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Message  django kouassi roger le Lun 25 Jan - 21:15

je suis etudiant en histoire a l' université de bouaké en côte d'ivoire je voudrais avoir des informations sur ce sujet gorbatchev et la politique sovietique 1985 - 1991

django kouassi roger

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Message  Cyprien le Mer 31 Mar - 13:42

Bonjour Roger,
Désolé pour ce retard, ce forum n'est plus trop actif et c'est par hasard que je suis retombé dessus. J'espère que cela pourra te servir quand même, ou servir à d'autres qui pourraient en avoir besoin.
En tout cas, concernant le sujet "Gorbatchev et la politique soviétique 85-91", je puis te transmettre la partie de mon cours qui traite de cet événement (voir ci-dessous).

Cyprien


IV. 1985-1991 : La fin du communisme

Après deux dirigeants qui se sont succédés en moins de deux ans et demi, Gorbatchev, devient le 11 mars 1985 secrétaire général du PCUS. Âgé de seulement 54 ans, il marque une rupture avec les dirigeants qui l’on précédé, étant le premier à ne pas avoir connu la révolution russe (il est né en 1931). Il se montre dans un premier temps d’une grande prudence, se plaçant apparemment dans le sillage de tous ses prédécesseurs, mais très vite procède au renforcement de son pouvoir, bouleversant l’équipe dirigeante et écartant ses principaux rivaux (Romanov, Gromyko).

A. Perestroïka : de la réforme au chaos (1985-1991)
Gorbatchev fixe à son action une double direction qu’il définit par la Glasnost (transparence) et la Perestroïka (restructuration).
Avec la Glasnost, Gorbatchev relance la déstalinisation sur une grande échelle au nom d’un retour à Lénine et à la NEP, ce qui permet à la fois de critiquer la période brejnévienne et d’en appeler à la population. Elle est définie lors du XXVIIe congrès du PCUS comme « la publication d’informations sincères et véridiques » (et non pas transparentes !). Cela permet une libération de la parole sans précédent en URSS : Les nouvelles de Moscou, la revue Ogoniok publient des informations inouïes sur la criminalité, la drogue, la corruption ; les médias occidentaux sont invités à Tchernobyl ; enfin les journaux accordent une très large place aux doléances des soviétiques. De plus, en 1986, des centaines de dissidents dont Sakharov sont libérés. On réhabilite Kamenev, Zinoviev, Boukharine… Mais ce dégel voulu par le Kremlin porte en lui-même ses propres limites : l’Etat conserve la maîtrise des médias et la liberté d’expression n’est pas reconnue. Il s’agit en fait seulement d’une consolidation de la légalité socialiste dans la pure tradition khrouchtchévienne.
Cette transparence est censée servir la 2nde mesure phare de Gorbatchev, annoncée en 1987 dans Perestroïka, et qui se présente sous la forme d’un programme de réformes qui concerne les citoyens, l’Etats, la parti, la vie économique. Il ne s’agit pas cependant de préparer un retour au capitalisme, mais de trouver un juste milieu entre « conservateurs » et « impatients ». Dans le secteur économique, de juin 1987 à janvier 1989, une dizaine de décrets mettent en place un secteur privé coopératif dans le commerce, l’artisanat, et surtout l’agriculture, que l’on tente de décollectiviser. De plus une véritable autonomie de gestion des entreprises d’Etat est instaurée ce qui implique la création d’un système de crédit, la libération des prix et la possibilité de liquider les entreprises durablement déficitaires (c’est le cas de 60% des entreprises soviétiques !). La suppression de 16 millions de postes en 15 ans, l’anarchie économique et sociale notamment dans l’agriculture où les rares paysans qui ont essayé de quitter les kolkhozes voient leurs récoltes et datchas incendiées, en conséquence, la hausse vertigineuse de la criminalité provoquent l’opposition de la Nomenklatura mais aussi de la population. Des grèves se déclenchent en Sibérie, avant de se propager à l’ensemble du pays. Ces résistances expliquent pour une bonne part la présidentialisation croissante du régime.
En décembre 1988, Gorbatchev fait adopter une réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs de l’Etat aux dépends du Parti. Un Congrès des députés du peuple est chargé d’élire les membres du Soviet suprême ainsi que son président, une partie des membres étant désignés sur candidature multiple. L’élection du Congrès a lieu le 26 mars 1989 et constitue le tournant politique de la Perestroïka. Malgré les limites imposées qui lui sont imposées, un véritable débat politique s’installe dans le pays (manifestations de soutien aux conservateurs) et dans le parti où, pour la première fois depuis 1928, deux factions politiques s’affrontent : les « conservateurs » conduits par Egor Ligatchev et les « réformistes » dont le leader officieux est Boris Eltsine, candidat à Moscou. Les résultats sont un camouflet pour les conservateurs, mais pas forcément une victoire pour Gorbatchev qui, voulant incarner le pragmatisme, commet l’erreur tactique de se tenir en retrait. Il est tout de même porté à la Présidence le 22 mai 1989. Cela lui permet de se mettre à l’abri d’une tentative d’éviction fomentée par la bureaucratie du parti et grâce à ses larges pouvoirs, de remplacer les conservateurs par ses fidèles aux postes les plus importants. Mais ainsi, Gorbatchev dépend totalement de l’appui de la société qui aspire désormais à tourner la page du communisme. Alors que la situation économique se détériore faisant apparaître la faillite du système soviétique (pénurie, inflation galopante), Gorbatchev est de plus en plus impopulaire ce qui profite à Eltsine. Mais l’essentiel se joue ailleurs.

B. La fin du communisme en URSS sanctionne la décomposition de l’Etat
Les conflits nationalistes resurgissent dans ce contexte, malgré soixante années de soviétisation intensive. Les premières émeutes éclatent au Kazakhstan en décembre 1986 à la suite de la nomination d’un Russe à la tête de la république. En février 1988, des affrontements interethniques ont lieu au Haut-Karabakh entre azéris et arméniens menaçant la cohésion de l’Union soviétique. A partir de septembre 1988, les républiques baltes proclament leur indépendance. Enfin, ce mouvement gagne l’ensemble des républiques d’Asie centrale et la Moldavie.
En janvier 1991, à l’initiative de chefs militaires, l’armée intervient dans les pays baltes. Face à la vague d’indignation qui s’en suit (manifestations à Moscou), Gorbatchev se résout à préparer un nouveau projet d’Union qui prendrait en compte les aspirations et sauver la cohésion de l’Union. Le référendum fédéral, qui a lieu le 17 mars 1991 alors que 6 républiques sur 15 sont soit déjà indépendantes (pays baltes) soit en passe de l’être (Géorgie, Arménie, Moldavie), voit 76% des soviétiques consultés répondre oui, mais c’est plus le désir de renouveau que l’attachement à l’Union qui est manifesté. En mai et juin, les différentes républiques élisent leurs présidents au suffrage universel, dans des conditions parfois douteuses, mais pas en Russie où Boris Eltsine remporte 57% des suffrages ce qui lui donne une légitimité supérieure à celle de Gorbatchev qui n’a pas été élu par le suffrage universel et augmente ses pouvoirs politiques. En juillet 1991, lors du G7 de Londres, en refusant de soutenir financièrement la perestroïka, les Occidentaux ôtent à Gorbatchev son dernier atout.
Lorsque le plenum du Comité central, réunit les 25 et 26 juillet, abolit le principe de la lutte des classes, les conservateurs, rendant Gorbatchev personnellement responsable de la décomposition du régime, décident de se débarrasser de lui. Le putsch communiste réunit les membres conservateurs du gouvernement sous la direction du vice-président Ianaev et du premier ministre Pavlov. Le 17 août, ils l’isolent dans sa résidence de Sotchi et annoncent que son « état de santé l’empêche d’assumer ses fonctions ». Des blindés prennent position de Moscou mais 60 000 partisans d’Eltsine les immobilisent devant le Parlement et une partie de l’armée refuse de les suivre. Finalement ils sont arrêtés le 21 août et Gorbatchev revient le lendemain mais c’est Eltsine qui sort grandit du coup d’Etat, se permettant de demander l’interdiction du PCUS et une réorganisation politique de l’Union ; un peu partout en URSS, on déboulonne les statues des héros de la révolution d’Octobre (Lénine, Dzerjinski, fondateur de la police politique). Le 8 décembre, Eltsine réunit à Minsk les présidents de la Biélorussie et d’Ukraine et tous trois, ne tenant pas compte du référendum de mars, décident de créer une CEI. Le 25 décembre, à la télévision, Gorbatchev annonce sa démission et reconnaît officiellement la mort de l’URSS.

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Message  Admin le Ven 9 Avr - 15:46

merci d'avoir répondu... ça faisait très longtemps que je n'était pas allé sur le forum, faudrait que je surveille un peu plus, on sait jamais ^^.
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