Partie 1 : Les deux Frances

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Partie 1 : Les deux Frances

Message  Admin le Mer 24 Déc - 19:11

Chapitre premier : Les grands traits de l’évolution :


1) Les facteurs majeurs :
La population totale a énormément augmenté. Le nombre d’actif a augmenté moins vite que la population totale. Un actif prend donc en charge un nombre croissant d’inactif. La structure de la population active a énormément changé, la part de la l’agriculture baisse au profit du tertiaire majoritairement. De plus, globalement, les jeunes peuvent davantage aller à l’école, le temps de travail baisse, l’habitat se modernise ainsi que les éléments du ‘confort moderne ». Enfin, l’espérance de vie augmente considérablement.

2) La population est son travail :
Le caractère exceptionnel des Trente glorieuses a davantage changé de 1946 à 1975 qu’entre 1846 à 1946. En effet, la nation de 1946 ressemble plus à celle de 1700 qu’à celle de 1975. A cette date, les ruraux ne sont plus majoritaires dans la population active. A titre d’exemple, en 1701, il faut 100 producteurs pour 136 consommateurs. En 1946, il faut 100 producteurs pour 198 consommateurs puis en 1978 pour 240 soit un rythme triple. En outre, ces chiffres ne prennent pas en compte la hausse du volume de la consommation par tête, ce qui devrait les rendre encore plus importants.

3) Le niveau de vie :
Le niveau de vie national (revenu national moyen réel par tête de population), après une baisse profonde au cours de la guerre et dans les années suivantes, se trouve en 1975 au triple de sa valeur de 1938, tandis que les salaires horaires les plus faibles ont dépassé le quadruple.


Dernière édition par Admin le Mer 24 Déc - 19:12, édité 1 fois
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Chapitre 2

Message  Admin le Mer 24 Déc - 19:12

Chapitre 2 : La vie, la santé, le calendrier démographique de l’homme moyen :


1) La vie :
Alors qu’au XVIIIème siècle, pour mille naissances, 400 seulement arrivaient à 40 ans, 950 les atteignent de nos jours. La baisse de la mortalité infantile semble être un des triomphes de la période. De plus, le taux de reproduction des générations est, en 1950 de 1.32 (il n’est plus que de 0.9 en 1978). En 1946, on a donc 40 millions d’habitant (comme en 1891) contre 56 en 1975. L’immigration a également contribué à cette hausse. En conséquence, le nombre de vieillard augmente. Ainsi aujourd’hui, ce n’est plus la mortalité qui met en question la reproduction, c’est la natalité.

2) La santé, les services de santé :

La qualité et l’abondance des services de santé ont eu un rôle dans l’allongement de la vie moyenne. Le nombre de médecins passe de 29 en 1946 à 81 en 1975. Leur efficacité s’est aussi accrue. La consommation médicale réelle par tête a été multipliée par 1.5 en 10 ans, de 1960 à 1970.

3) Le calendrier démographique de l’homme moyen :

Il existe d’énormes différences de conditions de vie de l’homme moyen entre le XIXème siècle et 1975. Les jeunes ne travaillent plus dès l’âge de 8 ans, les femmes peuvent se marier sans l’autorisation de la famille. Le nombre d’enfant par femme a baissé l’espérance de vie augmente de plus de 20 ans. Les populations, dans les années 70 voyages. Les couples divorcent. Naguère, la mort était au centre de la vie, elle est désormais repoussée aux marges de la vieillesse. La condition des français a changé d’une manière radicale en 150 ans : les Trente Glorieuses sont pour beaucoup dans ce changement.
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Chapitre 3

Message  Admin le Sam 27 Déc - 0:27

Chapitre 3 : La durée et la nature du travail. La structure de la population active :

1) La durée du travail :

La durée du travail diminue depuis 1946 de 5 façons : On commence moins jeune à travailler professionnellement, on cesse plus tôt, dans l’année normale de travail, on fait moins de semaines par ans, moins de jours par semaines et moins d’heures par jours. Le nombre d’actif est devenu équivalent à celui de non-actif. En 1975, on travail en moyenne 44 ans contre 52 en 1946 alors que la durée de vie a augmenté.

