis et l’Espagne. L’enjeu est la libération de Cuba. Cet enjeu est directement lié à la doctrine Monroe = pas d’intervention étrangère sur le territoire des Etats-Unis ou à proximité.
Guerre russo-japonaise (1904-1905). Rivalité sur des territoires communs. Mandchourie, Corée. Victoire japonaise, qui peuvent s’appuyer sur l’Angleterre (qui les soutient politiquement mais pas militairement).
Parallèlement, la Russie est secouée par une série de troubles internes
Le tsar Nicolas II accepte la médiation de Roosevelt pour les conditions de paix. La Russie cède au Japon un port stratégique, évacue la Mandchourie et reconnait le protectorat japonais sur la Corée. C’est l’avènement du Japon en tant que grande puissance.

Impérialisme ou impérialismes :

John Hobson, journaliste pendant la guerre des Boers, s’interroge sur la raison qui pousse les puissances à l’impérialisme.
Imperialism, a study (1902) Il rend le capitalisme financier responsable
Ce livre est récupéré par les marxistes

L’accumulation du Capital, de Rosa Luxemburg, 1913

Mais la réalité est plus complexe ; il faut repérer plusieurs impérialismes : chaque nation a sa manière de concevoir cette domination.
Tradition philosophico-politique
à Angleterre
Volonté de contrôle des mers, prendre pour ne rien laisser aux autres
Idée de « Destinée manifeste »
Darwinisme social et culturel
Disraeli, Joseph Chamberlain
à Allemagne
Le colonialisme est considéré comme du pangermanisme
L’Allemagne a une mission qu’elle seule peut remplir
Fichte, Hegel
Houston Stewart Chamberlain affirme la supériorité de la race allemande.
L’élément commercial est décisif
1887->1912 : les exportations allemandes augmentent de 300%

La planète est sous le contrôle de quelques grandes puissances, qui règlent les conflits à l’amiable ou par la force.
avatar
Admin
Admin
Admin

Messages : 171
Date d'inscription : 07/09/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://prepa-sciencepo.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum