Fiche de lecture : Marc FERRO, 1956, Suez, Naissance d'un Tiers-monde

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Fiche de lecture : Marc FERRO, 1956, Suez, Naissance d'un Tiers-monde

Message  Admin le Lun 8 Sep - 18:20

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Marc FERRO, 1956, Suez, Naissance d'un Tiers-monde, Édition complexe, 1982.

La question posée par Marc Ferro dans cet ouvrage est celle des conséquences de la "crise de Suez" de 1956 sur l'influence politique de la France et de l'Angleterre dans le monde. Ce faisant l'auteur s'efforce de décrire et d'analyser les événements eux-mêmes, ainsi que leurs causes.
L'ouvrage est composé de trois parties. La première évoque avant tout trois enjeux majeurs de la crise, à savoir, la question du financement du barrage d'Assouan, le problème Algérien en ce qui concerne l'entrée de la France dans le conflit, et enfin la question de l'État d'Israël. La deuxième partie évoque la crise elle-même, en l'occurrence l'enchaînement des événements diplomatiques (entre nations engagées et aux Nations Unis) qui suivent l'annonce de la nationalisation du barrage. L'Égypte, Israël, la France, l'Angleterre et les deux super puissances soviétiques et nord-américaine sont les principaux acteurs de ces événements. En outre l'auteur s'attache à décrire le déroulement des combats et leur aboutissement. La troisième partie consiste en un bilan politique, diplomatique et militaire de la crise pour chaque nation engagée dans le conflit ainsi que pour le monde arabe dans sa globalité.

ENJEUX :

Les divergences à propos du financement du barrage d’Assouan apparaissent donc comme la cause principale ayant entraîné la crise de Suez. En effet, à la suite de la livraison d’armes Soviétiques en provenance de Tchécoslovaquie et aux gestes inamicaux de Nasser envers les Etats-Unis, les pays occidentaux ont décidé de retirer leur aide financière. En réaction, Nasser décide de nationaliser le canal de Suez afin de financer le barrage par les profits que le canal engendrera. L’Angleterre, dont l’Empire se décompose voit en Nasser un « Nouvel Hitler ». La France pour qui Nasser représente un obstacle pour la victoire en Algérie, celui-ci apportant son soutient au FLN, saisi l’occasion et condamne catégoriquement l’acte de Nasser. Enfin, Israël craint que l’Égypte ne représente une menace depuis le retrait des troupes anglaises quelques mois plus tôt et souhaiterait intervenir en Égypte. Les anglais refusent toutefois de voir Israël rentrer dans le conflit.

IMPUISSANCE ET ACTION :

La France et l’Angleterre, après l’annonce de la nationalisation du canal, réagissent en préconisant l’intervention armée. En effet, les Anglais refusent de réitérer les erreurs de 1939 lors des accords de Munich. Face à celui qu’il appelle le « Nouvel Hitler », le premier ministre Anthony Eden décide de frapper fort face à l’affront de Nasser qu’il souhaiterait destituer lors de l’opération militaire. Toutefois, la position américaine, pose de grosses difficultés à la France et à l’Angleterre. Ceux-ci s’opposent à l’intervention militaire. Quantités de pays à l’ONU vont alors suivre l’avis des autorités américaines. Les relations vont même jusqu’à devenir extrêmement tendu entre les Etats-Unis et l’Angleterre, si souvent alliés. Des accords secrets avec Israël sont alors conclus : en effet, l’intervention de l’État juif permet malgré les hésitations britanniques de justifier l’intervention franco-anglaise. L’interposition entre les force égyptiennes et israéliennes est le motif de l’occupation du canal par les forces occidentales. Toutefois la supercherie est vite découverte et lorsque l’URSS menace Paris et Londres de bombardement nucléaire, les Etats-Unis n’interviennent pas en faveur des franco-britanniques.

BILAN :

Finalement, la crise de Suez est une réussite miliaire pour les trois alliés mais un fiasco diplomatique. Pour la France la situation en Algérie s’est dégradée et l’État est obligé de faire des concessions. Une crise politique interne explose en Angleterre impliquant la démission du premier ministre. Jamais plus les deux pays ne retrouveront leur position dominante dans le monde. Malgré sa victoire écrasante militairement, Israël a été forcé de retirer ses troupes et entretient alors un profond ressentiment envers l’ONU et les Etats-Unis, presque alliés à l’URSS pour la gestion de cette crise. La puissance et l’influence de l’URSS, qui à étendu son aire d’intervention jusqu’à l’Afrique, est renforcée. Il en est de même pour les Etats-Unis qui assurent leur suprématie dans le monde. Après cette crise, l’unification du monde arabe s’accélère avec, par exemple, la création de la République Arabe Unie. Enfin cette crise a révélé une troisième voie dans ce monde bipolaire, celle du tiers-monde, qui, pour la première fois parvient à se faire entendre à l’ONU et dans le monde.
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