2) Le chômage, la durée du travail, les changements de métier :
En France, selon les chiffres du bureau international du travail, le chômage n’a pas dépassé les 3% de 1946 à 1974, il a même souvent été inférieur à 2%. Le chômage à cette période est dit frictionnel (causé par le délai nécessaire au changement d’emploi) et résiduel (causé par des cas individuel qui refusent ou ne peuvent pas accepter d’emplois proposés). Le travail humain a évolué du primaire vers le tertiaire. On assiste à l’extension des emplois tertiaires et parallèlement à la tertiairisation des emplois du primaire et du secondaire. En 1975, la réalité est complexe et il faudrait bien plus de 3 secteurs pour stratifier la population active.

3) Les activités collectives :
La tendance des femmes à occuper ou à demander un emploi est pour près des deux tiers la source de l’accroissement de la population active en France de 1968 à 1975. Sans l’immigration et un taux d’activité des femmes en hausse, la population active n’aurait pas augmenté. Si la part de l’industrie dans la population active a eu tendance à baisser, les industries de biens d’équipement sont restées croissantes. De 1946 à 1954, la situation change peu, les Trente glorieuses mettent du temps à se mettre en route. Mais de 1954 à 1975, les ouvriers et les employés sont de plus en plus nombreux alors que les métiers individuels reculent. C’est dans cette période que le mouvement de modification de la population active prend toute sont ampleur. Sur cette période, il est impossible d’assurer que le niveau des qualifications a réellement augmenté dans tous les secteurs (notamment chez les ouvriers spécialisés, les exploitants agricoles).
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Chapitre 4

Message  Admin le Sam 27 Déc - 23:26

Chapitre 4 : Autres éléments du genre de vie :


1) L’enseignement :
Les changements survenus dans l’enseignement peuvent être évoqués en étudiant successivement les taux de scolarisation, les effectifs d’élèves et de maîtres, les dépenses publiques et les diplômes décernés. Le taux de scolarisation des enfants de 16 ans est de 43% en 1958 contre 100% en 1975. Les étudiants de plus de 21 ans sont également de plus en plus nombreux : la hausse du nombre de baccalauréats décerné a entrainé une croissance de l’enseignement supérieur. Globalement, pendant les trente glorieuses, les classes maternelles ont doublé leurs effectifs (élèves), le second degré quadruplé et le supérieur multiplié par 7 ou 8. Par ailleurs, le primaire a seulement suivi la poussée démographique. Le nombre de maîtres a augmenté plus encore. De 1947 à 1971, les dépenses publiques annuelles dans l’enseignement ont été multipliées par 10. Parmi les jeunes de 25 à 29 ans, plus de 11% ont atteint ou dépassé en 1975 le diplôme bac+2 contre 2% de la génération née en 1905.

2) Les loisirs :
On a vu pendant les trente glorieuses l’effervescence de tous les instruments de loisir. Il est possible de rendre compte de cette évolution par la durée des loisirs, leur emploi, leur coût et leur « volume » économique. Grace, entre autre, au congé payé de plus en plus longs, en 1975, les adultes ont nettement plus de temps pour les loisirs qu’en 1946. De 1949 à 1974, la consommation de culture et loisir en France est passé en millions de francs courants de 3623 à 66178. Près d’un séjour sur deux se fait à la mer et un sur quatre à la campagne. Seul 17% des séjours se font à l’étranger et le tiers sont fait par des étrangers vivant en France. Malgré cette hausse de la consommation de loisir, la population en souhaite plus et déclare préférer une 5ème semaine de congés payés à une augmentation de salaire.

3) L’habitat :
De 1940 à 1944, plus d’un million de logements ont été détruits. Et de 1935 à 1939, seul 350 000 logements avaient été construits. Or de 1945 à 1964, 200 000 logements ont été construits en moyenne, 350 000 de 1965 à 1968 et 450 000 de 1968 à 1975. Les maisons en 1975 sont donc non seulement plus nombreuses mais aussi plus confortables qu’en 1946. En 1975, on a 2,5 personnes par logement contre 3,7 en 1954. La population vit de plus en plus dans les villes. De plus en plus de gens habitent loin de leur lieu de travail, se pose alors la question de la consommation excessive de carburant.
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Chapitre 5

Message  Admin le Dim 28 Déc - 18:55

Chapitre 5 : Niveau de vie, pouvoir d’achat :


Afin de mesurer objectivement le pouvoir d’achat, on dispose de deux outils : le salaire réel (le pouvoir d’achat exprimé en marchandise) et le prix réel (prix exprimé en heures travail).

