La Grande Guerre en France

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La Grande Guerre en France

Message  Admin le Mar 14 Oct - 17:53

DANS LE CADRE DE
L’HISTOIRE FRANCE :


Le 28 juin 1914, en Bosnie, à Sarajevo, a lieu l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand. Les services secrets serbes auraient participés afin de déstabiliser la région. Le 23 juillet, un ultimatum est imposé à la Serbie qui doit accepter une enquête sur son territoire  celle-ci refuse. Une véritable volonté de guerre apparaît. Les russes veulent la guerre, la britanniques, fatigués de la concurrence allemande également et en France, la volonté de récupérer l’Alsace-Lorraine est importante.

Qui est contre la guerre ? La CGT, l’internationale. Courant juillet des manifestations pour la paix et des rencontres franco-allemandes ont lieu.
Le 31 Jaurès est assassiné par Villain.
Un ultimatum est lancé par l’Allemagne à la Russie et à la France qui doit se décider sur son choix : rentrer ou non dans le conflit. A 22 heures la CGT annule son discourt pacifique et le 1er août, les allemands déclarent la guerre à la Russie, les socialistes votent les crédits de guerre. Le 2 août, la France est mobilisée, les leaders de gauche : Sembat et Guesde déclarent qu’ils feront leur devoir. Le 3 août l’Allemagne déclare la guerre à la France.
La patrie en danger thème récurant en France :
- 1792  Danton
- 1870  Gambetta
- 1917  Clemenceau
- 1940  De Gaulle
(Autre thème récurrent : l’homme providentiel)

Comment la France affronte-t-elle une guerre longue et totale ?

I. Les évènements qui rythment la guerre et auxquels la France est confrontée :

Au niveau des effectifs, les deux camps n’ont pas de différence fondamentale, les effectif sont plus ou moins les même. Il en est du même de l’artillerie cependant la France a une vision figée de la guerre au niveau de la stratégie offensive.

1ère grande bataille :

La Marne : Le général allemand Von Kluck attaque en biaisant vers la Marne. Il essai de coincer l’armée française. Joffre, général français, lancent une contre-offensive. C’est l’épisode des taxis de la Marne  La bataille est perdu pour les allemands.

2ème période :

La course à la mer jusqu‘en novembre 1914 où le front Est est figé  c’est le début de la guerre de tranché jusqu’en mars 1918.

2ème grande bataille :

Verdun :
21/02, offensive allemande
25/03, fort de Douaumont pris par les allemands
06/03, nouvelle attaque allemande
07/03, fort de Vaux pris
Fin août, les français contre-attaque
Fin octobre, les français reprennent Douaumont.
 Les français reprennent Vaux
Décembre 1916, les français gagnent la bataille de Verdun.

Le rôle de Pétain et de la voie sacrée est fondamental.

3ème grande bataille :

Juillet 1916, bataille de a Somme (environ 1 million de mort)
 Les hommes ne sont pas économisés
 Joffre est remplacé par Nivelle puis celui-ci est remplacé par Pétain.

Dernière grande bataille :

En 1917, le chemin des Dames. Une offensive de Ludendorff (général allemand) qui profitant de la déstabilisation du front russe essai de casser le moral français avant l’arrivée des américains est vouée à l’échec.

II. La guerre de position :

Les tranchés :
 Boyaux creusés, la peur est permanente, la solidarité est forte. Les soldats attendent le courrier, la relève, les colis. On compte 130 000 africains dans les troupes françaises.

Les mutineries :
 Elles commencent surtout en 1917. Il y a un ras le bol des armées qui n’est pas pris en compte par le commandement, des exécutions pour l’exemple ont lieu.
Début 1918 : Plus de front est avec la paix de Brest-Litovsk. Les forces allemandes arrivent à l’ouest. Les italiens parviennent à fixer l’Autriche-Hongrie. Les allemands dirigés par le général Hindenburg tentent au printemps 1918 3 offensives : fiasco allemand puis contre offensive des alliés.

Bilan de la guerre :

 Résultat 10 000 000 de morts dont 1 400 000 français. Les dégâts démographiques sont considérables. La médecine progresse : on invente la prothèse et la chirurgie progresse.
Apparaissent les pupilles de la nation, les pensions veuvage.
Un fait exceptionnel a marqué les combattants : la proximité entre les combattants ennemis qui devaient s’affronter à quelques mètres les uns des autres.

L’arrière :
Aujourd’hui, on parle de dommages collatéraux.
On distingue trois points :
 La mobilisation : Les ouvriers produisent des armes, on rapatrie les ouvriers spécialisés qui deviennent des ouvriers soldats (et non civils). Les femmes sont mobilisées, elles remplacent les ouvriers non spécialisés. Les femmes de paysans travaillent à la ferme, celles des bourgeois dans les hôpitaux.
Référence  Michelle Perrot, Histoire des femmes et du genre
La guerre n’a pas promu la femme, elles ont été des doublures.

La mobilisation concernait tous les français, ont leur demandait leur or (en échange d’un bon honorifique).

 Désinformation : L’arrière n’est pas informée, il y a la censure (on l’appelle Anastasie) dans les journaux, dans les lettres. Les débuts du canard enchaîné et du crapouillot. Période de mensonge d’Etat.

 Les tensions : Mécontentement social à partir de 1915 qui atteint son paroxysme en 1917  on peut assister à de nombreuses grèves, l’union sacrée et la guerre commencent à être remises en cause. Au printemps 1917 a lieu la première révolution russe. Les privations (hivers 1917 très dur), le rationnement sont des mesures difficiles à accepter, le combattant est privilégié.

L’année 1917  La fatigue des peuples, crise morale. Le pape, Benoît XV propose la paix ; le cousin du nouvel empereur d’Autriche-Hongrie la propose également, l’Allemagne refuse. En France, Caillaux perd son immunité parlementaire a cause de propos pacifistes.

Conclusion : La guerre touche directement les soldats mais elle est totale car l’arrière est également concerné.

III. Gouverner en guerre :

1) « Faites un roi, sinon faites la paix! » (M.Sembat)
La guerre renforce le pouvoir de l’exécutif sinon, la république ne tiendrait pas le choc de la guerre.
A partir de août 1914, l’union sacrée est proclamée par Poincarré, les divergences politiques sont oubliées temporairement.
La guerre pose trois problèmes politiques :
 Comment concilier pouvoir civil et pouvoir militaire ? Il y aura pendant la guerre 7 gouvernements et 5 présidents du conseil. Le 26 août 1914, Viviani constitue un nouveau ministère dans lequel sont présents : Millerand, Brillant, Delcané, Ribot (droite modérée), Sembat et Guesde (gauche). Le 2 septembre, le gouvernement quitte Paris pour Bordeaux. celui-ci ne sera pas tenu au courant de toutes les décisions militaires de Joffre. Apparaissent alors des tensions entre militaires et civils après la Marne  Peur d’un Bonaparte ou d’un Boulanger. Le 22 décembre, le parlement est réuni, celui-ci décide de siéger en permanence (il est toutefois amputé de 220 députés mobilisés). Des navettes mises en place entre militaires et politiques permettent de régler temporairement les tensions.
 Comment financer la guerre ? Ribot, le ministre des finances décide de recourir à l’emprunt. Émission de bons qui devaient être remboursables mais qui finalement ne le sont pas. Puis émission d’obligations, remboursables sur le long terme. Enfin sont mises en place les rentes, non remboursables.
 Qui a la conduite de la guerre ? « Le président de la République dispose de la force armée mais il doit la déléguer à un général. » Joffre avait accepté de pouvoir être relevé de son commandement mais aucun contrôle de ses actions ne pouvait interférer. Le 21 août 1915, Millerand, le ministre de la guerre est accusé par les socialistes et radicaux de couvrir les actes de l’Etat major. Il aurait capitulé devant les militaires. On lui attribue alors 4 secrétaires d’Etat dont Albert Thomas, futur fondateur du Bureau International du Travail. Quelques semaines plus tard, le gouvernement Viviani est interpellé car la Bulgarie est rentrée en guerre avec les Empires Centraux. Le 13 octobre, Viviani laisse sa place à Brillant. Ce gouvernement va durer jusqu’au 12 décembre 1916  Viviani devient garde des sceaux, on trouve également Emile Combe, Léon bourgeois, Guesde et Cochin. Ou en sont les relations entre le gouvernement et l’Etat major ? Le sénat n’aime pas Joffre ; Gallieni, nouveau ministre de la guerre non plus. Mais celui-ci meurt début 1916. Le problème devient permanent, Brillant doit maintenir un équilibre (Joffre ne peut être retiré en pleine bataille de Verdun). Des comités secrets sont organisés, il n’y a plus de débat sur la situation militaire en public. Le 12 décembre Brillant change de gouvernement  Guesde et Sambat s’en vont, Herriot apparaît. Les ministres de la guerre s’accumulent (Gallieni puis Roques et enfin Lyautey). Le même jour, Joffre est enfin remplacé par Nivelle. Le 14 mars 1917 Lyautey est forcé de démissionner, il est suivi par le gouvernement Brillant. Du 20 mars 1917 au 07 septembre  Gouvernement Ribot. Puis du 12 septembre au 13 novembre  gouvernement Painlevé.

2) La démocratie en question :

Pendant la guerre : pas de réunion politique.
Le 23 décembre 1914 les élections sont ajournées jusqu’à la fin de la guerre. Le 04 août 1914, il est interdit de publier des informations militaires. Il devient interdit de critiquer le gouvernement. Clemenceau va pousser très loin ces restrictions. L’opinion n’est donc pas tenue au courant.
Le 3 septembre 1914, les conseils de guerres pour les civils se développent. Le 6, les cours martiale sont mises en place.
On distingue 3 zones : Le front, le littoral (en état de siège), la zone de l’intérieur (soumise aux autorités civils). En 1917, le ministre de la guerre demande aux généraux de ne plus poursuivre les non militaires. Les cours martiales sont supprimées.

3) L’économie en guerre :

Les allemands occupent le nord, 75% du charbon et 63% de l’acier sont sous contrôle allemands. Il y a de plus en plus de secrétaires d’Etat. Les commissions, comités et offices sont 281 à la fin de la guerre pour gérer l’économie.
Le 16 octobre 1915, l’Etat peut réquisitionner le blé, la farine, le charbon.
Le 20 avril 1916, les taxes apparaissent. Clemenceau prend beaucoup le contrôle de l’économie.
Albert Thomas va permettre de mettre en synergie l’industrie et les besoins de la guerre. Il a su mobiliser l’industrie.
Le 26 juin 1915, les ouvriers qualifiés sont renvoyés à la guerre.
En 1918, environ 10% de la PA travail dans l’armement. L’aviation se développe (par exemple avec Breguet, Morane, Farman, Voisin). La France a été capable de faire face à l’effort de guerre alors qu’avant son déclenchement, elle dépendait des importations d’Allemagne. La France devient un pays industriel : surtout la région de Paris et de Saint Etienne.
300 000 000 d’obus ont été produits.
6 000 000 000 de cartouches.
3 800 chars.
51 000 avions.
2 300 000 fusils.
Des entreprises vont travailler pour la guerre : Boussac dans le textile, Berliet avec ses canon, Peugeot, Citroën.
Des problèmes de nourriture se posent : le 1er mars 1917 commence le rationnement.
Pendant cette guerre, financée par des avances de la banque de France, l’Etat s’endette, l’inflation est très forte (création de monnaie). On a emprunté au américains (25 milliards de dollars) et aux anglais. La situation économique est difficile à la fin de la guerre.

IV. Le gouvernement Clemenceau :

Il est né en 1841, il a 76 ans en 1917, il est très autoritaire  il est « Le Tigre ». Il est Vendéen, médecin de formation. A l’origine radical il devient « clemenciste », détesté par la droite, il est anticlérical, jacobins (pour une forte centralisation). Il n’est ni de droite ni vraiment de gauche Il est président de conseil en 1906, mêlé au scandale de Panama dans les 1890’, il connaît donc un passage à vide politique. Zola écrira dans son journal l’aurore son « j’accuse ». Maire de Montmartre pendant la commune.
Trilogie des grands hommes en France : Robespierre/Clemenceau/De Gaulle

Dans l’année 1917, 2 gouvernements se succèdent  instabilité. Il est vieux, radical, et a la réputation de tombeur de ministère, il est clairement détesté. En juillet 1917, alors qu’il est sénateur, il attaque le ministre de l’intérieur Malvy pour pacifisme et relation avec les anti-militaristes (dont Almeyreda). Malvy doit démissionner le 31 août 1917. Les socialistes ont rompus avec l’union sacré (ils n’ont pu aller à la conférence de Stockholm par un refus du gouvernement.). Poincarré doit appeler Clemenceau même si il ne l’aime pas. Celui-ci, après son discourt « rien que la guerre » le 26 novembre 1917. Il va gouverner avec Jules Leanneney et Georges Mandel, des sous secrétaires d’Etat mais sans les ministres.
La censure va être renforcée, le 11 décembre Caillaux est arrêté pour des visées de discutions avec le allemands. Toutefois, il incarne la confiance, le chef et ramène le moral.
Le 8 mars 1918, la Roumanie a capitulée, les Russes se retirent. Les allemands ont 197 divisions et 84 en réserve contre environ 150 au front et 52 en réserve pour les alliés. Mais ceux-ci ont 3000 chars contre seulement 40 chez les allemands. Des grèves ne sont pas réprimé : elles expriment plus un ras le bol de la guerre qu’une réelle contestation politique. Clemenceau parvient à tenir la France.

L’année 18 débouche sur une victoire qui va amener la question du bilan en France et en Europe. Clemenceau a réussi a rallier les socialistes, à augmenter la production de l’industrie de guerre.

Conclusion sur la France en guerre :

Cette guerre va fondamentalement marquer l’entre 2 guerre. C’est une matrice, elle laisse énormément d’anciens combattants. Elle pose la question de l’Etat dans l’économie. La question de l’importance d’un homme peut se poser. On voit les rapports difficiles entre les militaires et les politiques. Elle coûte chère sur le plan de l’image, vis-à-vis des colonies. Elle apporte toutefois le jazz av les soldats américains, C’est également le début de la reconnaissance des femmes.
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