1) Les volumes physiques :
Déjà, de 1949 à 1975, les pouvoir d’achat du salaire horaire moyen a été multiplié par 3,4. D’une manière générale, ce sont les bas salaires qui, plus que les hauts salaires, ont bénéficié de cette hausse de pouvoir d’achat. Ainsi, alors que de 1949 à 1975, le pouvoir d’achat brut d’un conseillé d’Etat augmente de 108%, celui d’un gardien de bureau augmente de 277%. Toutefois la hausse des impôts sur cette période rend moindre la hausse du pouvoir d’achat net.

2) La structure de la consommation et son contenu :
On distingue 4 grands types de consommation, chacune correspondant aux nourritures nationales moyennes de la France de 1700, 1830, 1950 et d’aujourd’hui.
a) Les consommations à prépondérance de méteil :
Le niveau de vie du type 1700 impliquait une prépondérance de la consommation, non pas seulement de nourriture par rapport aux autres dépenses mais de méteil, mélange de blé et d’autres céréales. Vauban a estimé la part de ce méteil dans le budget ouvrier à 67%.
b) Du méteil au réfrigérateur :
Dans les études relatives à la classe ouvrière, le méteil n’est plus cité depuis 1800. Jusqu’à 1830, la dépense de pain est toujours supérieure à la moitié de dépense totale de nourriture. A partir de 1830, la place du pain dans les dépenses ouvrières ne cesse de décroitre. En 1975, la part du pain dans le budget ouvrier est tombé aux alentour de 3%. Le réfrigérateur, l’automobile, la machine à laver ont prix la place du pain dans le budget des ménages.
c) Evolution de la notion de minimum vital :
Lorsqu’il en parle, Vauban se réfère implicitement au minimum vital physiologique. A partir de 1830, la définition du minimum vitale va laisser une place de plus en plus importante aux calories nobles. Puis, vont intervenir les dépenses de chauffage, d’éclairage, d’habillement puis, depuis 1920, de spectacle et de vacance. Or, depuis ces changements, le minimum vital n’est plus perçu comme un idéal mais comme un seuil à partir duquel il est impossible d’obtenir un salaire inférieur. De 1949 à 1975, ce minimum vital a triplé. D’autre part, le coefficient budgétaire de l’alimentation dans la consommation totale est tombé à 26% en 1974 au profit des autres consommations.

3) Forte réduction de l’inégalité :

Cette énorme évaluation des pouvoirs d’achat s’est accompagnée d’une forte réduction de l’inégalité des salaires. Hors impôt, le salaire d’un ouvrier est 3,13 fois inférieur à celui d’un cadre supérieur en 1975. Avec les impôts, il n’est plus que 2,85 fois inférieur. Par ménage, les inégalités sont encore plus faibles, pour les mêmes catégories socioprofessionnelles, l’écart n’est plus que de 2,25. En 1939 était environ de 5.
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Conclusion de la première partie

Message  Admin le Dim 28 Déc - 19:11

Conclusion de la première partie :


De 1946 à 1975, la France a largement réalisé ce qui était l’essentiel du grand espoir du XXème siècle : l’élévation du niveau de vie du peuple et notamment des plus pauvres. D’immenses progrès ont été accomplis dans le genre de vie des hommes, c'est-à-dire la nature de la profession, la durée du travail, la dimension et le confort de l’habitat, l’enseignement, l’hygiène, la santé, la durée de la vie moyenne.
Les trente glorieuses n’ont pas apportée que des bienfaits, à l’humanité en générale et à l’homme en particulier. Quantité de conséquences imprévues sont survenus à la suite des actions menées par les hommes.
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